L'envie de prendre ses profits est bien présente sur les marchés

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Les prises de bénéfice semblent être bien là sur les marchés. Pour la première fois cette année, le S&P 500 a passé une semaine sans marquer un seul record d’altitude. Même topo pour l’indice Dow Jones. Il reste toutefois encore un peu de chemin à parcourir.

Assiste-t-on aux prises de bénéfice que les stratégistes estimaient indispensables, sous peine de voir les marchés s’enfermer dans une bulle? "Un repli tactique du S&P 500 à 2.686 points en février mars est désormais très vraisemblable", écrivaient tout récemment les stratégistes de la Bank of America – Merrill Lynch.

Ce scénario est-il en cours? On pourrait le penser même si, suite à la baisse des marchés enregistrée ces derniers jours, il reste du chemin à parcourir (à la baisse). À Wall Street, l’indice S&P 500 qui s’est replié de 2,8% cette semaine, est encore perché à 2.793 points.

Pas de record

Cela dit, pour la 1e fois cette année, le S&P 500 a passé une semaine sans marquer un seul record d’altitude. Même topo pour l’indice Dow Jones. Celui-ci se situait à la veille de ce week-end (vendredi vers 19h) à 25.810 points. Il culminait à 26.616,71 huit jours plus tôt.

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Les 228 sociétés du S&P 500 qui ont déjà communiqué sur le sujet, ont vu leurs bénéfices croître de 15,2% en moyenne selon un calcul effectué par Bloomberg.

Bien que souhaité donc, ce revirement d’humeur de la part des investisseurs peut malgré tout étonner. Car il intervient au beau milieu de la saison des annonces de résultats de sociétés à Wall Street. Des résultats qui sont plutôt bien jugés. Et pour cause: les 228 sociétés du S&P 500 qui ont déjà communiqué sur le sujet, ont vu leurs bénéfices croître de 15,2% en moyenne selon un calcul effectué par Bloomberg. Soit un taux de croissance supérieure à celui de 11,9% que les analystes prévoyaient encore il y a un mois.

Hausse des taux longs

Sur le plan monétaire, les membres de la banque centrale américaine (Fed) qui s’étaient réunis mardi et mercredi, ont maintenu inchangé le taux d’intérêt directeur. Par contre, et voilà ce qui a poussé les investisseurs à procéder à des dégagements bénéficiaires, ils ont revu en hausse leurs anticipations d’inflation. Cette révision a ravivé les spéculations sur la possibilité de quatre hausses de taux cette année aux USA, alors que le scénario privilégié il y a encore peu de temps, n’en intégrait que trois.

Une poignée de gestionnaires de fonds prétendent, selon Bloomberg, que le franchissement du niveau de 3% pour les taux longs devrait être le signal d’un marché obligataire baissier.
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Cette perspective a eu des répercussions sur les marchés des obligations, où les taux ont gravi de nouveaux paliers à la hausse. Celui du bon du Trésor US à 10 ans est monté à un plus haut de 2014, jusqu’à 2,84%. Cette hausse des rendements obligataires met à l’épreuve les marchés boursiers. Une poignée de gestionnaires de fonds prétendent, selon Bloomberg, que le franchissement du niveau de 3% pour les taux longs devrait être le signal d’un marché obligataire baissier. Ce niveau est aussi perçu par certains intervenants de marché comme un possible catalyseur pour une correction des marchés d’actions.

L’Europe plus affectée

Assez curieusement, ce sont les places européennes qui ont été les plus affectées par cet environnement de tension obligataire. L’indice Stoxx 600 s’est contracté de 3,12% à 388,08 points. Les hauts niveaux atteints ces derniers temps par l’euro face au dollar continuent de défavoriser les valeurs européennes. L’euro a gagné 0,2% à 1,245 dollar.

 

  • Comme aux Etats-Unis, les taux longs ont poursuivi leur remontée. Celui du Bund allemand à 10 ans est passé de 0,63% à 0,76%, et celui de l’OLO belge de même maturité de 0,768 à 1,01% (dont 0,10% est le fait d’un changement d’échéance).
  • Le Bel 20 de la Bourse de Bruxelles a rétrogradé de 2,6% pour revenir à 4.053,59 points.
  • À Francfort, le DAX 30 a fait pire. Il a abandonné 4,16% à 12.785,16 points. Les incertitudes politiques, la menace de mouvements de grève dans certains pans de l’économie allemande et la chute de 11,46% de l’action Deutsche Bank ont constitué autant d’éléments qui ont pesé sur le DAX 30.
  • Sur les autres marchés, l’once d’or a cédé 1,3% à 1.331 dollars. Son évolution rassure dans la mesure où elle prouve une absence de panique sur les marchés. Cela dit, il est bon de savoir qu’une hausse des taux affecte habituellement les cours de l’or. En outre, l’indice VIX, celui qui mesure la nervosité des investisseurs à New York, est passé de 11 points à 14,8 points en huit jours.
  • Côté pétrole, le prix du baril de Brent s’est contracté de 3,3% à 68,2 dollars. Selon l’AIE, la production américaine de pétrole aurait dépassé la barre des 10 millions de barils par jour.

 

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