carte blanche

Guerre commerciale? Il fallait "acheter" les belligérants en 2019!

L'année 2019 de Vincent Juvyns, Global Market strategist chez J.P. Morgan asset management.

À l’heure de faire le bilan de l’année 2019, il me semble évident que la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine restera dans les annales comme l’un des faits marquants de l’année, au même titre que l’exceptionnelle performance des marchés d’actions et singulièrement des indices S&P 500 et CSI 300, qui caracolent en tête avec des progressions de respectivement 27,39% et 33,95% (*).

Même si historiquement, les performances boursières et économiques ont rarement été parfaitement corrélées, il est toutefois surprenant d’observer une telle dichotomie entre une croissance économique mondiale au plus bas depuis 2009 et des marchés financiers qui volent de records en records.

"Les exportations ne représentent que 40% du chiffre d’affaires du S&P 500."

Il y a pourtant une certaine logique. En effet, la guerre commerciale a pesé sur la confiance des entreprises et celles-ci ont par conséquent globalement réduit leurs investissements en 2019, ce qui a accéléré le ralentissement de la croissance mondiale et obligé les banques centrales à intervenir, et ce particulièrement aux Etats-Unis et en Chine, où la Fed et la banque centrale chinoise (PBoC) ont procédé à plusieurs baisses de taux en 2019.

À défaut d’investir dans leur appareil de production, nombre d’entreprises ont profité de la baisse des taux pour financer le rachat de leurs propres actions sur les marchés financiers. Ce fut particulièrement le cas aux Etats-Unis, où les entreprises devraient avoir racheté cette année pour plus de 800 milliards de dollars d’actions propres. Si ces rachats d’actions ont largement soutenu les cours des actions américaines cette année, d’autres éléments expliquent également leur surperformance.

Ainsi, le marché américain est sans doute le plus exposé aux valeurs technologiques qui, grâce aux rachats d’actions propres et à une croissance bénéficiaire toujours largement supérieure au reste du marché, affichent une performance de +40% en moyenne cette année. Enfin, le marché américain a été relativement épargné par la guerre commerciale puisque les exportations ne représentent que 40% du chiffre d’affaires du S&P 500, contre parfois 60% à 70% pour de nombreux indices européens.

Actions "A"

Cette relativement faible dépendance aux exportations est une caractéristique que partage l’indice CSI 300 chinois, puisque celles-ci représentent moins de 10% du chiffre d’affaires des entreprises qui le composent. Le CSI 300 se distingue en effet d’indices chinois plus connus, comme le MSCI China ou le Hang Seng (Hong Kong), par le fait qu’il est composé exclusivement d’actions "A" chinoises qui sont principalement orientées sur le marché domestique.

Vincent Juvyns ©CASEY MOORE

Les actions "A" chinoises ont par ailleurs profité de l’ouverture graduelle des marchés de capitaux chinois et de leur inclusion progressive aux indices MSCI globaux, qui entraîne "mécaniquement" des flux de capitaux constants vers ce marché.

Chez J.P. Morgan Asset Management, nous ne pouvons que nous réjouir de ces excellentes performances puisque nous avons privilégié ces deux marchés tout au long de l’année. Pour 2020, même s’il nous semble peu concevable de répéter de telles performances, nous restons néanmoins convaincus que les Etats-Unis et la Chine restent les marchés à privilégier, dans le cadre d’une allocation équilibrée. À la veille des fêtes, les actions Made in China ou Made in USA sont certainement celles à mettre sous le sapin pour faire plaisir à votre portefeuille.

(*) Source: Refinitiv Datastream 18/12/2019

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