L'année où les taux obligataires sont remontés

©Marché obligataire

Les rendements des obligations d’état ont connu une brusque hausse au mois de novembre sur fond de grande rotation qui a profité aux actions. En Europe, la crainte d’un tapering a aussi joué.

Les taux longs ont mis fin à leur déclin cette année. Mais ce retournement de tendance n’a eu lieu qu’au troisième trimestre, car au mois d’août, le taux allemand à dix ans est tombé en négatif, atteignant -0,20%, pour la première fois de son histoire. Un événement est toutefois venu marquer le mois de septembre sur le marché obligataire. Il s’agit de la décision de la Banque du Japon de ne plus respecter à la lettre son programme de rachats d’actifs sur les marchés, afin de faire remonter le taux de l’obligation japonaise à dix ans qui était tombée en négatif. Le ton soudainement moins accommodant de la banque centrale s’est répercuté sur tout le marché obligataire, emmenant les taux allemands plus haut.

Au début du mois d’octobre, des rumeurs de marché sur un éventuel tapering (arrêt des rachats d’actifs) de la Banque centrale européenne ont aussi amené une pression sur les obligations d’Etat. En particulier celles de la zone euro.

60 milliards €
La BCE a décidé de ramener ses rachats d’actifs en 2017 à ce montant, mais jure qu’elle ne fait pas de tapering.

La BCE a eu du mal à démentir ces rumeurs par la suite. Durant la conférence de presse de Mario Draghi, le président de l’institution, après la réunion de politique monétaire de décembre, celui-ci a dû répéter plusieurs fois que la banque centrale ne s’adonnait pas au tapering. Car la BCE a décidé de prolonger son programme de rachats d’actifs jusqu’à la fin 2017, au lieu de mars 2017, mais elle ramènera à 60 milliards contre 80 milliards d’euros ses rachats d’actifs à partir de mars. Les intervenants de marché n’ont toutefois pas tous cru aux propos de Mario Draghi.

L’effet Trump

©Mediafin

Mais juste avant la réunion de politique monétaire de la BCE en décembre, les marchés obligataires ont fortement réagi aux résultats des élections américaines. Le taux américain à dix ans, qui évoluait à 1,87% le jour du scrutin présidentiel, est passé rapidement plus haut. Il a atteint en une semaine 2,30%, soit son plus gros rally depuis la crise financière de 2008.

Beaucoup d’observateurs ont remarqué que le mouvement a été encore plus prononcé sur les taux longs européens. Plusieurs éléments ont joué, outre l’élection de Donald Trump, qui ont provoqué une grande rotation sur les marchés. Cette grande rotation s’est caractérisée par une sortie des obligations et des actions de secteurs dits défensifs (comme les services aux collectivités et l’alimentation) au profit des secteurs liés au cycle économique, comme les valeurs bancaires et industrielles. Outre ce mouvement, les craintes géopolitiques ont également joué sur le marché obligataire européen. Le référendum italien sur la Constitution a eu peu d’effet sur les marchés, à part celui de renforcer la grande rotation. Par contre, les obligations d’Etat françaises à dix ans ont subi la légère inquiétude des investisseurs en anticipation des élections présidentielles de mai prochain.

Les poussées inflationnistes, particulièrement du côté des Etats-Unis, ont également contribué à la hausse des taux longs. Cette inflation a poussé la Federale Reserve à remonter ses taux d’intérêt en décembre. La performance des obligations du Trésor américain à dix ans est en recul de 5% depuis l’élection de Donald Trump et le relèvement par la Réserve fédérale américaine de ses taux directeurs d’un quart de point.

La performance du Bund allemand à dix ans est en recul de 6% depuis l’élection présidentielle américaine, celle des obligations d’entreprise en baisse de 3,5% et celle de la dette émergente rétrograde de 4,2% en dollar et de 6,5% en devises locales. Il reste à voir si cette tendance durera en 2017.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés