analyse

L'optimisme des investisseurs persiste

Le taureau de Wall Street, symbole du courant optimiste parmi les investisseurs. ©Image of Sport/Newscom/Sipa USA

Les gestionnaires d'actifs sondés par BofA n'ont plus été aussi favorables aux actions depuis dix ans. Le coronavirus n'est plus dans le top 3 des risques.

Pour les investisseurs, quasiment tous les voyants sont au vert. D'après le sondage de Bank of America Merrill Lynch auprès des gestionnaires d'actifs, dont les résultats ont été publiés ce mardi, l'optimisme pour les marchés d'actions n'a plus été aussi élevé depuis 2011 et une reprise en forme de V est redevenu le scénario le plus anticipé.

"L'optimisme pour l'économie et les marchés reste très élevé parmi les investisseurs."
Bank of America

"L'optimisme pour l'économie et les marchés reste très élevé parmi les investisseurs, à l'échelle mondiale", explique Bank of America (BofA). La banque d'affaires précise que la pandémie de coronavirus n'est plus le principal risque redouté par les investisseurs, loin de là. Dorénavant, le risque d'une brutale remontée des taux d'intérêt due à un resserrement de la politique monétaire est considéré comme la principale menace potentielle. Suivent une augmentation de l'inflation et un alourdissement des impôts. Ce n'est qu'ensuite que le Covid-19 apparaît parmi les préoccupations des investisseurs.

Autrement dit, analyse BofA, les risques les plus importants sont désormais ceux qui sont associés à une forte croissance économique et plus ceux qui découleraient d'une récession.

Reprise en V

La proportion de gestionnaires de fonds interrogés par la banque qui sont favorables aux actions est la plus élevée depuis dix ans. Le sondage montre encore que l'optimisme pour les actions des banques est à son plus haut niveau des trois dernières années. Les investisseurs se montrent aussi confiants à l'égard de la conjoncture économique. Le scénario d'une reprise de la croissance en forme de V reprend de la consistance, passant de 10 à 50% d'opinions favorables, tandis que les modèles en U ou W n'ont plus les faveurs que de 37% des sondés, contre 75% auparavant.

2,10%
Seuil de douleur du taux US à 10 ans
Pour voir une correction de plus de 10% des marchés d'actions, il faudrait que le taux d'intérêt américain à dix ans passe au-delà de 2,10%, selon les investisseurs.

Dans ce contexte, les investisseurs n'ont plus été aussi nombreux depuis 2018 à souhaiter que les entreprises augmentent leurs investissements au lieu de privilégier les achats d'actions propres ou de réduire leur endettement.

Concernant les perspectives du deuxième trimestre, les gestionnaires d'actifs estiment qu'une faible croissance des salaires constituerait l'hypothèse la plus favorable pour les marchés, tandis qu'une déception des bénéfices par action dans le secteur technologique ou parmi les valeurs cycliques représenterait le plus grand risque pour ceux-ci.

Bulle du bitcoin

En outre, les investisseurs pensent que pour assister à une correction des actions, c'est-à-dire une chute de plus de 10% des cours de bourse, il faudrait que le taux des obligations gouvernementales américaines arrivant à échéance dans dix ans grimpe à plus de 2,10%. Actuellement, le taux US à dix ans est revenu à 1,67% après avoir culminé à 1,77% le 30 mars, un niveau qui n'avait plus été atteint depuis le 22 janvier 2020. Toujours sur le marché de la dette, six personnes interrogées sur dix s'attendent à voir les taux courts progresser dans les douze prochains mois, ce qui constitue la proportion la plus élevée depuis janvier 2019.

7%
Part des investisseurs craignant une bulle des actions
Seuls 7% des personnes interrogées par BofA estiment qu'il existe une bulle spéculative sur les marchés d'actions.

Malgré leur optimisme, les investisseurs se gardent d'investir à tout prix. Le niveau de liquidités dans leurs portefeuilles a augmenté à 4,1%, contre 3,8% en février.

Aux yeux des gestionnaires d'actifs, les actifs les plus prisés du moment sont les valeurs technologiques, ce qui suggère que cette forte demande pourrait conduire à une surévaluation de ces dernières. À propos de surévaluation, près de trois quarts des sondés estiment que le cours du bitcoin constitue une bulle spéculative, tandis que seuls 7% d'entre eux jugent qu'il existe une bulle sur les marchés d'actions.

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