L'euro "victime" de la faiblesse du billet vert

©REUTERS

La hausse de l’euro pour la 6e semaine de suite a fini par avoir raison de l’optimisme des investisseurs.

Le moins que l’on puisse dire à ce jour, c’est que les propos divergents tenus par les responsables politiques américains sur l’évolution du dollar ont au moins eu le mérite d’atténuer le fol enthousiasme des investisseurs affiché ces derniers temps. Et comme c’est souvent le cas, c’est surtout sur les places européennes que ce phénomène a été relevé.

Les principaux indices de Wall Street ont en effet encore réussi à maintenir une belle cadence haussière. Ils ont engrangé des gains tournant aux alentours de 1,6%, et accumulé au passage quelques records supplémentaires. Le Dow Jones est monté jusqu’à 26.502 points (vendredi à 19h.) et le S&P 500 à 2.855.

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En Europe, l’indice Stoxx 600 a éprouvé quelques difficultés à se maintenir au-dessus de la barre des 400 points.

Du côté des places émergentes, les performances ont été supérieures encore. À l’instar de l’indice MSCI Emergent qui, en hausse pour la 7e semaine consécutive, progresse de 2,5%.

En Europe par contre, l’indice Stoxx 600 a éprouvé quelques difficultés à se maintenir au-dessus de la barre des 400 points. Ce niveau, il l’avait refranchi il y a huit jours pour la première fois depuis le mois d’août 2015. De justesse, à la faveur d’une hausse de 0,5%, cet indice est parvenu à le conserver. Il a achevé les séances européennes de vendredi à 400,57 points.

Le DAX happé par l’euro

La hausse de l’euro pour la 6e semaine de suite a fini par avoir raison de l’optimisme des investisseurs. Assez curieusement, c’est l’indice DAX 30 (-0,7% à) de Francfort qui en a surtout fait les frais. Et cela malgré des indicateurs économiques aussi séduisants les uns que les autres en Allemagne.

L’accélération de la hausse de la monnaie européenne qui s’était amorcée en novembre dernier, quand elle était encore à 1,16 dollar, alimente de plus en plus les conversations des responsables de la BCE.
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Comme l’Ifo (moral des patrons) ou le Zew (moral des investisseurs) pour ne citer qu’eux. On pourrait attribuer la faute à Angela Merkel qui n’arrive pas à fédérer un consensus autour de sa personne pour former un gouvernement. Dans ce cas, on s’explique mal le sommet historique atteint par le DAX 30 à la clôture de mercredi (13.340,17 points). À la veille, justement, de la réunion de la Banque centrale européenne (BCE).

L’accélération de la hausse de la monnaie européenne qui s’était amorcée en novembre dernier, quand elle était encore à 1,16 dollar, alimente de plus en plus les conversations des responsables de la BCE. Ceux-ci craignent de ne pas pouvoir atteindre leur objectif d’inflation de 2%.

Elle suscite aussi, cette accélération, de plus en plus d’interrogations sur le plan des exportations européennes vers les Etats-Unis. Et dans ce registre, l’Allemagne détient haut la main le titre de champion de la zone euro. Voilà qui justifie la sous-performance du DAX 30 dans la zone euro.

Trump en pompier

En ayant "salué la baisse du dollar" lors du forum international de Davos (Suisse), le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a donné un coup d’accélérateur à la hausse de l’euro. Mais assez curieusement, c’est à l’issue de la réunion de la BCE lorsque son président Mario Draghi a entamé sa conférence de presse, que l’euro s’est envolé pour atteindre un plus haut depuis plusieurs années de 1,2537 dollar.

Une fois n’est pas coutume, c’est le président américain Donald Trump, présent aussi à Davos, qui a ramené le calme sur les marchés, en ayant dit tout simplement "vouloir un dollar fort à terme".
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Une fois n’est pas coutume, c’est le président américain Donald Trump, présent aussi à Davos, qui a ramené le calme sur les marchés, en ayant dit tout simplement "vouloir un dollar fort à terme". Voilà Trump en pompier. Un comble, si l’on peut dire, pour quelqu’un qui n’a cessé de défendre durant sa campagne électorale "un dollar plus faible".

Pour Trump, ce passage était cependant incontournable afin de rassurer les gros détenteurs de dollars dans le monde, comme la Chine.

Le billet vert s’affaiblit non seulement face à l’euro, mais aussi contre d’autres devises mondiales.
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Car le billet vert s’affaiblit non seulement face à l’euro, mais aussi contre d’autres devises mondiales. Il accuse un recul de 5,5% depuis novembre 2017 face à un panier de 10 devises internationales, dans lequel on trouve entre autres le yuan chinois, le yen japonais, le franc suisse, la livre sterling et le dollar canadien. Sur la semaine, l’euro avance de 1,68% à 1,2427 dollar.

Sur les autres marchés, les rendements obligataires à 10 ans ont peu varié aux Etats-Unis. Dans la zone euro, ils sont plutôt montés. Celui de l’OLO à 10 ans s’est raffermi de 0,06% à 0,76%.

Concernant le baril de Brent coté à Londres, il a bénéficié de la baisse du dollar. Il est remonté de 2,7% à 70,44 dollars.

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