Qu'attendre de Jackson Hole, la réunion des grands argentiers du monde?

Jerome Powell (à droite) va-il se prononcer sur sa politique monétaire? Ou simplement, par exemple, réitérer l'indépendance de la Fed vis-à-vis des institutions politiques? ©REUTERS

L’heure de la grand-messe a sonné à Jackson Hole. Une réunion au sommet qui n'est jamais aussi bien tombée, vu le contexte monétaire compliqué du moment.

Calfeutrée entre d’importantes chaînes de montagnes (Teton), la station touristique du Jackson Hole se situe dans le Nord-Ouest des Etats-Unis, dans l’Etat de Wyoming. Et si, chaque année à pareille période, on parle de cette station dans la presse financière, c’est parce que cette grand-messe a coutume de réunir dans les derniers jours du mois d’août, et cela depuis 1982, les pontes de la sphère monétaire mondiale. Paul Volcker, Alan Greenspan, Janet Yellen, Jean-Claude Trichet, Mario Draghi pour ne citer qu’eux, sont tous déjà allés là-bas.

Cette année, le symposium de Jackson Hole, qui est organisé à l’initiative de l’antenne locale de la banque centrale américaine (Kansas City), se déroulera jusqu’à ce samedi.

Banquiers plus flexibles

Une telle concentration de banquiers, on l’imagine fort bien, suscite de l’intérêt auprès des professionnels des marchés financiers.  Elle permet à ces acteurs fraîchement de retour de vacances d’affiner leur vision sur l’évolution à venir des marchés.

Cette réunion est d’autant plus intéressante que, comme l’affirme Steven Skancke, chef économiste auprès de Keel Point LLC (USA) interrogé par le site TheStreet,  "Jackson Hole donne aux banquiers centraux présents à cette réunion plus de flexibilité pour penser ce qu’ils peuvent réellement faire". Peuvent être ainsi émis des indices sur l’orientation future des politiques monétaires.

Sur ce point justement,  l’économiste ajoute que "le marché a vraiment besoin de connaître la tendance à venir de la politique monétaire de la Fed après la baisse des taux intervenue à la fin du mois de juillet".

Powell va-t-il parler taux?

Cela tombe bien, Jerome Powell, le président de la Fed, sera présent. Il est prévu qu’il tienne un discours vendredi en début d’après-midi (14 H GMT). Reste bien entendu à savoir s’il fera part de l’un ou l’autre détail sur ce sujet. Ce qui n’est pas acquis. Les responsables monétaires choisissent parfois intentionnellement de ne pas aborder des points sensibles, susceptibles d’avoir un gros impact sur les marchés.  Jerome Powell peut très bien se satisfaire par exemple de réitérer l’indépendance de la Fed par rapport au pouvoir politique. Mais dans le contexte économique actuellement incertain, on peut douter qu’il ne dise mot sur le dossier de la politique monétaire de la Fed. D’autant que la thématique centrale du symposium portera sur les "défis de la politique monétaire".

En raison de l’absence prévue depuis plusieurs semaines de Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, à la réunion de Jackson Hole, les professionnels des marchés financiers risquent de ne pas se mettre grand-chose sous la dent pour ce qui concerne la zone euro.  

Impact sur les marchés

La réunion de Jackson Hole est rarement un catalyseur pour les marchés financiers.

Ce qui se dira à Jackson Hole est généralement fort attendu par les marchés. Pour autant, ce symposium n’a jamais constitué un grand catalyseur pour eux. Il ne l’a vraiment été qu’à deux reprises au cours des 12 dernières années. La première fois, c’était lorsque Ben Bernanke, le président de la Fed à l’époque, avait annoncé le deuxième round de son programme de "quantitative easing" (QE) en 2010. L’indice S&P 500 avait gagné 3,75% au cours du mois de septembre qui a suivi cette réunion. La seconde fois, c’était en 2015, quand Mario Draghi avait critiqué les politiques d’austérité et soutenu des politiques budgétaires plus souples. Le S&P 500 avait alors perdu 3,40% en septembre 2015.

Dans l’ensemble, les variations de l’indice de la Bourse de New York n’ont guère excédé 1,5% à la hausse comme à la baisse au cours des 15 dernières années, excepté lors de la crise financière de 2008 (-3,16%). C’est dire assez que les responsables monétaires réussissent à bien maîtriser leur communication.    

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