analyse

L'élan haussier des bourses perturbé par des prises de bénéfices

Première revue boursière hebdomadaire de l'année 2020.

C’est rarement de bon augure lorsque la hausse s’emballe sur les marchés après une ascension qui s’est poursuivie durant de longs mois. Un peu comme on a pu l’observer jeudi quand les indices ont gagné près de 1,5%. Les bourses qui avaient enregistré en 2019 un de leur plus beau bilan annuel en dix ans, et démarré l’an neuf sur des chapeaux de roue, ont fait l’objet de prises de bénéfices à la veille de ce week-end.

Pour de nombreux commentateurs, l’assassinat du général iranien par l’armée américaine dans la capitale irakienne a été le déclencheur du revirement à la baisse des bourses. "Les marchés pourraient en tous les cas utiliser cette excuse pour prendre des bénéfices", a indiqué Alberto Tocchio, directeur des investissements chez Colombo Wealth (Suisse), dans un entretien avec Bloomberg. "Le risque de sévères représailles est peut-être ce qui effraie les marchés".

Signaux négatifs pour les résultats de sociétés

Les événements du Golfe sont survenus au lendemain de la publication d’une flopée de statistiques économiques dans les principales économies du monde et pas vraiment favorables aux actions. En Chine, l’enquête réalisée par Caixin/Markit auprès des directeurs d’achats fait ressortir un ralentissement de l’activité manufacturière le mois dernier (51,5 contre 51,8 en novembre).

Dans la zone euro aussi, où la contraction du secteur manufacturier s’est poursuivie en décembre pour le 11e mois d’affilée, selon IHS Markit (49,3 après 46,9 en novembre). Au Royaume-Uni encore, où l’activité industrielle reste mal en point. Son PMI manufacturier a subi en décembre sa plus forte contraction en 7 ans (47,5 contre 48,9 en novembre). Aux Etats-Unis, l’ISM des directeurs d’achats recule pour le 5e mois d’affilée et tombe à son plus bas depuis juin 2019 (47,6).

Tous ces indicateurs constituent des signaux défavorables pour les résultats de sociétés. Aux Etats-Unis, où leur publication devrait démarrer le 14 janvier avec ceux de JP Morgan et de Citi, les bénéfices devraient s’être tassés de 1,6% au 4e trimestre pour les entreprises liées à l’indice S & P 500 sur des chiffres d’affaires en progrès de 2,22%. C’est ce qui ressort des projections de Bloomberg établies sur la base des avis émis par les analystes.

Dans ce contexte, on peut comprendre le revirement à la baisse des marchés boursiers à l’approche du week-end. L’indice S & P 500 affiche une baisse hebdomadaire de 0,01% à 3.239,83 points à Wall Street (à 18 heures belges), et le Stoxx 600 paneuropéen de 0,34% à 418,33 points.

Le S & P 500 avait terminé la séance de jeudi à un niveau record de 3.257,85 points. Quant au Stoxx 600, son dernier sommet historique remonté au 27 décembre à 419,75 points. Jeudi en fin de journée, il était monté jusqu’à 420,43 points.

À Bruxelles, le Bel 20 se replie de 0,04% à 3.994,61 points. Seules 5 actions sur les 20 qui le composent, ont réussi à évoluer à contre-courant. Parmi elles, on trouve les valeurs bancaires et Barco qui ont gagné un peu plus de 1%. Les titres UCB (-1,69%) et Argenx (-1,31%) signent par contre parmi les moins belles prestations dans l’indice.

Métaux précieux prisés

Le raid américain a, comme on pouvait s’y attendre, favorisé le dollar, sur les marchés des changes. L’euro a cédé quelques fractions face au billet vert. La monnaie européenne a cédé 0,3% d’un vendredi à l’autre à 1,1142 dollar. Pour sa part, après deux semaines de repli, la livre sterling récupère 0,35% à 1,175 euro.

Pour le même motif que le dollar, le prix du baril de Brent a pris de la hauteur. Sur la semaine, il s’adjuge 3,7% à 68,70 dollars. Mais il reste éloigné de ses plus hauts niveaux touchés ces dernières années. Son prix était monté jusqu’à 86 dollars en octobre 2018.

Au rayon des métaux précieux, le palladium a repris sa marche en avant après quelques journées de consolidation. L’once a regagné 3,4% à 1.945 dollars. Le métal jaune, qui monte pour la 4e semaine de suite, a suivi ce mouvement. L’once d’or a gagné 2,35% à 1.545 dollars. Depuis la fin du mois de novembre, elle est remontée de 82 dollars et se rapproche de son plus haut de 2019 atteint en septembre dernier (1.552 dollars).

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