reportage

Hyloris a fait ses premiers pas sur Euronext Bruxelles

Stijn Van Rompay, CEO d'Hyloris, lors de la "bell ceremony" ce lundi à Euronext Bruxelles. ©Tim Dirven

L'action du groupe biopharma a démarré à un cours de 10,75 euros. Soit à son prix établi à l'issue de son IPO.

Cette fois, c’est fait, Hyloris Pharmaceuticals a bel et bien pris sa place sur les écrans de cotation d’Euronext Bruxelles. Avant l’ouverture de la séance boursière, Stijn Van Rompay, le CEO du groupe biopharma basé dans la région liégeoise, avait parié sur un premier cours de 11 euros pour l’action. Un peu plus prudent, son père, Leon Van Rompay, celui qui avait fondé la société Docpharma à la fin des années 1990, et qui est actuellement directeur non-exécutif d’Hyloris, avait misé pour sa part sur une ouverture à 10,50 euros.

Paris ratés. La vie boursière d’Hyloris a démarré sur un cours de 10,75 euros, soit au prix fixé au terme de l’IPO (Initial Public Offering). Mais qu’importe finalement. Stijn Van Rompay ne compte pas suivre en permanence l’évolution du cours de son action. Il ne nous a pas échappé à ce propos qu’une fois redescendu de l’estrade après avoir sonné la cloche, il s’est montré peu attentif au comportement de l’action. Il tournait même le dos à l’écran (presque) géant d’Euronext Bruxelles sur lequel défilaient les cotations.

C’est que "pour un bon manager, le cours de bourse n’est pas un élément essentiel. Celui-ci peut être influencé par plusieurs facteurs totalement indépendants à la santé de l’entreprise", se justifie Van Rompay. "La priorité d’un manager doit être d’assurer un bon business. Le reste suivra. Tenir compte du cours de bourse fait naître le risque de prendre de mauvaises décisions", dit-il.

Une affaire de famille

Avec le fils aux manettes de la société et le père présent au Conseil d’administration, Hyloris a tout l’air d’être une affaire de famille. Et de fait, ce l’est bien. Parmi les autres administrateurs, il y a encore Pieter Van Rompay et Nick Reunbrouck, respectivement frère et beau-frère du boss. À eux trois, ces derniers détenaient 50,36% du capital de la société avant l’IPO. À leur côté, l’épouse de Stijn Van Rompay ou encore sa mère mettent aussi la main à la pâte.

L’on comprend du coup pourquoi le port du masque n’était pas privilégié par tous les participants, au nombre de 25, admis à la cérémonie d’introduction à la cote, malgré l’insistance de Marc Devos du service général d’Euronext Bruxelles. Ou qu’au moment de la "photo de famille" prise quelques instants avant l’ouverture des marchés, les règles de distanciation sociale n’étaient pas particulièrement suivies. En famille, on peut se permettre d’être moins rigoureux sur la chose.

Plus de soutien en Wallonie

L’entrée en bourse d’Hyloris a lieu 19 ans jour pour jour après celle de Docpharma en 2001. Cette dernière était entrée en bourse au prix de 9 euros l’action et en était ressortie en 2005 au prix de 34 euros suite à son rachat par Matrix Laboratories, reprise elle-même quelque temps tard par Mylan.

L’entrée en bourse d’Hyloris a lieu 19 ans jour pour jour après celle de Docpharma en 2001. Celle-ci était active dans la production et la distribution de médicaments génériques. Elle avait été créée par Leon Van Rompay, le père de Stijn Van Rompay, cofondateur d'Hyloris.
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Hyloris ne devrait pas connaître un tel sort. "Il avait été nécessaire à l’époque d’intégrer Docpharma dans un groupe mondial", explique Leon Van Rompay. "De manière générale, on ne crée pas une société pour ensuite la revendre", ajoutant encore que "ce que son fils accomplit a un futur énorme".

La présence de Leon Van Rompay à la "bell  ceremony" d’Hyloris a offert l’occasion de lui demander s’il était toujours aussi passionnant d’entrer en bourse aujourd’hui. "Sans aucun doute", répond-il d’emblée. Bien qu’il comprenne que l’on privilégie la sécurité des investisseurs, il émet cependant quelques regrets quant à la complexité des prospectus d’émission de nos jours. "Pas grand monde n’y comprend grand-chose."

Enfin, quant à la question de savoir pourquoi des investisseurs du Nord du pays choisissent de créer des sociétés pharmaceutiques en Wallonie, le père et le fils Van Rompay répondent de concert que "c’est parce que l’écosystème y est plus favorable pour ce type d’entreprise, parce qu’elles obtiennent plus d’aide des fonds d’investissement publics qu’en Flandre".

L'action en repli

C’est en baisse que l’action Hyloris Pharmaceuticals a clôturé sa première journée de cotation sur Euronext Bruxelles. Par rapport à son prix de 10,75 euros fixé au terme de l’IPO qui a permis à la société de lever des fonds pour un montant brut de 61,8 millions d’euros, elle accuse un repli de 3,35% à 10,39 euros. Elle avait évolué dans une fourchette comprise entre 10,25 euros et 11,15 euros au cours de la séance. Les échanges ont concerné 558.404 actions.

La capitalisation boursière, qui était de 253,18 millions d’euros au terme de l’IPO, revient à 244,7 millions d’euros. En supposant l’exercice complet de l’option de surallocation qui rapporterait un supplément de liquidité de 9,3 millions d’euros, cette valeur est de 254 millions d’euros. Cette option de surallocation est exerçable pendant une période de 30 jours calendrier à compter de ce lundi.

Pour mémoire, la société a décidé la semaine passée d’augmenter de 15% le nombre d’actions offertes initialement fixé à 5.000.000, soit de 750.000 actions nouvelles. Le nombre total d'actions souscrites dans le cadre de l'offre s'élève donc à 5.750.000 actions nouvelles de la société.

 

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