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L'optimisme des investisseurs au plus bas depuis un an

Les investisseurs s'attendent à voir l'inflation conduire à des taux d'intérêt à court terme plus élevés. ©AFP

Les attentes pour la croissance deviennent négatives, une première depuis avril 2020. Les liquidités des portefeuilles sont à leur plus haut niveau en un an.

Coup de froid dans les rangs des investisseurs. Parmi les gestionnaires d'actifs financiers sondés chaque mois par Bank of America Merrill Lynch, la proportion de ceux qui craignent une stagflation augmente. 34% des investisseurs interrogés s'attendent désormais à une croissance inférieure à la moyenne et à une inflation supérieure au cours des douze prochains mois, soit bien davantage que les 20% recensés en septembre. Il s'agit aussi du taux le plus élevé en près de dix ans.

6%
Pessimisme pour l'économie
Le pessimisme pour l'évolution de l'économie dans les douze mois à venir l'emporte désormais sur l'optimisme, avec un taux net de 6% des sondés.

Dans l'ensemble, l'optimisme des investisseurs est à son plus bas niveau depuis octobre 2020. Concernant les anticipations pour la croissance économique mondiale, les investisseurs pessimistes pour les douze prochains mois sont désormais 6% plus nombreux que les optimistes. Ce niveau est le pire depuis le début de la crise sanitaire.

En Europe, les gestionnaires d'actifs sont plus sereins. Un taux net de 24% d'entre eux tablent encore sur une amélioration du cycle économique. Mais ce taux a été divisé par deux par rapport à septembre et est en forte baisse par rapport aux 92% recensés en juin...

L'inflation, le plus grand risque

Sans surprise, l'inflation se classe première dans le classement des risques qui pèsent sur les portefeuilles d'investissement. 48% des sondés voient la montée des prix comme la principale menace, soit le double du taux enregistré le mois dernier. Par contre, les craintes liées à la pandémie de coronavirus disparaissent quasiment: seuls 3% des investisseurs citent le covid comme le plus grand risque.

4,7%
Liquidités en portefeuille
Chez les gestionnaires d'actifs, le niveau de liquidités a atteint 4,7%, un sommet sur un an, contre 4,3% le mois dernier.

L'inflation reste néanmoins considérée comme transitoire. Un taux net de 20% des sondés sont de cet avis, mais il était encore de 41% en septembre. Quoi qu'il en soit, la plupart des investisseurs sont convaincus que la hausse des prix - transitoire ou non - conduira à une politique monétaire plus ferme. 85% d'entre eux anticipent des taux d'intérêt à court terme plus élevés dans les douze prochains mois, soit le niveau le plus élevé en près de deux ans, contre 65% le mois dernier.

Comment les gestionnaires investissent-ils dans ce contexte? Le niveau de liquidités atteint 4,7%, un sommet inédit depuis un an, contre 4,3% en septembre. L'exposition aux actions reste élevée. Bank of America note d'ailleurs que l'écart entre l'optimisme pour la croissance et la détention d'actions a fortement augmenté. Alors que les investisseurs qui s'attendent à une conjoncture plus basse dans l'année à venir sont désormais plus nombreux que les autres, un taux net de 50% des sondés penche toujours en faveur de l'investissement en actions.

Pessimisme pour les bénéfices

À ce sujet, précisons que les actions européennes restent bien considérées. 65% des participants à l'enquête de BofA s'attendent à voir la hausse des actions européennes continuer jusqu'à l'an prochain, contre 58% le mois dernier. Mais la minorité qui est d'un avis contraire grossit, passant de 3% des sondés en septembre à 12% ce mois-ci.

"Des poches de doutes commencent à apparaître."
Andreas Bruckner
Investment Strategist de Bank of America Merrill Lynch

"Des poches de doutes commencent à apparaître", constate Andreas Bruckner, Investment Strategist de Bank of America Merrill Lynch. 22% des gestionnaires craignent de ne pas avoir suffisamment d'actifs défensifs en portefeuille, contre 13% en septembre. De plus, concernant les attentes au sujet des bénéfices des entreprises cotées, il y a désormais un peu plus d'investisseurs pessimistes que d'optimistes. Un taux net de 2% d'entre eux penchent pour une baisse des profits dans les douze prochains mois, contre un taux net de 42% le mois dernier en faveur d'une augmentation.

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