ING limite son exposition aux actions

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Vu la dégradation des perspectives économiques, ING Belgique sous-pondère désormais les actions et relève l’exposition à des valeurs moins cycliques comme les producteurs de biens de consommation durables situés dans les pays développés.

"La probabilité d’une récession aux Etats-Unis a fortement augmenté ces derniers mois,  notamment en raison de la guerre commerciale avec la Chine, souligne Peter Vanden Houte, chef économiste d'ING Belgique. En outre, le succès remporté face au Mexique va probablement encourager la présidence américaine à poursuivre dans cette voie". Peter Vanden Houte s’attend toutefois à ce que des accords soient signés au début de l’année prochaine afin de pouvoir présenter un bilan favorable aux électeurs américains, "d’autant plus si le risque d’une récession commence à se faire plus tangible pour le deuxième semestre 2020". Dans ce contexte, la Fed devrait déjà baisser ses taux à deux reprises d’ici la fin 2019. "La croissance américaine devrait se maintenir autour de 2,5% en 2019 avant de piquer du nez l’année prochaine".

"La probabilité d’une récession aux Etats-Unis a fortement augmenté ces derniers mois."
Peter Vanden Houte
Chef économiste d'ING Belgique


Intervention possible de la BCE

De son côté, la Chine pourrait être amenée à prendre de nouvelles mesures de soutien. "Le gouvernement chinois a clairement les moyens d’une telle politique", indique encore Peter Vanden Houte. Enfin, l’Europe devrait également continuer à souffrir de la détérioration du contexte international, tandis que de nombreuses incertitudes politiques (Brexit, Italie) restent en suspens. "Nous tablons dès lors sur une poursuite du ralentissement avec une croissance qui devrait tomber vers 1%".

La Banque centrale européenne (BCE) pourrait dès lors décider de nouvelles mesures de soutien durant les prochains mois, en baissant son taux de dépôt vers -0,5% ou en relançant son programme de rachats en élargissant la gamme d’actifs sur laquelle elle pourrait intervenir. "La situation actuelle renforce l’analogie entre l’Europe et le Japon, avec des perspectives de croissance déprimée, un taux d’équilibre de long terme qui n’arrête pas de baisser, et un taux à court terme de 0% qui va rester la norme au moins jusqu’en 2021".

45% en actions

Dans ce contexte, Luc Charlier,  stratégiste chez ING Belgique, souligne que les perspectives restent difficiles pour les marchés boursiers, qui n’apprécient généralement pas les phases de ralentissement de la croissance globale. "La croissance des résultats d’entreprises au niveau mondial n’atteint plus que 2,5% pour 2019, et nous pensons que les Bourses vont devoir à un moment ou l’autre s’aligner sur le message plus prudent transmis par les marchés obligataires". Dans ce contexte, Luc Charlier recommande d’adopter un profil plus défensif dans les portefeuilles de placement, en sous-pondérant désormais les actions (autour de 45% de l’allocation) et en relevant l’exposition à des valeurs moins cyclique comme les producteurs de biens de consommation durables situés dans les pays développés.

"Nous conseillons toujours une exposition sur des valeurs refuges comme l’or, qui reste recherché par les banques centrales, ou le yen japonais."
Luc Charlier
Stratégiste chez ING Belgique

"Au niveau obligataire, nous conseillons d’éviter la dette d’entreprise et de préférer la dette américaine qui présente encore un rendement favorable, ainsi que la dette des pays émergents en devises fortes. Enfin, nous conseillons toujours une exposition sur des valeurs refuges comme l’or, qui reste recherché par les banques centrales, ou le yen japonais". 


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