Karpelès aurait manipulé les comptes en bitcoins au moins 30 fois

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Le fondateur de MtGox nie toujours les accusations de manipulation et détournement de fonds. Il encourt jusqu'à 5 ans de prison.

Le Français Mark Karpelès, ex-patron de la plateforme de monnaie virtuelle MtGox, a manipulé les données de comptes bitcoin à au moins 30 reprises entre 2011 et 2013, selon la presse nippone qui cite des sources policières.

Arrêté samedi à Tokyo sur des soupçons de manipulation du système de la plateforme, Mark Karpelès nie les faits mais les enquêteurs appuient leurs dires sur l'analyse des enregistrements informatiques. Il encourt jusqu'à cinq ans de prison. Ces derniers montreraient qu'entre mars 2011 (date à laquelle il a repris la plateforme) et septembre 2013, même si M. Karpelès n'a en réalité effectué aucune opération de dépôt ni retrait sur ses comptes en bitcoins et liquide, leur solde a grimpé.

"Les accès frauduleux à la plateforme pour élever le solde des comptes ont été effectués à au moins 30 reprises", a écrit en une lundi le quotidien à grand tirage Yomiuri, citant les enquêteurs.

"Pour toutes ces intrusions internes, M. Karpelès, qui disposait des droits d'accès, est soupçonné", a précisé le journal, ajoutant que le but des transactions était vraisemblablement de réaliser des gains pour soutenir d'autres activités de la société gérée par le même M. Karpelès. Il aurait aussi utilisé à des fins personnelles une partie d'une somme de 1,1 milliard de yens (environ 8 millions d'euros) de dépôts de ses clients informatiquement détournée.

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Le Français résidant au Japon a été conduit au parquet de Tokyo dimanche matin pour y être interrogé, selon les médias.

Le système judiciaire japonais prévoit que la police peut maintenir en détention un suspect jusqu'à trois semaines sans mise en examen, période pendant laquelle sont conduits d'intenses interrogatoires destinés à obtenir un aveu.

L'effondrement spectaculaire l'an dernier de MtGox, victime selon M. Karpelès d'une cyber-attaque massive, avait entaché la réputation de cette monnaie virtuelle.

MtGox, basée au Japon, constituait l'une des plateformes d'échange "historiques" de cette monnaie créée sur ordinateur en 2009 et qui avait vu sa valeur s'envoler de quelques cents à ses débuts jusqu'à plus de 1.000 dollars fin 2013 avant de refluer.

Interrogé sur cette affaire, le porte-parole du gouvernement japonais a redit lundi que les autorités suivaient cette affaire et "allaient agir en fonction des attentes du G7 (sur les monnaies virtuelles) et en analysant l'utilisation réelle qui en est faite au Japon". Il n'a pas dit quelles mesures le gouvernement pourrait envisager.

Chacun des pays membres du G7 doit prendre des dispositions réglementaires pour éviter que l'argent virtuel ne finance le terrorisme ou ne soit utilisé dans des opérations de blanchiment.

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