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L'inflation américaine donne un peu de répit à la Fed

L'inflation d'avril a conduit les investisseurs à accroître leurs paris sur une première baisse de taux de la Fed en septembre. ©REUTERS

Pour la première fois en cinq mois, l'inflation n'a pas dépassé les prévisions aux USA. L'inflation sous-jacente enregistre son premier recul depuis octobre.

La hausse des prix se calme enfin outre-Atlantique. Pour la première fois depuis novembre, l'inflation américaine du mois dernier est conforme aux prévisions des économistes, selon les données communiquées ce mercredi par le département du Travail. De décembre à mars, l'inflation avait chaque fois déçu les attentes en s'avérant plus élevée qu'anticipé.

En avril, l'inflation a été mesurée à 3,4% sur un an, contre 3,5% en mars. Il s'agit de sa première diminution depuis janvier et elle est conforme aux attentes. En rythme mensuel, elle est tombée à 0,3%, après 0,4% en mars, ce qui est même meilleur que la prévision moyenne des économistes (0,4%).

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En ce qui concerne l'inflation sous-jacente, plus pertinente parce qu'elle fait abstraction des prix plus volatils de l'énergie et de l'alimentation, les chiffres sont bien ceux qui étaient attendus. En rythme annuel, l'inflation sous-jacente a reculé à 3,6% le mois dernier, contre 3,8% en mars. Elle retombe ainsi à son niveau le plus bas en trois ans, une bonne nouvelle saluée par le président américain Joe Biden, dans un communiqué. "Bien que nous ayons fait des progrès, il reste beaucoup à faire", a-t-il toutefois concédé. D'un mois à l'autre, l'inflation sous-jacente s'est inscrite à 0,3% en avril, après 0,4% en mars. Cette baisse est une première depuis octobre dernier.

Ces statistiques donnent un peu de répit à la Réserve fédérale (Fed). La banque centrale des États-Unis mène une politique monétaire restrictive visant à ralentir la hausse des prix. Les chiffres plus élevés que prévu enregistrés de décembre à mars l'avaient incitée à repousser la perspective d'une première baisse de ses taux d'intérêt directeurs: elle avait laissé entendre qu'elle pourrait devoir maintenir ces taux de référence à un niveau élevé plus longtemps.

"Ce n'est pas encore suffisant pour que la Fed envisage un assouplissement maintenant, mais une baisse de taux en septembre est possible si cette tendance continue."

Collin Martin
Stratégiste obligataire chez Charles Schwab

Des chiffres bien accueillis sur les marchés

L'inflation d'avril a conduit les investisseurs à accroître leurs paris sur une première baisse de taux de la Fed en septembre. "Les données des prix à la consommation suggèrent qu'on pourrait éviter une prolongation des chiffres d'inflation élevés du premier trimestre", analyse Collin Martin, stratégiste obligataire chez Charles Schwab. "La probabilité d'une baisse de taux en septembre a fortement augmenté."

"La combinaison de l'indice des prix à la consommation et de l'indice des prix à la production (publié mardi, NDLR) suggère des chiffres modestes pour l'indice PCE (personal consumption expenditures, NDLR), l'indicateur d'inflation préféré de la Fed", souligne Kathy Jones, chef stratégiste en obligations chez Charles Schwab. "Ce n'est pas encore suffisant pour que la Fed envisage un assouplissement maintenant, mais une baisse de taux en septembre est possible si cette tendance continue."

Les marchés ont bien accueilli les statistiques sur les prix à la consommation américains. Les taux d'intérêt des obligations gouvernementales des États-Unis ont diminué, ce qui a pesé sur le dollar face à l'euro , et les indices de Wall Street ont entamé la séance boursière du jour sur une note positive.

"L'inflation donnera un peu plus de confiance à la Fed au sujet du processus de désinflation, mais elle restera moins confiante qu'au début de l'année."

Bloomberg Intelligence

Ventes de détail inférieures aux attentes

Les chiffres des ventes de détail d'avril, publiés au même moment, ont confirmé que la politique monétaire incitait les consommateurs américains à se montrer plus sobres dans leurs dépenses. Les ventes de détail se sont élevées à 705,2 milliards de dollars, un montant globalement inchangé par rapport à mars, alors que les économistes avaient envisagé une augmentation de 0,4%. La hausse de mars a aussi été revue à 0,6%, au lieu de 0,7% selon une précédente estimation.

Ces données inférieures aux prévisions n'ont toutefois pas été faibles au point de relancer les craintes d'une "stagflation" (inflation élevée conjuguée à une croissance atone), les investisseurs ayant préféré se focaliser sur les bonnes nouvelles sur le front de l'inflation.

Reste à voir comment la Fed interprétera l'ensemble de ces statistiques. "Le rapport sur l'inflation donnera probablement un peu plus de confiance à la Fed au sujet du processus de désinflation", estiment les économistes de Bloomberg Intelligence. "Mais elle sera vraisemblablement toujours moins confiante qu'au début de l'année. Au mois, l'indice des prix d'avril devrait maintenir les chances d'une baisse de taux en juillet, pour l'instant."

La Réserve fédérale doit se pencher à nouveau sur sa politique monétaire dans moins d'un mois. Plusieurs de ses membres auront l'occasion de commenter les dernières statistiques lors d'interventions programmées dès ce jeudi.

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