L'espoir d'une reprise rapide s'éloigne, les marchés chutent

Les marchés ont mal accueilli le retour du risque d'un conflit commercial après les propos de Donald Trump sur la Chine. ©AFP

Les indicateurs conjoncturels sont encore plus mauvais qu'attendu et les États-Unis menacent de relancer la guerre commerciale contre la Chine. Un cocktail qui a fait rechuter les bourses après un mois de reprise.

C'est la rechute. Alors que les marchés financiers avaient enregistré un net rebond en avril (le meilleur mois en bourse depuis plus de quatre ans en Europe) sur des espoirs de redressement rapide de l'économie après la crise actuelle, les indices boursiers sont repartis nettement à la baisse lundi. A la clôture, l'indice Stoxx 600   des plus grandes capitalisations européennes a reculé de 2,65%. En Bourse de Bruxelles, le Bel 20   a perdu 4,74%.

"Ces escarmouches entre les deux superpuissances tombent à un moment inopportun."
Frank Vranken
Chef stratégiste chez Puilaetco

Les investisseurs redoutent que les conséquences économiques de la pandémie de coronavirus soient encore pires qu'anticipé. L'indice PMI (purchasing managers index), qui traduit le sentiment des directeurs d'achats des entreprises, est tombé à 33,4 pour l'activité manufacturière en zone euro, soit son plus bas niveau depuis le début du calcul de cet indicateur avancé de l'économie en 1997, a annoncé l'institut IHS Markit lundi. En dessous de 50, cet indice traduit une contraction de l'économie. Il est à présent si bas que les perspectives d'une reprise rapide s'éloignent.

Un redémarrage qui s'annonce lent

"Tout redressement sera désespérément lent", estime Chris Williamson, chief business economist chez IHS Markit.

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"Les étapes nécessaires pour maintenir les travailleurs en sécurité signifient que même les entreprises capables de redémarrer leur production tourneront généralement à faible régime, et la plupart fonctionneront dans un environnement de demande fortement réduite. Non seulement, les dépenses des ménages resteront historiquement faibles, mais les dépenses des entreprises dans la production, les machines et l'équipement seront aussi contenues pour un certain temps."

"La Chine, bouc émissaire parfait"

L'inquiétude qui étreint les investisseurs résulte aussi des nouvelles tensions entre les États-Unis et la Chine. Jeudi dernier, Donald Trump a critiqué Pékin au sujet de l'origine supposée de la pandémie et a signalé qu'il envisageait des représailles commerciales. Cette brusque résurgence du risque d'un affrontement entre les deux premières économies de la planète sur le terrain du commerce a provoqué un réflexe de vente dans les rangs des investisseurs.

33,4
PMI manufacturier de la zone euro en avril
L'indice PMI mesurant l'activité manufacturière en avril est tombé à 33,4 en zone euro, son plus bas niveau historique.

"Comme si la situation n’était déjà pas assez compliquée comme cela", se désole Bernard Keppenne, chef économiste de CBC. "Trump veut tout faire pour détourner l’attention des Américains et la Chine est le bouc émissaire parfait pour cela", analyse-t-il.

"Ces nouvelles tensions entre les USA et la Chine ne sont pas ce qu'il fallait, pas maintenant", regrette Frank Vranken, chef stratégiste de Puilaetco. "Ces escarmouches entre les deux superpuissances tombent à un moment inopportun."

"Tout redressement sera désespérément lent."
Chris Williamson
Chief business economist chez IHS Markit

Faut-il dès lors s'attendre à voir les marchés entrer dans une nouvelle période baissière dans les prochaines semaines? "Cela dépendra beaucoup de la durée de la crise et de la vitesse à laquelle les États-Unis pourront relancer leurs entreprises", estime M. Vranken.

Les analystes s'attendent à un mois de mai mouvementé sur les marchés, car les indicateurs conjoncturels qui seront publiés dans les prochaines semaines donneront des indices de l'ampleur de la contraction de l'économie. Entre autres, le rapport mensuel sur l'emploi aux États-Unis, qui sera publié vendredi "brossera un tableau très sombre du marché du travail: la hausse rapide des demandes hebdomadaires d'allocations devrait se traduire par un taux de chômage bien supérieur à 10%", anticipe Christian Nolting, chief investment officer Wealth Management de Deutsche Bank.

Investisseurs, attachez vos ceintures.

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