Hyloris sonne la cloche d'Euronext Bruxelles

©Tim Dirven

La cotation de la société pharmaceutique Hyloris a débuté ce lundi sur Euronext Bruxelles. Le titre a gagné jusqu'à 3,7% dès les premiers échanges, avant de revenir plus proche de son prix d'introduction.

Il n’en est pas à son premier coup d’essai... Et l’on peut imaginer que ce ne sera probablement pas le dernier. Stijn Van Rompay, co-fondateur et CEO d’Hyloris, conduit sa société pharmaceutique sur Euronext Bruxelles ce lundi matin. Cela, au terme d’une offre publique qui s’est achevée la semaine dernière avec un prix fixé à 10,75 euros par action. Après avoir grimpé de 3,7% à l'ouverture, la progression du titre est revenue autour d'un demi pour cent.

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Cap sur la bourse

Hyloris profite de toute évidence de l’engouement des investisseurs pour les valeurs pharma et biotechs en ces temps de crise sanitaire qui suscitent l’émulation parmi les chercheurs scientifiques à l’affût d'un vaccin nous mettant à l’abri du Covid-19. Dans le Bel 20, UCB et Argenx comptent parmi les rares actions à évoluer dans le vert depuis le début de cette année.

Avec une dette financière de 15,6 millions d’euros fin 2019, plus élevée que ce que renfermait sa trésorerie (11,2 millions d’euros) et surtout que les coûts induits par les recherches qui ont explosé ces derniers mois, on peut imaginer que les banquiers ont conseillé à la société établie à Liège de privilégier d’autres sources de financement pour ses affaires. "Le conseil d’administration a passé en revue toutes les opportunités. Le choix s’est porté sur la bourse qui pourrait lui fournir entre 50 et 70 millions d’euros", explique Stijn Van Rompay. "Du côté des investisseurs en actions, il y a une fenêtre d’opportunité. Nous la saisissons".

"Nous avons opté pour Euronext Bruxelles pour la cotation d'Hyloris afin de mieux impliquer les investisseurs belges."
Stijn Van Rompay
CEO d'Hyloris

Celle de Bruxelles plutôt que le Nasdaq

Cela aurait pu être la bourse du Nasdaq à Wall Street où le groupe carolo Iteos envisage de se faire coter. "Nous avons opté pour Euronext Bruxelles pour mieux impliquer les investisseurs belges", explique Stijn Van Rompay. Il se souvient, en outre, avoir vécu "une expérience extraordinaire" avec la bourse belge. Il avait déjà été directeur opérationnel (COO) de Docpharma, une société créée dans le giron familial. Elle avait été cotée sur Euronext Bruxelles de septembre 2001 à novembre 2005, avant d’être acquise par Mylan. Son action était entrée à la cote aux environs de 10 euros. Elle en est ressortie à 34 euros.

L’introduction en bourse d’Hyloris est-elle une histoire qui stresse son CEO? "J’ai autant d’enthousiasme, dit d’emblée Van Rompay, que lorsque j’avais encore tous mes cheveux à 24 ans. Je dispose à présent de plus d’expérience. De ce fait, je suis aujourd’hui plus à l’aise".

À l’heure de la cloche

Cette entrée en bourse arrive alors que la pandémie de Covid-19, qui est d’ailleurs citée dans le prospectus d’IPO (Initial Public Offerings) comme comptant parmi les principaux risques que courent les affaires de la société, semble n’avoir toujours pas dit son dernier mot. Mais si "une pandémie est un événement extraordinaire qui ne se passe pas souvent", comme le souligne Stijn Van Rompay, elle imposera néanmoins quelques restrictions. Et notamment ce lundi matin, au moment où s’est inscrit sur les écrans de cotation, juste après le coup de cloche donné à 9 heures tapantes, le premier cours de l’action Hyloris.

"La situation sanitaire telle que nous la connaissons aujourd’hui nous impose de limiter le nombre d’invités à cette cérémonie", expliquait vendredi Benoît van den Hove, responsable des cotations à Euronext Bruxelles. "Le nombre de participants est limité à 25 personnes. Ils disposeront de gel hydroalcoolique et de masques. En raison des règles de distanciation, 5 personnes seulement auront le privilège de monter sur l’estrade au-dessus de laquelle perche la cloche".

IPO: mode d'emploi
Comment les sociétés gravissent les marches de la Bourse de Bruxelles ? "Soit elles contactent les responsables du marché. Soit ce sont plutôt ceux-ci qui effectuent de la prospection auprès d’elles, en leur démontrant les bénéfices qu’elles peuvent tirer d’une inscription à la cote", explique Benoît van den Hove, d’Euronext Bruxelles. Les responsables de la bourse n’ont en principe aucune exigence pour admettre ou non une société à la cote. Généralement, ce travail est mené par les banques qui tentent d’identifier l’intérêt pour une entreprise à se faire coter. Euronext Bruxelles se charge simplement de mettre en place un processus d’admission à la cote un mois avant la publication du prospectus d’IPO, qui doit être approuvé par la FSMA. Après quoi, le "Listing Board" de la bourse prend une décision.

Il reste à la société d’organiser des roadshows auprès des investisseurs afin de mieux se faire connaître et d’assurer ainsi la réussite de son IPO. 

 

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