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L'inflation pousse les taux d'intérêt à la hausse

La hausse des prix à la consommation a fini par avoir un effet sur le marché obligataire. ©REUTERS

Les taux d'intérêt remontent à cause des tensions inflationnistes. L'État belge a emprunté à des conditions moins avantageuses. La hausse devrait continuer.

La remontée des taux d'intérêt se confirme. Lundi, le taux des obligations belges à dix ans a dépassé 0,12% pour la première fois depuis le 1er juillet, après être revenu en territoire positif à la fin de la semaine dernière. Par conséquent, l'État belge, qui avait programmé un emprunt sur le marché lundi, a été confronté à des conditions financières moins favorables. Le Trésor public a émis des obligations linéaires (Olo) arrivant à échéance dans dix ans à un taux d'intérêt moyen de 0,1%, alors que l'adjudication précédente de tels titres avait été assortie d'un taux négatif, à savoir -0,19%.

1,5%
taux US à 10 ans
Aux États-Unis, le taux des Treasuries à dix ans a dépassé 1,5% pour la première fois depuis juin.

S'il reste encore loin de son plus haut niveau de l'année, atteint le 19 mai à 0,3%, le taux des Olo à dix ans prend ses distances de la zone négative, où il avait touché un plancher historique de -0,44% le 11 décembre 2020. Des tensions sur les taux sont observées sur la plupart des marchés. Aux États-Unis, le taux des Treasuries (obligations gouvernementales) à dix ans a dépassé 1,5% lundi, pour la première fois depuis juin.

L'inflation accélère

Les taux progressent lentement depuis août mais le mouvement s'est accéléré la semaine dernière après la réunion de la Réserve fédérale (Fed). La Banque centrale américaine a laissé entendre qu'elle commencerait à diminuer ses achats d'actifs à partir de novembre. Ce durcissement de la politique monétaire se profile alors que l'inflation accélère.

Inflation en hausse, quelles conséquences pour vous ?

Aux États-Unis, la hausse des prix à la consommation a atteint 5,3% sur un an en août. Dans la zone euro, l'inflation a été mesurée à 3% le mois dernier. Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne, doit publier les chiffres de septembre vendredi. Selon l'estimation moyenne des économistes, la hausse des prix devrait accélérer à 3,3%.

"Tous les ingrédients étaient en place pour assister à cette hausse des taux."
Nicolas Forest
Responsable de la gestion obligataire chez Candriam

La hausse de l'inflation conduit les investisseurs à anticiper plus de fermeté de la part des banques centrales. Celles-ci ont pour mission de préserver la stabilité des prix et leur arme principale pour y parvenir est la fixation de taux d'intérêt directeurs plus élevés. Car quand le loyer de l'argent monte, on est encouragé à épargner au lieu de dépenser, ce qui induit une baisse de la demande et fait pression sur les prix.

Changement de ton

Pour Nicolas Forest, responsable de la gestion obligataire chez Candriam, la montée des taux était prévisible. "Enfin!", s'exclame-t-il. "La hausse des taux était largement attendue. Comment, en effet, justifier des taux à long terme aussi bas alors que l'inflation augmente et que les banques centrales commencent à réduire leur soutien monétaire? Tous les ingrédients étaient en place pour assister à cette hausse des taux." Selon ce spécialiste, la hausse plus soutenue des prix à la consommation a poussé les banques centrales à changer de ton, ce qui a déclenché la montée des taux d'intérêt.

"Je ne serais pas choqué de voir le taux des Olo à dix ans atteindre 0,25%."
Nicolas Forest
Responsable de la gestion obligataire chez Candriam

"Les chiffres de l'inflation sont élevés et continuent à être durablement poussés à la hausse parce que les prix de l'énergie ne font qu'augmenter", détaille Nicolas Forest. En réaction, "la Fed a annoncé son 'tapering' (réduction de ses achats, NDLR) et à la Banque centrale européenne, certains se sont inquiétés du niveau de l'inflation."

Selon lui, les taux devraient continuer à grimper, aussi bien en Europe qu'aux États-Unis. "Les taux américains pourraient revenir à leurs niveaux de début d'année", estime Nicolas Forest. "Quant au taux des Olo à dix ans, je ne serais pas choqué de le voir atteindre 0,25%." La hausse des taux pourrait allécher les investisseurs. "Si on retrouve des niveaux attrayants, il faudra racheter", conclut Nicolas Forest.

Le résumé

  • Les taux d'intérêt ont accéléré leur hausse. Lundi, le taux belge à dix ans a dépassé 0,12% pour la première fois depuis début juillet.
  • À cause de cette montée des taux, l'État belge a dû emprunter à de moins bonnes conditions sur le marché obligataire.
  • L'augmentation du loyer de l'argent est due à un changement de ton des banques centrales face à l'accélération de l'inflation.
  • Selon Nicolas Forest (Candriam), la progression des taux d'intérêt devrait continuer, aux États-Unis comme en Europe.

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