Keith Wade (Schroders): "Les vaccins ouvrent un chemin pour sortir de l’impasse"

©Timothy Foster

Keith Wade, le chef économiste de Schroders, table sur un rebond net de la croissance durant le second semestre de 2021.

"La sortie de l’épidémie de coronavirus sera essentielle pour les perspectives économiques de 2021", estime Keith Wade, le chef économiste de Schroders, à l’occasion de la présentation de ses prévisions macroéconomiques pour l’année 2021. "Je suis néanmoins plus optimiste que je ne l’étais il y a un mois, après les nouvelles des différents vaccins qui ont montré des données encourageantes. Nous pouvons commencer à voir un chemin qui nous permettra de sortir de l’impasse."

Vaccins

Pour les prochains mois, Keith Wade souligne que son scénario central se base sur une distribution large des vaccins pour le milieu de l’année prochaine, ce qui devrait permettre une reprise de la vie normale dans la majeure partie du monde occidental et un rebond rapide de la croissance en 2021, vers 4% aux Etats-Unis, 5% en Allemagne et même 8% en Chine. "Certaines activités resteront toutefois durablement impactées par les conséquences de la pandémie, et ce rebond ne devrait donc pas provoquer d’inquiétudes au niveau de l’inflation."  

"Certaines activités resteront toutefois durablement impactées par les conséquences de la pandémie."
Keith Wade

Il reste toutefois des points d’interrogation, notamment au niveau américain où une absence d’accord pour un plan de soutien pourrait avoir un impact majeur sur la croissance économique au début de l’année prochaine. "Joe Biden a démontré par le passé une capacité à trouver des solutions avec les Républicains, mais en l’absence d’une majorité au Sénat (deux sièges doivent encore être attribués au début 2021), sa capacité de passer des mesures radicales restera toutefois limitée", et plus particulièrement celles qui pourraient entraîner un contrôle plus radical sur les prix des médicaments ou sur le secteur technologique.  

Normalisation

A un horizon plus lointain, Keith Wade estime que la pandémie aura un impact à plusieurs niveaux, et tout d’abord sur la politique monétaire américaine. "Nous n’attendons plus de hausse des taux américains avant 2023". Les derniers mois ont également vu la dette exploser vers des niveaux qui n’avaient plus été atteints depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

"Nous n’attendons plus de hausse des taux américains avant 2023."
Keith Wade

Pour les marchés, cela signifie un maintien des conditions qui ont prévalu durant les dernières années, avec des banques centrales qui seront forcées de rester très accommodantes afin de soulager les finances publiques. Les actifs à risque pourraient donc rester au centre des stratégies d’investissement vu que les actifs peu risqués continueront de voir leur performance être mise sous pression par la répression financière orchestrée par les autorités monétaires.

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