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L'agenda de la Fed reste flou

Janet Yellen, présidente de la Fed ©Bloomberg

La Fed a décidé de maintenir des taux d'intérêt inchangés proches de zéro, mais n'exclut plus formellement une hausse des taux en juin. Elle a reconnu un ralentissement de la croissance cet hiver qu'elle attribue essentiellement "à des facteurs temporaires". Une hausse des taux en juin reste cependant très improbable. Wall Street n'a pas été impacté par cette annonce.

La Réserve fédérale américaine (Fed) a souligné la faiblesse de l'économie américaine et du marché du travail aux Etats-Unis qui contrecarre son projet de relèvement des taux d'intérêt d'ici la fin de l'année. Elle a décidé de maintenir les taux d'intérêt inchangés proches de zéro. Un relèvement des taux serait envisageable seulement si la Fed constate "une amélioration supplémentaire du marché du travail" et quand elle sera "raisonnablement confiante dans le fait que l'inflation reviendra vers son objectif de 2% sur le moyen terme".

L'expansion de l'économie a ralenti à 0,2% de janvier à mars contre +2,2% au dernier trimestre 2014, du fait de l'hiver rigoureux, du dollar fort qui a handicapé les exportations et de la chute des prix de l'énergie qui a affecté les investissements industriels. "Bien que la croissance de la production et de l'emploi ait ralenti au premier trimestre, le Comité continue de prévoir (...) que l'activité économique va croître à un rythme modéré", affirme le communiqué de la Fed. Elle souligne toutefois que les revenus réels des ménages ont grimpé "fortement" notamment "à cause de la chute des prix de l'énergie".

BONNE NOUVELLE MITIGÉE

Les membres du Comité, qui ont voté à l'unanimité cette décision, n'excluent pas formellement une hausse des taux lors de sa prochaine réunion, contrairement au communiqué consécutif à sa réunion du mois de mars. Même si cela rend théoriquement possible une telle initiative en juin, les récentes statistiques sur l'économie américaine ne plaident pas pour ce scénario.

Cette déclaration floue a entraîné un ralentissement de l'euro qui était en forte hausse ce mercredi face au dollar. Vers 20H40, l'euro montait à 1,1108 face au dollar, contre 1,0981 mardi à 21H00. Auparavant, il avait grimpé jusqu'à 1,1188 dollar, soit son plus haut niveau depuis le 3 mars. La monnaie américaine a subi de plein fouet l'annonce d'une croissance américaine presque nulle au premier trimestre.

La croissance de l'économie des Etats-Unis a sévèrement calé au premier trimestre, plombée par l'hiver, le dollar fort et la chute des prix de l'énergie. Le Produit Intérieur Brut américain (PIB) n'a progressé que de 0,2% au 1er trimestre en rythme annualisé, contre 2,2% au 4e trimestre 2014.

Ce chiffre est bien en-dessous des attentes des analystes qui tablaient sur un ralentissement moindre avec une expansion de 1%.

"La croissance du PIB a ralenti alors que le dollar s'est apprécié face aux principales autres devises, que les exportations et importations ont diminué du fait d'une grève sur les ports de la côte ouest, que les prix de l'énergie ont baissé et qu'un temps hivernal rigoureux a affecté une grande partie du pays", écrit le communiqué du ministère.

Bank of America/Merrill Lynch prévenait dans une note que les marchés pourraient être déçus du communiqué de la Fed. "Le texte pourrait incorporer la mention de ‘normalisation graduelle’ de la politique monétaire, mais il est très improbable qu’il mentionne un relèvement des taux en juin", écrivent les analystes de la banque. Mais ce mardi, les marchés américains ont chuté, sans doute dans cette optique.

 

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