L'Amazon des services financiers lance la plus grosse IPO de l'histoire

La moitié des paiements mobiles en Chine sont réalisés via Alipay, le service le plus connu d'Ant Group qui compte quelque 730 millions d'utilisateurs actifs par mois. ©EPA

Ant Group s'apprête à lever 35 milliards de dollars en Bourses de Shanghai et Hong Kong. La clé de son succès? Une solution tout-en-un déployée à une échelle jamais vue en Europe.

Le moment est historique. Ant Group, l'Amazon des services financiers soutenu par le holding Alibaba du milliardaire chinois Jack Ma, prend la route de la Bourse. Enfin, en l'occurrence, des Bourses. Shanghai et Hong Kong seront les deux arrêts de la locomotive.

Objectif? Y lever à la grosse louche quelque 35 milliards de dollars. Et ce, sur base d'un prix décidé vendredi dernier "hors de New York, une première", s'est félicité l'entrepreneur du net bien connu en Belgique puisque celui-ci entretient une relation particulière avec la famille royale belge notamment, de même qu'il a choisi Liège pour loger le premier hub logistique européen du géant de l'e-commerce qu'il fondait en 1999.

Attendue pour le 5 novembre, l'opération devrait valoriser l'entreprise à quelque 320 milliards de dollars.

Il s'agira-là de la plus importante introduction en Bourse jamais réalisée à ce jour. Et ce, alors que le précédent record était détenu jusqu'ici par la compagnie pétrolière saoudienne Aramco, qui levait quelque 29,4 milliards de dollars en fin d'année dernière.

Attendue pour le 5 novembre, l'opération devrait valoriser l'entreprise à quelque 320 milliards de dollars, soit, en clair, plus que la capitalisation boursière de la plus grande banque américaine JP Morgan, ou encore plus de quatre fois le poids sur les marchés d'un acteur tel que Goldman Sachs.

Echelle unique

La raison derrière tant de frénésie? Un modèle unique, de par sa centralisation et l'échelle de son déploiement, bien loin de ce qui peut être trouvé aujourd'hui en Europe.

En effet, l'entreprise basée à Hangzhou, à l'est de la Chine, propose un service dont de nombreuses (néo)banques rêveraient sur le Vieux continent: un supermarché de services financiers, totalement intégré, qui permet de s'affranchir à 100% des déplacements physiques vers sa banque.

730
millions d'utilisateurs
Son service le plus connu, Alipay, compte à ce jour quelque 730 millions d'utilisateurs actifs par mois

Tout se fait à portée de doigt, depuis son smartphone. Du paiement aux investissements. Avec une infinité de possibilités, allant de l'achat à crédit à l'investissement dans des fonds communs de placement, en passant par la recherche d'une assurance auprès d'acteurs établis, voire même de l'achat d'or sur le pouce ou de la gestion fortune.

Son service le plus connu, Alipay, compte à ce jour quelque 730 millions d'utilisateurs actifs par mois. Une force de frappe inégalée de par le monde, coupant l'herbe sous le pied des banques qui perdent dès lors ce qui constitue le nerf de la guerre: le contact direct avec le consommateur.

16 bougies au compteur

Mais, pour en arriver là, le travail de fonds n'a pas manqué. Car, au départ, le bras financier du géant de l'e-commerce Alibaba ne servait qu'une seule mission, à ses premiers pas en 2004, à savoir de servir de tiers de confiance entre acheteurs et vendeurs de la plateforme de vente en ligne Taobao, septième adresse la plus visitée au monde, réalisant lors de la journée du "double-onze" (le 11 novembre, soit le "11/11") près de 34 milliards d'euros de chiffre d'affaires l'année passée.

De là, l'outil a évolué au fil du temps en une sorte de PayPal, accepté par près de 80 millions de vendeurs de par le monde aujourd'hui. Une activité qui ne représente plus que la moitié des paiements mobiles en Empire du milieu, contre les trois quarts du marché il y a un peu plus de cinq ans encore. En cause? Les efforts régulatoires des autorités, de même que la montée en puissance du WhatsApp survitaminé chinois WeChat (Tencent), qui est préféré à un Alipay de par l'aisance de paiement depuis l'application utilisée pour communiquer avec ses contacts.

Un pas de côté forcé qui a permis à la fintech de se concentrer sur sa vraie force: à savoir d'être un hub essentiel dans la vie de nombre de Chinois aujourd'hui. Un accomplissement qui devra désormais être répliqué à l'étranger.

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