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L'inflation US reste tenace et éloigne une action de la Fed

Les chiffres d'inflation publiés ce mercredi montrent que les USA semblent encore loin d'un retour à la normale, ce qui risque d'inciter la Fed à patienter davantage avant de normaliser sa politique monétaire. ©REUTERS

Les prix à la consommation ont grimpé plus que prévu en mars aux États-Unis. Ces données pourraient inciter la Fed à patienter encore avant de baisser ses taux.

Ce sont les statistiques qui étaient les plus attendues sur les marchés cette semaine. Les données sur l'inflation américaine de mars sont plus élevées que prévu. Le mois dernier, les prix à la consommation aux États-Unis ont augmenté de 0,4% en rythme mensuel, comme en février, selon les chiffres dévoilés ce mercredi par le département américain du Travail. Les économistes avaient anticipé 0,3%.

Sur un an, l'inflation de mars s'élève à 3,5%, contre 3,2% en février et 3,4% attendus par les prévisionnistes. L'inflation sous-jacente s'affiche quant à elle à 0,4% sur un mois, stable par rapport à février. Les économistes tablaient sur un ralentissement à 0,3%. Sur un an, elle est de 3,8%, comme en février et contre 3,7% selon l'estimation moyenne.

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Cet indicateur qui fait abstraction des prix plus volatils de l'énergie et de l'alimentation est le plus surveillé par la Réserve fédérale (Fed), qui a pour objectif de ramener l'inflation à 2%. La banque centrale américaine considère que pour y parvenir, la hausse des prix devrait s'établir à un rythme mensuel d'environ 0,2% dans la durée.

75%
Il y a désormais plus de 75% de chances que les taux de la Fed restent inchangés en juin.

La Fed risque de patienter davantage

Or, les chiffres publiés ce mercredi montrent que les USA semblent encore loin d'un retour à la normale, ce qui risque d'inciter la Fed à patienter davantage avant de normaliser sa politique monétaire. Celle-ci est actuellement caractérisée par des taux d'intérêt directeurs jugés restrictifs parce qu'ils sont à un niveau censé tempérer la demande et ainsi freiner la hausse des prix.

Au cours des mois de décembre, janvier et février, l'inflation avait déjà chaque fois dépassé les prévisions, ce qui avait poussé les investisseurs à différer le moment estimé de la première baisse de taux de la Fed. Les chiffres de ce jeudi changent à nouveau la donne. D'après l'outil FedWatch de CME Group, basé sur les contrats à terme du marché monétaire, il y a désormais plus de 75% de chances de voir la banque centrale américaine maintenir ses taux inchangés en juin, alors que mardi, la probabilité d'un assouplissement monétaire à cette échéance dépassait encore 55%.

Toujours d'après cet instrument prédictif, il faudrait à présent attendre la réunion de la Fed de la mi-septembre pour voir les taux directeurs américains commencer à diminuer, alors qu'antérieurement, les investisseurs pariaient que deux baisses de taux auraient déjà été actées à cette date.

"On est toujours au double du niveau d'inflation auquel on devrait être. Septembre est à présent le point de départ probable d'un assouplissement."

James Knightley
Chef économiste d'ING à New York

Vive réaction sur les marchés

Sur les marchés, la nouvelle mauvaise surprise de l'inflation US a des conséquences. Les taux d'intérêt des Treasuries (obligations gouvernementales des États-Unis) ont nettement grimpé: le taux à deux ans a bondi à 4,97%, contre 4,72% peu auparavant; le taux à dix ans a atteint 4,5% alors qu'il évoluait à environ 4,35% précédemment.

De quoi secouer le marché des changes: l'euro est retombé à 1,0750 dollar, contre 1,0860 dollar juste avant les chiffres de l'inflation. De son côté, le yen japonais est tombé au plus bas face au billet vert depuis 34 ans, à 152,75 yens pour un dollar . Les indices boursiers américains ont quant à eux ouvert en nette baisse.

"Tout comme le rapport sur l'emploi de vendredi dernier, l'inflation est une nouvelle surprise significative à la hausse qui devrait anéantir les anticipations d'une baisse des taux d'intérêt de la Réserve fédérale en juin", analyse James Knightley, chef économiste d'ING à New York. "On est toujours au double du niveau auquel on devrait être. Septembre est à présent le plus probable point de départ d'un assouplissement." La prochaine réunion de la Fed est programmée les 30 avril et 1er mai.

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