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L'absurdité des acronymes financiers

Les fonds Bric investissent au Brésil, en Russie, en Inde et en Chine, soit les économies les plus prometteuses selon Goldman Sachs. ©Bloomberg

Les fonds Brics promettaient des performances fondées sur la croissance du Brésil, de la Russie, de l'Inde et de la Chine. Leur échec montre une réalité plus sombre.

Bric signifie Brésil, Russie, Inde et Chine. Cet acronyme a été forgé en 2001 par Jim O’Neill,  à l’époque économiste en chef de Goldman Sachs. L’idée sous-jacente était que ces quatre pays offraient aux investisseurs des perspectives prometteuses similaires. Leur croissance soutenue était supposée les destiner à devenir au cours des prochaines décennies de grandes puissances économiques, une performance qui était susceptible de leur offrir une place au sein du G7, le club des principaux pays industrialisés. Pour un investisseur, le tableau semblait en effet très séduisant.

4,3%
Le rendement moyen (en euros) des fonds Bric depuis 2011.

Malheureusement, il n’existe aucune corrélation linéaire entre la croissance économique d’un pays et ses performances boursières. En outre, le dénominateur commun des pays Bric s’est révélé bien plus limité qu’on ne l’avait imaginé. Résultat : les fonds Bric ont enregistré ces dix dernières années des performances encore plus mauvaises que la moyenne des fonds investissant dans les marchés émergents. Le fonds Bric moyen affiche ainsi depuis 2011 un rendement moyen (en euros) de 4,3% par an, contre 4,8% pour les fonds de marchés émergents.

IPO et SPAC

Les fonds Bric fondent

En réalité, cela fait longtemps que l’on a compris que l’acronyme Bric était plus un phénomène marketing qu’un thème d’investissement reposant sur de solides arguments. C’est son initiateur en personne qui lui a donné le coup de grâce en 2015, en intégrant son fonds Bric dans le fonds de marchés émergents plus large de Goldman Sachs. Entre son sommet atteint en 2010 et sa reprise en 2015, le fonds avait perdu 88% de ses actifs. Les autres fonds ont suivi. Le nombre de fonds Bric a chuté ces dix dernières années.

L’acronyme Bric est plus un phénomène marketing qu’un thème d’investissement reposant sur de solides arguments.

Aujourd’hui, il ne reste que quatre fonds Bric enregistrés sur le marché belge. De surcroît, la majorité de ces fonds se profilent surtout comme des fonds asiatiques. La Chine et l’Inde représentent en effet souvent plus de 70% de ces fonds. Une exception: le fonds de HSBC, où l’Asie ne pèse que la moitié des actifs.

Tous les fonds Bric ne sont cependant pas logés à la même enseigne. Ainsi, le fonds Bric de Schroders a affiché au cours des cinq dernières années un rendement moyen en euros de 14,5% par an, une performance supérieure non seulement à celle l’indice Bric, mais aussi à celle de l’indice plus large des marchés émergents, qui a enregistré un return de 11,2% par an au cours de la même période.

Le résumé

  • Bric est l’acronyme de Brésil, Russie, Inde et Chine
  • Les quatre pays étaient supposés croître suffisamment pour devenir de grandes puissances économiques.
  • La croissance économique ne garantit pas cependant un succès boursier.
  • Le nombre de fonds Bric a fortement diminué ces dernières années.

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