L'abondance de liquidités rend espoir aux investisseurs

©REUTERS

Après le vent de panique de jeudi, les actions sont reparties à la hausse, les investisseurs ayant retrouvé leur sang-froid grâce à l'abondance de liquidités et aux perspectives de relance économique.

Retour au calme. Après une séance particulièrement éprouvante jeudi, qui a vu les indices boursiers subir leur plus lourde chute depuis mars, en Europe comme aux États-Unis, les actions sont reparties à la hausse, de manière assez nette, ce vendredi, mais sans parvenir à récupérer tout ce qui avait été perdu la veille. À ce stade, les indices boursiers européens sont toujours en passe d'enregistrer leur pire semaine depuis la mi-mars.

20%
Potentiel de hausse du Stoxx 600 d'ici novembre, selon BofA
D'après les stratégistes de Bank of America, l'indice Stoxx 600 pourrait atteindre 420 points d'ici novembre, ce qui représente une hausse potentielle d'environ 20% par rapport aux niveaux actuels.

L'indice Stoxx 600  des plus grandes capitalisations européennes gagne 1% ce vendredi mais il recule de 4,5% sur la semaine. Idem pour le Bel 20  de la Bourse de Bruxelles qui prend 1,7% en ce moment mais affiche une perte hebdomadaire de près de 5,5%.

Retour au calme donc, mais sans pour autant effacer toutes les craintes qui se sont manifestées cette semaine, progressivement d'abord puis de manière plus abrupte jeudi, à la lecture de bulletins épidémiologiques préoccupants aux États-Unis.

"Achetez", dit Barclays

D'après une note de Barclays, le rebond des actions de ce vendredi repose sur la prise de conscience que des liquidités abondantes restent disponibles et qu'elles finiront par irriguer l'économie et soutenir sa reprise. Barclays recommande d'être acheteur d'actions en cas de rechute.

"Nous pensons que le risque d'une résurgence de la pandémie suffisante pour déclencher de nouveaux confinements à grande échelle est faible."
Bank of America

Dans une note publiée ce midi, les stratégistes de Bank of America tempèrent aussi la chute boursière de jeudi. "Nous voyons environ 20% de potentiel de hausse pour le Stoxx 600, jusqu'à 420 points, d'ici novembre", indique la banque d'affaires. "Nous pensons que les principaux points de la thèse positive sont toujours en place: la propagation du virus dans les principales économies de la zone euro continue à diminuer et les gouvernements lèvent leurs confinements, ce qui devrait conduire à un rebond de l'activité économique à partir de niveaux moroses."

BofA relève que certains indicateurs non conventionnels, tels que les indices de mesure de la mobilité de Google, traduisent une reprise de l'activité économique, un mouvement qui devrait continuer au fil de la levée des restrictions, estime la banque américaine.

"Rebond significatif probable", juge BofA

Les valorisations élevées atteintes la semaine dernière ont incité les investisseurs à prendre leurs bénéfices de lundi à jeudi. Les prévisions de la Réserve fédérale, publiées mercredi soir, qui tablent sur une contraction de l'économie américaine de 6,5% cette année, ont aussi inquiété les intervenants des marchés boursiers.

Mais la principale source d'inquiétude du moment semble être ces mauvais chiffres épidémiologiques publiés dans plusieurs États américains, qui font craindre une deuxième vague de contaminations. Là aussi, Bank of America rassure: "Nous pensons que le risque d'une résurgence suffisante pour déclencher de nouveaux confinements à grande échelle est faible."

La banque d'affaires note qu'à son niveau actuel d'environ 355 points, le Stoxx 600 a une valorisation qui correspond à un indice PMI (indicateur avancé basé sur les anticipations des directeurs d'achats des entreprises) de la zone euro de 40 en juin, contre 30 en mai. "Une reprise économique suivie devrait faire monter le PMI au-dessus de 50 dans les prochains mois, sachant que le PMI mesure l'évolution de l'activité économique d'un mois à l'autre et qu'un PMI de 50 est représentatif d'une activité inchangée", note BofA, qui prévoit que le PMI de la zone euro devrait atteindre 53 en août puis 58 en septembre avant de revenir vers 50 en fin d'année. Pas d'euphorie toutefois: "La perspective d'un PMI à 58 ne veut pas dire que nous pensons que toute l'activité économique qui a été perdue durant la crise reviendra mais simplement qu'un rebond significatif de l'activité économique est probable parce que les mesures de confinement sont levées", conclut la banque américaine.

Reste à voir si les investisseurs parviendront, eux aussi, à garder la tête froide dans les prochains jours.

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