L'erreur à 10 milliards de dollars de Warren Buffett

Bien que toujours très écouté par le monde des affaires, Warren Buffett n'est pas infaillible. ©Bloomberg

Dans sa traditionnelle lettre annuelle aux actionnaires, Warren Buffett a reconnu avoir commis "une erreur" en rachetant une société active dans l'aérospatial.

"J'ai payé trop cher cette entreprise", a admis l'Américain Warren Buffett dans sa toujours très lue lettre aux actionnaires. Cette entreprise, c'est Precision Castparts (PCC), une des plus grosses acquisitions réalisées, ces dernières années, par le patron du holding Berkshire Hathaway.

"PCC est loin d’être ma première erreur de ce genre. Mais c’en est une grosse".
Warren Buffett

PCC avait été achetée 37,2 milliards de dollars en 2016. Warren Buffett était, à l'époque, confiant pour l'avenir de ce fabricant d’équipements pour les industries aérospatiales et énergétiques. Mais la crise sanitaire aura eu raison de cette société qui tire la majeure partie de ses revenus du secteur aérien, un secteur toujours à l'agonie.

"Trop optimiste"

"Personne ne m’a induit en erreur d’aucune façon. J’étais tout simplement trop optimiste quant au potentiel de profit de PCC", avoue l'investisseur vedette qui chiffre les dépréciations de son portefeuille à 11 milliards de dollars en 2020. Une fausse note qui est presque entièrement due à PCC. Le pari manqué sur l'équipementier du secteur aérien se chiffre, en effet, à 9,8 milliards de dollars.

"Je me suis trompé (…) en jugeant le montant moyen des gains futurs et, par conséquent, j'ai eu tort dans mon calcul du prix juste à payer pour l’entreprise", écrit Warren Buffett. "PCC est loin d’être ma première erreur de ce genre. Mais c’en est une grosse", admet-il encore.

35,84
Milliards de dollars
Le bénéfice net de Berkshire a augmenté au cours du dernier trimestre 2020 de 23% pour s’établir à 35,84 milliards de dollars.

Bénéfice net en chute libre

Le holding de Warren Buffett, dont le portefeuille pesait 281,2 milliards de dollars à la fin de l'année dernière, a toutefois bien résisté à la crise. Son bénéfice d’exploitation a augmenté de 14% au dernier trimestre 2020, aidé par l’amélioration des résultats de ses activités d’assurance.

Et la flambée du prix de ses actions en portefeuille, comme Apple, a assuré au dernier trimestre 2020 un bénéfice net en hausse de 23% sur un an, flirtant avec les 36 milliards de dollars. Pour rappel, Warren Buffett avait misé 31,1 milliards de dollars sur le fabricant de l'iPhone en 2016. Cinq ans plus tard, son investissement vaut 120 milliards de dollars.

Pour l’ensemble de l’année 2020, le bénéfice d’exploitation a reculé de 9% pour s’établir à 21,92 milliards de dollars, tandis que le bénéfice net a fondu de 48% à 81,42 milliards de dollars.

Berkshire a racheté environ 9 milliards de dollars de ses propres actions au cours du trimestre écoulé.

Berkshire a pris des positions importantes dans le groupe pétrolier Chevron et l'opérateur télécom Verizon. Le holding du Nebraska a aussi mis une partie de ses billes dans le secteur pharmaceutique. Enfin, Berkshire a fait des premiers pas remarqués au Japon en 2020, en investissant 6 milliards de dollars dans cinq des plus grandes sociétés commerciales du pays.

La question de la succession

Berkshire a racheté environ 9 milliards de dollars de ses propres actions au cours du trimestre écoulé, un signe que Warren Buffett considère son groupe sous-évalué en bourse. Pour l’ensemble de l’année 2020, Berkshire a racheté pour 24,7 milliards de dollars de titres Berkshire, un nouveau record en la matière.

Enfin, le milliardaire du Nebraska a encore été très évasif sur les deux questions que de nombreux actionnaires se posent: qui va lui succéder et combien de temps pourra-t-il encore rester à la barre alors qu'il est âgé de 90 ans?

Pour seule réponse, il a fait de nouveau référence à sa CEO préférée, Madame Blumkin. Elle a fondé la Nebraska Furniture Mart et y a travaillé jusqu’à l’âge de 103 ans, "un âge de retraite ridiculement prématuré selon Charlie et moi", indique Warren Buffett en référence à Charlie Munger, 97 ans, vice-président de Berkshire.

"Charlie", installé en Californie, accompagnera même Warren Buffett lors d'AG virtuelle du holding prévue exceptionnellement à Los Angeles cette année.

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