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L'inflation et la Chine jouent les trouble-fêtes sur les marchés

Les déboires d'Evergrande ont fait craindre un impact économique sur une Chine en plein ralentissement. ©EPA

Quelques frayeurs sur le front de l'inflation et de la Chine ont secoué les marchés financiers. Le Bund allemand à dix ans s'est rapproché de zéro.

"Des craintes de stagflation ont circulé parmi les acteurs du marché alors que la flambée des prix de l'énergie, les goulots d'étranglement de l'approvisionnement, un virus provocateur et une Chine en décélération ont présenté les perspectives simultanées d'une inflation toujours élevée et d'un ralentissement de l'activité mondiale."
Phoenix Kalen
Responsable de la stratégie chez Société Générale UK

Des nombreuses secousses ont agité les marchés financiers cette semaine. Les bourses en Europe et aux États-Unis s'en sont toutefois tirées avec une légère progression hebdomadaire, tandis que sur les marchés obligataires, la tension s'est fait sentir sur les taux longs. Le Bund allemand à dix ans s'est rapproché de zéro, à -0,11%, alors que les investisseurs ont ajusté de plus en plus leurs attentes face à une inflation élevée. "Des craintes de stagflation ont circulé parmi les acteurs du marché alors que la flambée des prix de l'énergie, les goulots d'étranglement de l'approvisionnement, un virus provocateur et une Chine en décélération ont présenté les perspectives simultanées d'une inflation toujours élevée et d'un ralentissement de l'activité mondiale", a souligné Phoenix Kalen, responsable de la stratégie chez Société Générale UK.

Outre l'inflation, la Chine a aussi joué les épouvantails chez les investisseurs, avec en début de semaine l'annonce des chiffres de son PIB au quatrième trimestre. La croissance de l'indice s'est élevée à 4,9 % sur un an, sous les attentes du marché, alors que les tentatives de Pékin de limiter les prêts au secteur immobilier ont exacerbé les retombées des pénuries d'électricité qui ont ramené la production des usines aux niveaux observés pour la dernière fois au début de 2020, lorsque de lourdes restrictions Covid-19 étaient en place.

Les problèmes du fonds immobilier chinois Evergrande, au bord d'un défaut de paiement, ont aussi alimenté les craintes d'un ralentissement plus prononcé de l'économie de l'empire du Milieu. Le secteur des ressources de base, très exposé à la Chine, a chuté de 4,04% en variation hebdomadaire. Il a aussi été affecté par un recul des prix des métaux comme le cuivre, suite aux mesures prises par le London Metal Exchange pour apaiser les tensions sur le marché.

Des résultats qui dictent la tendance

"Les bénéfices du troisième trimestre, pour la plupart aux États-Unis et en Europe, ont été très positifs. Les géants des biens de consommation tels que P&G ont pu augmenter les prix pour compenser la hausse des coûts des intrants..."
Jeffrey Halley
Economiste chez Oanda

Les résultats de sociétés ont aussi dicté la tendance sur les marchés d'actions en Europe et aux États-Unis. "Les bénéfices du troisième trimestre, pour la plupart aux États-Unis et en Europe, ont été très positifs. Les géants des biens de consommation tels que P&G ont pu augmenter les prix pour compenser la hausse des coûts des intrants, alors que je pensais que ce secteur éprouverait des difficultés face à ce problème", a constaté Jeffrey Halley, économiste chez Oanda.

Le secteur des télecommunications (-0,96%) a été pénalisé par les résultats décevants de Tele 2 et d'Ericsson, victime d'une hausse des coûts. Celui du retail (-1,11%) a été plombé notamment par le recul du groupe de luxe Kering après ses résultats, pénalisés par une baisse des ventes chez Gucci, sa marque phare. Le groupe Dufry, qui exploite les magasins dans les aéroports, a aussi lourdement pesé sur le compartiment, avec un recul de 10,04% sur la semaine. Il a subi le plongeon des compagnies aériennes et voyagistes comme Tui et IAG, suite à l'annonce de Heathrow d'augmenter le prix de la charge de passagers de 50 % à partir de l'année prochaine. Tout le secteur a pâti de cette annonce, et a perdu 10% en variation hebdomadaire.

Le secteur automobile (-1,76%) a, lui, mal vécu l'avertissement de Renault. Le groupe automobile a dit s'attendre à ce que les pénuries de semi-conducteurs le privent cette année de la production d'au moins 300.000 véhicules, soit un tiers de plus que son estimation précédente.

En revanche, le secteur technologique (+1,23%) a rebondi grâce aux bons résultats de Soitec, notamment. Ceux d'ASML, pourtant positifs, ont été reçus tièdement par les investisseurs.

Résistance de l'or, record pour le bitcoin

Les cours de l'or ont progressé sur la semaine de 1,07% à 1.786,7 USD. Jeffrey Halley a observé que la progression du prix du métal jaune n'a pas été affectée par la hausse des rendements obligataires . "La résistance de l'or face à la hausse des rendements américains et au dollar est un développement indéniablement haussier", a-t-il constaté. D'autres analystes ont souligné aussi l'impact des achats d'or physique en Asie. Un trader basé à Mumbai a indiqué s'attendre à une hausse des achats avant la fête du Diwali en Inde le mois prochain.

66.000
Dollars
Le bitcoin a établi un nouveau record après le lancement à Wall Street du premier ETF lié à la cryptomonnaie. Mais il a ensuite battu en retraite.

Du côté des cryptomonnaies, le bitcoin et l'ether ont battu cette semaine un nouveau record. Le bitcoin a dépassé 66.000 dollars pour la première fois de son histoire, après le lancement du premier ETF lié à la cryptomonnaie aux États-Unis, par la firme ProShares. L'ether a battu son record de 4.015 dollars pour s'établir autour de 4.122 dollars. Des ETF liés à la devise virtuelle devraient aussi voir le jour dans les prochaines semaines outre-Atlantique. Rappelons qu'en Europe, ce type de produits est déjà coté depuis le mois de juin sur la Bourse de Paris et celle d'Amsterdam.

Toutefois, le bitcoin a battu en retraite après son record, pour retomber ce vendredi autour de 61.000 dollars. "Le lancement des contrats à terme sur le bitcoin du CME a déclenché une réaction de "sell the news" il y a quatre ans et nous le voyons probablement à nouveau", a observé Craig Erlam, analyste chez Oanda.

Le résumé

  • L'inflation et le ralentissement économique chinois ont pesé sur les marchés financiers cette semaine.
  • Le taux du Bund allemand à dix ans s'est rapproché de zéro alors que les investisseurs ont ajusté leurs attentes sur l'inflation dans la zone euro.
  • Les résultats d'entreprises ont dicté la tendance sur les marchés en Europe et aux États-Unis.
  • L'or a résisté à la remontée des taux obligataires.

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