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L'Agence internationale de l'Energie a fait mal aux actions pétrolières

©REUTERS

Le rapport mensuel de l'AIE montre peu d'espoirs de rééquilibrage du marché de l'or noir avant longtemps. Les valeurs pétrolières ont chuté en bourse.

Les prix pétroliers ont fortement baissé mercredi, ce qui a pesé sur les valeurs énergétiques et contribué à la tendance nettement négative du jour en bourse. Vers 18h, le prix du baril de Brent  chutait de 6,5% à 27,7 dollars, son plus bas niveau depuis le début du mois.

La cause de cette nouvelle déconvenue de l'or noir? Dans son rapport mensuel sur le marché pétrolier, publié mercredi, l'AIE (Agence internationale de l'Énergie) avertit que la demande de brut chutera de 9,3 millions de barils par jour (mb/j) en 2020 par rapport à l'année dernière. Ce mois-ci, la demande de pétrole devrait même être inférieure de 29 mb/j à celle d'avril 2019, ce qui la ramènera "à un niveau qui n'avait plus été observé depuis 1995", précise l'AIE.

Dix années perdues

Les investisseurs semblaient espérer de bonnes nouvelles au sujet de la reprise ultérieure de la consommation énergétique dans le monde mais le rapport note qu'au deuxième semestre, "le rétablissement sera graduel" et qu'"en décembre, la demande sera toujours en repli de 2,7 mb/j sur un an".

29
mb/j
L'AIE prévoit qu'en avril, la demande mondiale de pétrole sera en baisse de 29 millions de barils par jour par rapport au même mois l'année dernière.

L'Agence explique évidemment cette situation par les conséquences de la pandémie de coronavirus: "Des mesures de confinement sont en place dans 187 pays et territoires et, bien que leur portée varie, l'activité dans le secteur des transports a fortement chuté quasiment partout." Selon l'AIE, la chute de la consommation pétrolière qui en résulte effacera quasiment dix années de croissance de la demande d'or noir.

Dimanche dernier, les pays producteurs réunis au sein de l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) et d'autres États actifs dans le pétrole, dont la Russie, se sont mis d'accord pour réduire l'offre pétrolière de 9,7 mb/j en mai et juin. Cela "ne rééquilibrera pas le marché immédiatement", souligne l'AIE. "Mais en réduisant le pic du surplus de l'offre, ces mesures contribuent à absorber le pire de cette crise, dont les conséquences pour le marché pétrolier restent très incertaines à court terme."

Pétrolières en nette baisse

"Il n'y a aucun accord réalisable qui pourrait réduire suffisamment l'offre pour contrebalancer une telle baisse de la demande à court terme."
Agence internationale de l'Énergie

"Il n'y a aucun accord réalisable qui pourrait réduire suffisamment l'offre pour contrebalancer une telle baisse de la demande à court terme", ajoute encore l'Agence. Mais c'est "un point de départ robuste" qui "a le potentiel pour inverser les augmentations de stocks quand nous entrerons dans la deuxième partie de l'année".

Cette analyse sans concession du marché de l'or noir a plombé les cours boursiers des grands groupes pétroliers tels que Total , Royal Dutch Shell  et BP .

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