Jerome Powell (Fed) met en garde contre l'euphorie autour d'un vaccin

Jerome Powell, le président de la Fed, estime qu'il reste trop d'incertitudes concernant la production et la distribution de vaccins anti-Covid pour se réjouir déjà. ©REUTERS

Les prochains mois seront "difficiles" pour l'économie américaine, selon Jerome Powell (Fed), qui s'interroge sur l'impact du déploiement d'un éventuel vaccin.

"L'augmentation des nouveaux cas de Covid-19, ici et à l'étranger, est préoccupante et pourrait s'avérer difficile pour les prochains mois", a déclaré Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale (Fed), dans un discours préparé pour son audition au Sénat américain ce mardi.

"Pour l'instant, d'importants défis et incertitudes demeurent, y compris le calendrier, la production et la distribution" d'un vaccin.
Jerome Powell
Président de la Fed

Les nouvelles récentes sur le front des vaccins sont "très positives à moyen terme", souligne-t-il. Mais "pour l'instant, d'importants défis et incertitudes demeurent, y compris le calendrier, la production et la distribution" d'un ou de plusieurs éventuels vaccins, ajoute-t-il. En outre, observe-t-il, il demeure difficile d'évaluer l'ampleur de l'impact économique avec "un quelconque degré de confiance".

Optimisme de Steven Mnuchin

De son côté, le secrétaire américain au Trésor sortant, Steven Mnuchin, qui sera auditionné aux côtés du patron de la Fed devant la Commission bancaire du Sénat, a défendu, dans ses remarques préparées, les mesures prises par l'administration mettant en avant le rebond économique historique enregistré au troisième trimestre.

"Le rapport sur l'emploi d'octobre a montré que l'économie a récupéré 12,1 millions d'emplois depuis avri.l"
Steve Mnuchin
Secrétaire américain au Trésor

"Les Américains retournent au travail", a-t-il relevé. "Le rapport sur l'emploi d'octobre a montré que l'économie a récupéré 12,1 millions d'emplois depuis avril - plus de 50% de tous les emplois perdus en raison de la pandémie". Le seul secteur privé des services, qui comprend les industries les plus touchées par les mesures de fermeture pour endiguer le coronavirus, a regagné 58% des emplois perdus.

Le grand argentier de Donald Trump, qui cédera en janvier sa place à Janet Yellen, ancienne présidente de la Fed, rappelle que le gigantesque plan d'aide adopté fin mars de plus de 2.200 milliards de dollars avait permis d'amortir le choc de la pandémie. Pour autant, il souligne que la résurgence du virus, qui s'est accompagnée de nouvelles mesures drastiques, a contrarié les "progrès remarquables" enregistrés au troisième trimestre et nuit "gravement aux entreprises et aux travailleurs américains".

455
milliards de dollars
Steven Mnuchin estime que les 455 milliards de dollars de fonds de secours d'urgence encore inutilisés peuvent être mobilisés via des mesures ciblée pour les ménages et entreprises.

Paquet d'aides "ciblées"

Les négociations au Congrès pour parvenir à un nouveau plan de relance patinent depuis des mois. Si les chefs républicains et démocrates du Sénat, Mitch McConnell et Chuck Schumer, ont appelé, lundi, à adopter de nouvelles mesures avant la fin de l'année, ils se sont aussi une nouvelle fois rejeté la responsabilité de l'absence d'accord.

La Fed a annoncé, lundi, la prolongation de trois mois, jusqu'au 31 mars 2021, des facilités de crédit aux entreprises.

Aussi Steven Mnuchin exhorte-t-il le Congrès à puiser dans les 455 milliards de dollars de fonds de secours d'urgence inutilisés pour alimenter une nouvelle série de mesures ciblées d'assistance économique pour les ménages et les entreprises. "Sur la base de données économiques récentes, je continue de croire qu'un paquet budgétaire ciblé est la réponse fédérale la plus appropriée", estime-t-il.

Les auditions vont se tenir alors que la Fed a annoncé, lundi, la prolongation de trois mois, jusqu'au 31 mars 2021, des facilités de crédit aux entreprises mises en place en mars pour amortir les conséquences économiques provoquées par la pandémie. La puissante institution indique que cette décision a reçu l'aval du Trésor qui avait pourtant fait savoir la semaine dernière que ces programmes d'urgence devaient prendre fin, comme prévu, au 31 décembre.

L'administration Trump avait demandé, en effet, à la Réserve fédérale de lui renvoyer les quelque 455 milliards de dollars de fonds inutilisés dans le cadre de ces programmes, une décision très vivement critiquée aussi bien par des économistes que des politiques.

Sabotage politique?

Les soutiens du président élu Joe Biden y ont vu une manière de savonner la planche pour la nouvelle administration qui doit prendre ses fonctions le 20 janvier prochain. La Fed, qui était sortie aussi de sa réserve en critiquant publiquement le Trésor, a estime lundi que ces facilités de crédit sont "cruciales pour le financement des marchés à court terme" et garantissent "le flux de crédit dont a besoin l'économie" actuellement.

Si la Réserve fédérale ne peut pas prêter directement aux ménages et aux entreprises, elle peut invoquer des pouvoirs d'urgence pour faciliter des prêts et favoriser l'octroi de nouveaux crédits.

"Dire aux gens qu'il ne faut pas se faire vacciner, c'est criminel" - Écoutez notre podcast avec Cédric Blanpain (Chromacure)

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