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L'Europe devance Wall Street sur les ETF liés au bitcoin

Euronext Paris cote depuis juin des ETP liés aux cryptomonnaies. ©AFP

Les investisseurs européens ont accès déjà depuis juin à des ETP qui suivent le cours du bitcoin. L'offre s'adresse surtout aux investisseurs professionnels. L'Europe a pris de l'avance sur les États-Unis dans ce segment.

Alors qu’aux États-Unis, les investisseurs commencent à recevoir une offre élargie en ETF (fonds indiciels cotés en bourse) sur les cryptomonnaies, en Europe, le choix s’étoffe déjà depuis quelques mois. Depuis juin, Euronext a autorisé la cotation d’ETP (exchange traded products) liés à des devises virtuelles. Mais seuls les marchés amstellodamois et parisien du groupe ont reçu des demandes d’émetteurs. "À l’heure actuelle, ces demandes ne concernent que Paris et Amsterdam”, a indiqué un porte-parole de la société. Les ETP sont des produits financiers qui suivent le cours de leur actif sous-jacent. Dans le cas présent, ils suivent le cours du bitcoin et de l’ether.

La société 21Shares, une fintech suisse, figure parmi les émetteurs d’ETP liés en cryptomonnaies sur Euronext. Elle a aussi fait coter ses produits sur les Bourses de Francfort, de Vienne et de Zurich. "Nous avons l’ambition de lister davantage de produits sur davantage de marchés", y compris à la Bourse de Bruxelles, a souligné  Paulo Germann, responsable du marketing chez 21Shares. La fintech indique sur son site proposer ses ETP chez des courtiers présents en Belgique, comme Lynx, Bolero et BinckBank.  Chez Lynx, un document indique seulement que les ETP de la société suédoise XBT liés au bitcoin et à l’ether sont les plus populaires actuellement chez leurs clients. Bolero et BinckBank n’ont pas commenté l’information.

"En général, nos clients sont des institutionnels, car ils souhaitent s’exposer aux cryptomonnaies sans directement y investir."
Paulo Germann
Directeur du marketing chez 21Shares

Il faut dire que du côté du régulateur des marchés belge, le ton reste sévère envers les courtiers quant à leur offre de produits. "La FSMA a interdit, par la voie d’un règlement de 2014, la commercialisation de certains produits auprès des clients de détail belges. C’est notamment le cas des produits dérivés sur monnaie virtuelle, car elle considère que de tels instruments ne sont pas appropriés pour les investisseurs de détail", a précisé Mathieu Saudoyer, porte-parole de la FSMA.

Chez 21Shares, Paulo Germann reconnaît avoir des clients particuliers, mais "en général, nos clients sont des institutionnels, car ils souhaitent s’exposer aux cryptomonnaies sans directement y investir", précise-t-il. Contrairement aux particuliers, les investisseurs institutionnels comme les fonds de pension ne sont pas vraiment autorisés à investir directement dans les devises virtuelles.

Des produits complexes

"Le bitcoin n’est pas éligible pour les ETF en Europe. Alors, il faut une méthodologie spécifique."
Jad Comair
Fondateur de Melanion Capital Group

En Europe, deux types de produits permettent de suivre les cryptomonnaies. Les ETP, proposés par plusieurs firmes, présentent la particularité de répliquer de manière synthétique le cours du bitcoin ou de l’ether, ce qui signifie que l’investisseur n’achète pas un fonds constitué de bitcoins ou d’ether. "Le bitcoin n’est pas éligible pour les ETF en Europe. Alors, il faut une méthodologie spécifique", explique Jad Comair, fondateur et PDG de Melanion Capital Group. "On le voit aussi aux États-Unis. Le premier ETF lié au bitcoin coté (celui de ProShares) réplique la performance du bitcoin à travers des futures cotés sur le Chicago Mercantile Exchange", ajoute-t-il.

Melanion Capital Group s’apprête à lancer, ce vendredi, un ETF lié au bitcoin sur Euronext Paris.  Ce produit présente, lui, la caractéristique d’offrir une exposition indirecte à la cryptomonnaie à travers un panier d’actions de sociétés fortement corrélées à celle-ci. Parmi ces sociétés, on retrouve des compagnies spécialisées dans le minage de bitcoins, des plateformes de négoce de cryptomonnaies et des groupes comme MicroStrategy qui ont du bitcoin dans leur bilan. Jad Comair indique aussi cibler les investisseurs institutionnels qui veulent s’exposer aux cryptomonnaies.

Des ETP à manier avec précaution

Acheter un ETP lié au bitcoin ne revient pas à acheter du bitcoin. Le produit consiste en une construction financière qui recourt aux futures (produits dérivés) sur la devise virtuelle. Il permet de capter la performance du bitcoin.  Ben Cruikshank, conseiller financier chez Flourish,  affirme que les investisseurs particuliers feraient mieux d'acheter directement du bitcoin sur une plateforme de négociation de cryptomonnaies. "Je reçois des feedbacks me disant qu'un dérivé est une forme moins efficace de détention de cryptomonnaies", a-t-il indiqué au site MarketWatch."Toutefois, les gens valorisent le confort, et je ne dis pas que les investisseurs ne vont pas adopter ces ETP liés au bitcoin." Car pour accéder à ces produits, il suffit de s'adresser à son courtier, contrairement au bitcoin. En outre, en Belgique, les courtiers ne peuvent pas proposer du bitcoin en raison de la réglementation. Mais certains offrent la possibilité d’investir dans des ETP ou des futures sur la cryptomonnaie.

Le résumé

  • Depuis juin, des ETP liés au bitcoin et à l'ether sont proposés aux investisseurs en Europe.
  • Ces ETP répliquent la performance des cryptomonnaies.
  • Ces produits s'adressent avant tout aux investisseurs institutionnels.
  • Des ETF qui suivent un panier d'actions liées au bitcoin voient aussi le jour.

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