analyse

L'optimisme des investisseurs a été mis à l'épreuve

Dans le secteur énergétique, des arbitrages ont eu lieu au profit du renouvelable et au détriment des énergies fossiles. ©DB280136010

L'aggravation de la crise sanitaire et les mauvaises statistiques ont contrarié les espoirs soutenant la hausse boursière. Celle-ci s'est toutefois poursuivie.

Nouvelle semaine contrastée pour les actions européennes. Le Stoxx 600 a fini de justesse sur une hausse de 0,17% en cinq jours. En limitant ses pertes en fin de séance vendredi, l'indice des plus grandes capitalisations européennes a évité, de peu, d'afficher deux semaines négatives d'affilée. Il faut remonter à la fin octobre pour trouver deux baisses hebdomadaires consécutives des actions européennes.

Plusieurs éléments avaient pourtant conduit les investisseurs à prendre leurs bénéfices ces derniers jours. Après les niveaux historiquement élevés atteints début janvier, la tentation est grande de sécuriser les plus-values encore inscrites dans les cours boursiers. Car côté perspectives, le tableau continue à s'assombrir, compte tenu de l'évolution de la situation sanitaire. Les reconfinements et autres durcissements des restrictions des activités ont conduit les investisseurs à modérer leur enthousiasme pour la reprise économique espérée sur base des campagnes de vaccination en cours.

Les investisseurs commencent à se demander: "Et si les attentes étaient exagérées?"

Les statistiques de la semaine écoulée ont alimenté le sentiment que le coup de frein actuel est plus prononcé qu'estimé précédemment. Les indices PMI (purchasing managers indexes, soit les indicateurs traduisant le sentiment des responsables des achats des entreprises, qui donnent un bon aperçu de l'activité économique du moment), publiés vendredi, sont apparus nettement en dessous des attentes. La baisse boursière de la dernière journée de la semaine laisse transparaître les inquiétudes à cet égard. Les investisseurs commencent à se demander : "Et si les attentes étaient exagérées ?"

Les semi-conducteurs confirment

Mais une fois de plus, tous les secteurs n'ont pas été logés à la même enseigne. L'automobile a évolué contre la tendance en grimpant de 3,93% en cinq séances selon l'indice Stoxx sectoriel auto et composants . Volkswagen (+8,69% cette semaine) a largement contribué à cette avancée grâce à l'annonce de chiffres solides pour son exercice 2020. Cette performance a aussi permis au Dax d'enregistrer une meilleure performance hebdomadaire que les autres indices européens. L'indice de la Bourse de Francfort a gagné 0,63% en cinq jours.

Le secteur des semi-conducteurs a lui aussi tiré son épingle du jeu, comme la semaine précédente. Plusieurs actions d'entreprises actives dans ce domaine ont enregistré une hausse hebdomadaire, dont BE Semiconductor (+7,47%), ASML Holding (+6,21%) et Dialog Semiconductor (+7,04%).

À l'opposé, les valeurs du tourisme et des voyages (-2,78% cette semaine) ont été victimes des nouvelles restrictions en matière de déplacement. Le secteur de l'assurance (-2,18%) a aussi battu en retraite. Les taux d'intérêt toujours bas compliquent leurs opérations, tandis que des compagnies sont appelées à intervenir davantage en faveur d'entreprises en difficulté. Dans ce secteur, le belge Ageas a reculé de 3,90% en cinq séances de cotation et le français Axa a cédé 3,53%.

Tension en Italie

Les valeurs de l'énergie figurent aussi parmi les plus sanctionnées de la huitaine écoulée. L'indice Stoxx du secteur a baissé de 1,43% cette semaine. Mais au sein de ce secteur, on observe des arbitrages. Les sociétés actives dans la production de combustibles fossiles ont été délaissées tandis que les producteurs d'énergies renouvelables ont été plébiscités. BP a chuté de 4,12%. Royal Dutch Shell a abandonné 4,18%. Total a plié de 2,36%. Mais Vestas a bondi de 7,34%, Siemens Gamesa a avancé de 4,38% et Neste a pris 2,91%.

Sur le marché obligataire, la perspective de nouvelles élections législatives en Italie a provoqué une tension sur le rendement des obligations de la péninsule. Dans la foulée, la bourse de Milan a affiché l'une de plus nettes baisses de la semaine : l'indice MIB a perdu 1,31% en cinq jours.

Par contre, Wall Street a mieux résisté que l'Europe boursière, avec des indices en légère hausse sur la semaine. En cause, l'espoir que la relance soutenue par le plan d'aide de Joe Biden permette de surmonter l'aggravation de la crise sanitaire. Mais pour les investisseurs belges, les actions américaines n'ont pas constitué une si bonne affaire la semaine dernière car l'euro a grimpé face au billet vert. Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne, a pourtant signalé que le niveau élevé de la monnaie unique était une source de préoccupation à cause de son effet sur l'inflation. Mais ça n'a pas empêché la devise européenne de progresser. Vendredi soir, l'euro se traitait à 1,2175 dollars, contre 1,2082 dollar une semaine plus tôt. Cette évolution a influencé négativement la performance hebdomadaire, exprimée en euro, des indices de Wall Street.

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