L'étincelle haussière des marchés se meurt

BlackRock a maintenu sa recommandation à "neutre" sur les bourses mondiales cette semaine, pointant "un contexte exceptionnellement incertain en termes d'activité et de bénéfices". ©Bloomberg

Si les indices européens affichent un net rebond cette semaine, la tendance reste stable sur le mois de mai. La faute aux incertitudes économiques mais également à un regain des tensions géopolitiques. Les banques centrales vont-elles devoir remonter au créneau?

Comme un air de déjà-vu. Les tensions géopolitiques - problématique qui avait provoqué d'importants remous sur les marchés financiers l'année dernière - viennent à nouveau plomber le moral des investisseurs, déjà fragilisé par la crise du Covid-19 et ses conséquences économiques. La difficile relation entre les États-Unis et la Chine est bien sûr au centre des préoccupations. Outre les critiques de plus en plus virulentes de Donald Trump envers le gouvernement chinois et sa gestion de la pandémie, le Sénat américain a ajouté son grain de sel.

"La problématique [des tensions géopolitiques entre les États-Unis et la Chine] pourrait bien devenir un frein majeur au sentiment de marché jusqu'aux élections présidentielles américaines de novembre."
Sébastien Barbe
responsable de la recherche et de la stratégie pour les marchés émergents chez Credit Agricole CIB

Une proposition de loi a été approuvée mercredi soir visant à exiger que les sociétés cotées à Wall Street prouvent qu'elles ne sont pas contrôlées par un gouvernement étranger. Difficile de ne pas y voir une allusion à certains géants technologiques chinois comme Alibaba, Baidu ou encore Weibo. Lesquels ont d'ailleurs été chahutés à la Bourse de New York cette semaine.

"Bien que les deux parties (États-Unis et Chine) aient souligné les progrès accomplis dans la mise en œuvre des accords commerciaux et leur intention de continuer, la relation globale se détériore rapidement", souligne Sébastien Barbe, responsable de la recherche et de la stratégie pour les marchés émergents chez Credit Agricole CIB. "La problématique pourrait bien devenir un frein majeur au sentiment de marché jusqu'aux élections présidentielles américaines de novembre."

Le Stoxx 600 fait du surplace

Le spectaculaire rebond des actions depuis la mi-mars - le Stoxx 600  a repris plus de 20% en deux mois - semble aujourd'hui bien fragile. Notons d'ailleurs une certaine stabilisation de la tendance, l'indice paneuropéen effaçant en grande partie les pertes enregistrées la semaine précédente. À croire que les investisseurs manquent d'informations pour poursuivre le rebond ou enclencher un nouveau mouvement baissier.

"Les marchés s'accrochent aux relatives bonnes nouvelles sur le plan sanitaire mais l'étincelle haussière ne repose pas sur grand-chose."
Axel Botte
stratégiste chez Ostrum Asset Management

"Les marchés s'accrochent aux relatives bonnes nouvelles sur le plan sanitaire mais l'étincelle haussière ne repose pas sur grand-chose", estime Axel Botte, stratégiste chez Ostrum Asset Management. En témoigne le va-et-vient des indices actions après la publication de résultats prometteurs - mais mis en doute - pour le vaccin expérimental de la biotech américaine Moderna.

Particuliers et institutionnels ne savent quelle direction prendre à court terme. Selon le dernier sondage de la Bank of America-Merrill Lynch, 68% des gestionnaires interrogés ont qualifié le rebond de rallye baissier ou de rebond rapide et à court terme des actions avant qu'elles ne tombent à de nouveaux plus bas. BlackRock a de son côté maintenu sa recommandation à "neutre" sur les bourses mondiales cette semaine, pointant "un contexte exceptionnellement incertain en termes d'activité et de bénéfices".

Nouveaux espoirs autour des banques centrales

La saison des résultats trimestriels se termine progressivement en Europe et ne semble pas avoir apporté de réponses solides. Est-ce que tout reposera à nouveau  sur les banques centrales? Dans le compte rendu de la dernière réunion de la Banque centrale européenne (BCE) publié ce vendredi, ses membres se disent prêts à augmenter dès juin le montant des actifs qu'elle rachète dans le cadre de son Programme d'achats d'urgence face à la pandémie (PEPP) si les données économiques le justifient. Certains observateurs tablent déjà sur une augmentation de 500 milliards d'euros. 

500
milliards d'euros
Les membres de la BCE se disent prêts à augmenter dès juin le montant des actifs qu'elle rachète dans le cadre de son Programme d'achats d'urgence face à la pandémie (PEPP) si les données économiques le justifient. Certains observateurs tablent déjà sur une augmentation de 500 milliards d'euros.

Reste à savoir si ce nouveau (et ultime?) pansement, conjugué au plan de relance proposé par la France et l'Allemagne, suffira à raviver la flamme auprès des investisseurs.

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