L'accalmie sur les obligations profite aux actions

La BCE est parvenue à faire baisse les taux obligataires européens. ©EPA

Le plan de relance adopté aux États-Unis et la baisse des rendements obligataires ont permis aux Bourses de progresser en Europe.

Les Bourses européennes ont profité de plusieurs bonnes nouvelles cette semaine, entre le plan de relance adopté aux États-Unis et la décision de la BCE sur ses rachats d'actifs. La Chambre américaine des représentants a adopté mercredi après-midi la version définitive du plan de relance de 1.900 milliards de dollars présenté par le président Joe Biden, offrant à celui-ci sa première victoire majeure depuis son arrivée au pouvoir le 20 janvier. Jeudi, la Banque centrale européenne a apporté une accalmie sur le marché obligataire en indiquant sa volonté d'augmenter ses rachats d'actifs au sein de son PEPP, son programme anti-crise, durant le prochain trimestre.

"Les anticipations d'une accélération de l'inflation sur le court terme vont persister en raison des énormes besoins de financement budgétaire, mais les chiffres modérés de l'inflation publiés vont certainement favoriser l'optimisme chez les investisseurs."
Arthur Weise
Directeur des investissments chez Kingsland Growth Advisors

D'autres bonnes nouvelles ont rassuré les marchés, comme les chiffres de l'inflation aux États-Unis. Si leur hausse, à 1,7% sur un an, s'est sans surprise accélérée en février, l'inflation dite de base (hors énergie et alimentation) a au contraire ralenti à 1,3%. "Les anticipations d'une accélération de l'inflation sur le court terme vont persister en raison des énormes besoins de financement budgétaire, mais les chiffres modérés de l'inflation publiés vont certainement favoriser l'optimisme chez les investisseurs", a commenté Arthur Weise, directeur des investissements de Kingsland Growth Advisors.

La Banque centrale européenne, par la voix de sa présidente Christine Lagarde, a également évoqué une hausse de l'inflation cette année. Mais celle-ci a expliqué que des facteurs techniques, comme la révision de la TVA en Allemagne, le prolongement des soldes dans plusieurs pays et le changement de la composition de l'indice des prix à la consommation ainsi que la hausse des prix de l'énergie, ont contribué à la hausse de l'inflation en zone euro. Elle a aussi ajouté que ces facteurs sont temporaires.

Les taux longs européens se sont repliés sur la semaine, avec un Bund allemand à dix ans qui est descendu à -0,31% alors que lundi, il s'élevait à -0,285%. Le taux belge à dix ans, qui est repassé brièvement en positif au début de la semaine, a terminé à 0,001%. Toutefois, ce vendredi, les rendements obligataires européens sont remontés alors que les taux américains sont revenus à leur niveau de la semaine précédente, autour de 1,6% pour l'échéance à dix ans. Les investisseurs craignent encore une poussée de l'inflation aux États-Unis en raison du plan de relance et du déconfinement. Les regards se tournent déjà vers la réunion de la Réserve Fédérale américaine jeudi prochain.

Des valeurs du luxe recherchées

L'accalmie temporaire sur les taux obligataires a permis aux Bourses européennes de fortement remonter sur la semaine. Le Stoxx 600 a pris 3,52%. Les valeurs du luxe ont été recherchées, à l'image de Kering (+10,65%) et Burberry (+13,83%). "Toutes les valeurs dites de croissance, qui avaient été un peu délaissées les jours précédents, montent fortement à la faveur de l'accalmie sur les taux", à l'instar des titres du luxe, souligne Daniel Larrouturou, gérant actions chez Dôm Finance.

Les résultats de Burberry ont également soutenu le compartiment. Le groupe a indiqué avoir enregistré vendredi un fort rebond de son activité avec une hausse d'environ 30% sur un an des ventes en magasin.

Les valeurs bancaires ont été en revanche chahutées, le temps de la baisse des rendements obligataires. Mais le secteur s'en tire avec une progression de 1,9% sur la semaine.

Un pétrole tiraillé

Les cours du pétrole ont, quant à eux, connu une semaine mouvementée et marquée par une hausse des stocks de brut aux États-Unis, mais aussi par des prévisions plus favorables pour la demande par l'Opep. Le WTI a atteint lundi 67,98 dollars le baril, une première depuis octobre 2018. Le même jour, le Brent franchissait brièvement la barre des 70 dollars, s'approchant de son précédent record du 8 janvier 2020. Par la suite, "les cours du brut ont du mal à progresser davantage", a constaté Jeffrey Halley, analyste de Oanda, "mais ils gardent les sommets de lundi en ligne de mire".

Dans son dernier rapport mensuel, l'Opep a ajusté à la hausse ses prévisions de rebond de la demande mondiale d'or noir cette année. Celui-ci est désormais attendu à quelque 5,9 millions de barils (mbj) par jour pour atteindre 96,3 mbj.

D'un vendredi à l'autre, le baril de Brent n'a avancé que de 0,30% à 69,57 USD.

57.000 $
Le bitcoin a franchi cette semaine la barre des 57.000 dollars et continué de progresser.

Du côté des cours de l'or, la semaine a été marquée par une relative stabilisation. L'once d'or a pris 1,05% à 1.718,52 USD d'un vendredi à l'autre. Daniel Ghali, responsable de la stratégie chez TD Securities, estime toutefois que les pressions baissières sur l'or, à savoir la hausse du dollar et des taux américains, restent intactes.

Le bitcoin, considéré par certains analystes comme le rival de l'or, a lui progressé de 16,94% sur la semaine à 57.366,44 USD.

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