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L'inflation menace les marges dans les biens de consommation

Lundi, le brasseur néerlandais Heineken a averti que la hausse des prix des matières premières commencerait à peser sur ses comptes au second semestre et aurait un effet significatif en 2022. ©REUTERS

Les entreprises produisant des biens de grande consommation avertissent que leurs marges sont sous pression à cause de la hausse des coûts. La bourse réagit.

Toutes les entreprises ne sont pas égales face à l'inflation. La hausse des prix des matières premières commence à poser problème aux sociétés qui produisent des biens de grande consommation, comme les boissons, les produits alimentaires, les articles d'hygiène corporelle, les produits d'entretien, etc.

-2%
Baisse du secteur des biens de consommation
En Europe, l'indice des groupes qui produisent des biens de grande consommation a baissé de 2% en un mois alors que l'ensemble du marché a pris près de 1,5%.

Avec des conséquences en bourse: les actions des entreprises actives dans ce secteur sont à la traîne. Alors que l'indice Stoxx 600 des grandes capitalisations européennes a progressé de près de 1,5% en un mois, sa composante sectorielle "Personal Care Drug and Grocery Stores", qui regroupe les titres de producteurs de biens de grande consommation, a perdu 2% dans ce laps de temps.

C'est la pire performance sectorielle en un mois après celles des valeurs de l'énergie et du secteur des voyages et loisirs.

Coûts en hausse

Alors que les banques centrales se veulent rassurantes en martelant que la poussée inflationniste est transitoire, certaines entreprises ont récemment reconnu que celle-ci leur pose tout de même problème. La dernière en date est Heineken .

"L'augmentation des coûts des matières premières commencera à nous affecter au deuxième semestre et aura un effet significatif en 2022."
Dolf van den Brink
Patron de Heineken

Lundi, le brasseur néerlandais l'a reconnu en se montrant prudent pour les prochains mois: "Nous constatons une augmentation dans les coûts des matières premières qui, aux niveaux actuels, commencera à nous affecter dans la deuxième moitié de cette année et aura un effet significatif en 2022", a averti son patron, Dolf van den Brink, en commentant les résultats semestriels du groupe.

L'indice du secteur de l'alimentation, des boissons et du tabac est lui aussi à la traîne par rapport à la plupart des composants sectoriels du Stoxx 600. Il a notamment été freiné par AB InBev qui a annoncé, jeudi dernier, une réduction de ses marges à cause de la montée des prix des matières premières. Le même jour, le groupe d'alimentation Nestlé a, lui aussi, reconnu que la hausse des prix des ressources de base affecterait sa marge opérationnelle, tandis que son concurrent Danone a également acté une montée de ses coûts.

Marges sous pression

Le lendemain, le géant américain Procter & Gamble , qui vend les produits Gillette, Oral-B et Pampers, entre autres, s'est joint au concert des avertissements en signalant que la hausse des prix des matières premières aurait un impact de deux milliards de dollars sur ses bénéfices de 2021. La semaine précédente, le groupe néerlandais Unilever , qui produit des biens divers allant du thé Lipton au déodorant Axe en passant par le produit lessive Coral, avait réduit sa prévision de marge opérationnelle à cause de la progression des coûts. Idem pour Reckitt Benckiser , à la tête des marques Durex, Dettol ou encore Calgon: le groupe britannique a annoncé, mardi dernier, une marge opérationnelle inférieure aux attentes.

"Ces entreprises ont un 'pricing power' limité et sont historiquement hautement sensibles aux prix des matières premières."
Gina Martin Adams
Stratégiste de Bloomberg Intelligence

Toutes ces entreprises peuvent difficilement répercuter, sur leur clientèle, l'augmentation des prix des matières premières. Elles évoluent dans des secteurs très concurrentiels où le moindre ajustement de prix peut affecter les parts de marché. "Ces entreprises ont un 'pricing power' (capacité de répercuter les prix, NDLR) limité et sont historiquement hautement sensibles aux prix des matières premières", indique Gina Martin Adams, stratégiste de Bloomberg Intelligence.

Pour les investisseurs qui veulent se mettre à l'abri de l'inflation, il s'agit de privilégier les actions de groupes qui ont une position dominante sur leur marché et un "pricing power" important. C'est notamment le cas dans le secteur du luxe. Par exemple, LVMH a particulièrement bien résisté à la montée des prix. Son action a pris 3% en un mois.

Le résumé

  • La hausse des prix des matières premières commence à affecter les marges d'entreprises qui produisent des biens de grande consommation.
  • Lundi, Heineken a signalé que la montée des coûts aurait un effet sur ses comptes au deuxième semestre et un impact important l'année prochaine.
  • D'autres sociétés, telles qu'AB InBev, Unilever, Nestlé, Danone ou encore Procter & Gamble, ont également fait part d'un effet de l'inflation sur leurs marges.
  • Les investisseurs désireux de se couvrir face à ce phénomène peuvent trouver une alternative dans le secteur du luxe, par exemple.

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