Les prix du pétrole grimpent après l'attaque de deux pétroliers en mer d'Oman

©AFP

Deux pétroliers ont été vraisemblablement attaqués en mer d'Oman près du détroit d'Ormuz, un mois après un incident similaire, ont fait savoir leurs compagnies. Sur les marchés, les cours du pétrole flambent à la suite de ces attaques.

Que se passe-t-il dans le Golfe d'Oman, où près de 17 millions de barils de pétrole transitent quotidiennement? La Ve flotte américaine basée à Bahreïn était la première à donner l'alerte après avoir reçu deux appels de détresse à la suite d'une attaque. "Nous sommes au courant de l'attaque de pétroliers en mer d'Oman. Les forces navales américaines de la région ont reçu deux appels de détresse distincts, l'un à 06h12 heure locale et l'autre à 07h00", a expliqué Joshua Frey de la Marine américaine, précisant que "des navires américains sont dans la zone et prêtent assistance".  

©MEDIAFIN

Plus tard dans la matinée, plusieurs sources maritimes ont confirmé que le "Front Altair" et le "Kokuka Courageous", respectivement sous pavillon des îles Marshall et du Panama, ont été évacués. Les équipages des deux navires ont été mis en sécurité.

Les cuves du Front Altair contiennent de la naphte, un hydrocarbure inflammable, et celles du Kokuka Courageous du méthane. Selon l'armateur du premier, le taiwanais CPC, il "semble avoir été touché par une torpille". En fin de matinée, le Front Altair et ses 75.000 tonnes de naphte ont sombré dans les eaux, nous apprenait les médias iraniens. Cette information a toutefois été démentie par le patron de la compagnie Frontline, propriétaire du navire. La firme singapourienne BSM Ship Management explique quant à elle que le Kokuka Courageous a été la cible d'une "attaque présumée", mais n'a pas été endommagé.

Côté iranien, l'agence de presse gouvernementale précise que "quarante-quatre marins ont été sauvés des eaux par une unité de secours de la Marine (iranienne) de la province d'Hormozgan (sud de l'Iran, NDLR) et transférés au port de Bandar-é Jask". L'Iran dit avoir porté secours à "deux tankers étrangers", l'un battant pavillon panaméen, l'autre des îles Marshall, après un "accident" ayant causé un feu à bord de ces navires en mer d'Oman.  

Vif rebond du pétrole 

Sur les marchés, les cours du pétrole ont brusquement grimpé après l'annonce d'un "incident". Le baril Brent de la mer du Nord, qui a touché un plancher de cinq mois avant l'incident, grimpait, peu avant sa clôture, de 1,33 dollar (+2,2%), à 61,30 dollars. La tendance était identique pour le brut léger américain. 

Sur le plan diplomatique, les premières réactions sont venues d'Iran. Javad Zarif, le ministre des Affaires étrangères iranien a jugé hautement suspecte la coïncidence entre les "attaques" et la visite à Téhéran du Premier ministre japonais Shinzo Abe. "Le mot suspicieux ne suffit pas à décrire ce qui transpire apparemment" de ces "attaques" contre des "tankers liés au Japon survenues alors que le Premier ministre (japonais) rencontrait" le Guide suprême iranien à Téhéran, écrit Javad Zarif sur Twitter.

L'Europe, par l'intermédiaire de Federica Mogherini, la Haute Représentante de l'Union pour les Affaires étrangères, a invité toutes les parties à éviter "les provocations", soulignant que "la région n'a pas besoin de nouvelles causes de déstabilisation et de tensions". 

Il y a un mois, quatre navires - deux Saoudiens, un Emirati et un Norvégien - avaient été endommagés par des "actes de sabotage" attribués à l'Iran par l'Arabie saoudite.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect