Jack Ma en piste pour la plus grosse IPO de l'histoire

Alipay, le produit phare de la fintech Ant, est entré dans le quotidien de près d'un milliard de consommateurs chinois. ©Lv Liang/ChinaImages/Sipa USA

Le milliardaire chinois veut faire entrer Ant Group en bourse. La fintech pourrait atteindre une valorisation d'environ 225 milliards de dollars. Du jamais vu.

La saison est au record. Après les sommets atteints par les indices US, la poussée de fièvre du secteur technologique à Wall Street ou encore l'envolée de Tesla, les marchés s'apprêtent à assister à la plus grande entrée en bourse jamais réalisée.

225 milliards $
la valorisation estimée en bourse d'ant group
Pour ses premiers pas en bourse, Ant pourrait être valorisé à 225 milliards de dollars. C'est plus que les banques Goldman Sachs et Morgan Stanley réunies et autant que les 7 plus grandes banques de la zone euro.

L'IPO concerne Ant Group, la filiale financière du colosse asiatique de l'e-commerce Alibaba. Selon l'agence Bloomberg, l'opération tournerait autour des 30 milliards de dollars, soit un peu plus que le record de 29,4 milliards fixé par le géant pétrolier Aramco pour ses premiers pas en bourse.

Alibaba, groupe fondé par Jack Ma, détient un tiers d'Ant. La fintech a réalisé un bénéfice d'environ 1,3 milliard de dollars au trimestre précédent. Son produit phare, Alipay, s'est enraciné dans le quotidien de près d'un milliard de Chinois. Il est devenu en une décennie le portefeuille numérique nécessaire pour payer tout ce qui peut l'être en ligne.

Et le succès est au rendez-vous, si bien que l'IPO d'Ant pourrait valoriser le groupe financier à 225 milliards de dollars, soit un peu plus de 190 milliards d'euros. C'est plus que Goldman Sachs et Morgan Stanley réunies ou autant que les 7 plus grandes banques de la zone euro.

La bourse, un nouveau champ de bataille

Ant Group vise une double cotation sur la Bourse de Shanghai et sa voisine de Hong Kong. Cette dernière assiste ces derniers temps au retour en force de grandes valeurs technologiques après les menaces d'exclusion émises par l'administration Trump sur plusieurs cotations chinoises à Wall Street. Alibaba, encore lui, est ainsi revenu gonfler le marché hongkongais avec une cotation secondaire de son titre représentant 13 milliards de dollars.

L'engouement des techs chinoises pour leur marché domestique s'explique aussi par les règles d'application à la Bourse de New York. Elles sont jugées très contraignantes par les entreprises de l'empire du Milieu. On pense notamment à l'affaire TikTok qui secoue les marchés depuis plusieurs semaines. Et la tendance est à la rigidité, coté américain.

Adopté à l’unanimité au Sénat américain en mai dernier, un projet de loi prévoit que les actions d’une entreprise soient exclues des places boursières américaines si cette société n’a pas pu prouver son indépendance vis-à-vis de pays étrangers ou si l’organisme américain chargé de superviser les audits des sociétés cotées n’est pas parvenu à auditer l’entreprise pendant trois années consécutives pour vérifier si elle est liée à une puissance étrangère. De quoi refroidir le désir de migration des valeurs chinoises vers Wall Street.

Une bulle à Shanghai?

Dans le contexte des tensions actuelles entre les deux plus grandes puissances mondiales, les marchés boursiers ont pris l'allure de champs de bataille entre les Américains et les Chinois. Une menace du Président Trump ou une réplique de son homologue Xi Jingping peut faire vaciller un mastodonte comme Apple ou Tencent sur les marchés.

A l'été 2019, au plus fort de la bisbrouille commerciale entre la Chine et les États-Unis, la Bourse de Shanghai a lancé son propre indice technologique, une sorte de concurrent direct pour le Nasdaq.

Baptisé "STAR Market", il compte après un an d'existence 140 entreprises et environ 400 milliards de dollars de capitalisation en son sein. Et comme le Nasdaq, les performances de ses sociétaires ont grimpé en flèche depuis la mi-mars.

Pour son premier anniversaire célébré en juillet dernier, le STAR 50, équivalent du Nasdaq 100 (à savoir les 100 plus grandes capitalisations non-financières du Nasdaq), a fait deux fois mieux que son modèle américain.

Mais de nombreux analystes préfèrent se détourner de l'indice chinois, n'hésitant pas à parler de "bulle technologique". Les actions s'y négocient en moyenne à 100 fois leurs bénéfices contre 34 fois sur le Nasdaq.

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