L'euro sous 1,25 dollar

Pour la première fois depuis le mois de juillet 2010, l'euro est passé sous le seuil de 1,25 dollar. En cause: la situation financière de la zone euro. D'un côté, les craintes entourant l'issue du nouveau scrutin législatif en Grèce pèsent lourd sur la tendance. Et de l'autre côté, la situation économique se détériore en Espagne, entre des actifs immobiliers risqués et la demande d'aide financière introduite par la Catalogne.

L'euro est repassé vendredi sous le seuil de 1,25 dollar pour la première fois depuis 22 mois, victime du regain d'inquiétude suscité par la situation financière de la zone euro.   

Alors que les investisseurs redoutent de voir la Grèce contrainte de renoncer à la monnaie unique, la région espagnole de Catalogne a annoncé avoir besoin de l'aide financière de l'Etat central, ce qui attise les craintes d'une propagation de la crise à l'Espagne, quatrième économie de la zone. 

L'euro est brièvement tombé à 1,2495 dollar, son plus bas niveau depuis le 6 juillet 2010, sur la plate-forme de transactions EBS. Il a ensuite rebondi et se traitait autour de 1,2515 dollar vers 15h28.

"L'euro est tombé à un nouveau plus bas (...) alors que s'assombrissent les perspectives de l'Europe, et le couple euro-dollar devrait continuer à manquer de soutien dans la semaine à venir pendant que les responsables européens tentent de gagner du temps", notait David Song, analyste chez DailyFX, même si les cambistes doutent de plus en plus de leur capacité à enrayer la crise.

"Le marché reste obsédé par la zone euro", une situation renforcée vendredi par l'absence d'indicateurs majeurs, commentait Sireen Harajli, analyste chez Crédit Agricole CIB.

En effet, les mouvements du marché restent "dominés par les désaccords persistants entre les dirigeants européens sur l'avenir de l'Europe, alors que la Grèce continue de peser dans la balance", et sur la monnaie unique européenne, commentait Michael Hewson, analyste chez CMC Markets.

 

L'ombre d'un "Grexit" plane

L'euro, qui valait encore près de 1,33 dollar début mai, est de plus en plus sous pression dans l'attente du nouveau scrutin législatif prévu le 17 juin en Grèce, où le parti d'extrême gauche anti-austérité Syrisa a le vent en poupe, ce qui fait craindre aux investisseurs que son éventuelle victoire précipite une sortie du pays de l'Union monétaire et ébranle d'autres pays en difficulté, au premier rang desquels l'Espagne.

L'Espagne est d'autant plus scrutée que son secteur bancaire est fortement affaibli par ses actifs immobiliers risqués.

Dans ce contexte, "l'euro perd de l'altitude et de façon générale le soutien des courtiers et des investisseurs", observait Steen Jakobsen, analyste chez Saxobank.

D'après des analystes de la Deutsche Bank, deux scénarii se profilent:

  • Si les élections en Grèce du mois prochain réduisent le risque d'un Grexit, l'euro pourrait rebondir à 1,30 dollar
  • Si la Grèce sort de l'Union monétaire, la devise européenne pourrait tomber sous son niveau de 2010 à 1,18 dollar

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