L'or a rapporté bien plus que les actions belges

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Pour l’investisseur de la zone euro, l’or a rapporté 12,9%. En comparaison, l’indice Bel 20 Net Return n’est monté que de 0,5%.

Il aura fallu être "contrarian" sur le marché de l’or en 2016. Il y a un an, la plupart des prévisionnistes anticipaient une poursuite de la baisse de son prix. Et cela, malgré le fait que l’once d’or avait déjà abandonné près de 50% de sa valeur entre septembre 2011 et la fin 2015.

La hausse des cours de l’once apparue dès les premiers jours de cette année a du coup constitué une belle surprise pour les férus de ce métal précieux. D’autant qu’elle est allée en s’accélérant tout au long de la première partie de l’année. Son point le plus élevé de 2016, c’est quelques jours après le Brexit que l’once de ce métal précieux l’avait atteint, lorsqu’elle était montée jusqu’à 1.366,7 dollars. C’était le 8 juillet.

Surpris par cette ascension, bon nombre de sceptiques jusque-là ont fini par retourner leur veste durant l’été et à se rallier aux arguments des optimistes. Mal leur en a pris. Car les cours ont depuis lors entamé une descente aux enfers qui a laminé près des trois-quarts des gains accumulés plus tôt dans l’année. À 1.157,7 dollars hier, les gains sur l’année s’élèvent à 9,1%.

©L'Echo

Davantage en euro

L’épargnant de la zone euro peut malgré tout se frotter les mains. Il a indéniablement réalisé une meilleure affaire qu’un investisseur habituellement actif dans la devise de l’Oncle Sam. Le prix de l’once d’or dans la monnaie européenne est passé de 977 euros il y a douze mois, à 1.096 euros. Ce qui représente un gain de 12,9%, largement supérieur à celui réalisé par l’indice Bel 20 Net Return. Cet indice, qui tient compte des dividendes payés par les entreprises, n’affiche qu’un maigrichon bilan de 0,3%.

Comme quoi, même si elle n’offre pas de rendement annuel, comme se plaisent à le répéter ses détracteurs, l’once d’or peut combler ses détenteurs. En 2015, son prix avait cédé 0,4% en euro et 10% en dollar.

+12,9%
En raison de la baisse de l’euro face au dollar, une once d’or (31,1 grammes) est 12,9% plus chère qu’il y a un an. Son prix est passé de 977 euros à 1.103 euros.

À titre de protection…

La belle performance de l’once d’or cette année s’explique par le recul de l’euro sur les marchés des changes mondiaux, en particulier contre le dollar, en raison du recours par la Banque centrale européenne à la planche à billets. Celle-ci fonctionne à plein régime depuis mars 2015 et est censée tourner jusqu’à la fin de 2017, à un rythme certes moins soutenu dès le mois d’avril. L’or a donc bel et bien tenu son rôle de protection contre les variations de changes négatives.

Cela dit, il est bon de rappeler que l’or constitue avant tout un investissement de long terme. Son prix a généralement tendance dans ce cas de figure à surperformer ceux de la plupart des autres actifs financiers. Un exemple: tandis que l’indice Stoxx 600 Return n’est monté que de 60% depuis 2000, le cours de l’or a lui progressé de 295%!

…et d’assurance

Il est vrai qu’outre l’intérêt soutenu de la Chine pour ce métal, cette période a été traversée par deux crises importantes. Celle qui a touché le monde de la finance en 2008 et celle des dettes souveraines de la zone euro en 2011. C’est souvent la raison pour laquelle certains gestionnaires d’actifs suggèrent toujours d’allouer une petite part de son portefeuille (5 à 10%) au métal jaune à titre d’"assurance".

On ne peut manquer d’observer que ce dernier aspect a aussi contribué à la bonne tenue de l’or en 2016. Il est frappant de constater que le point le plus élevé atteint par les cours de l’or ces douze derniers mois – en juillet donc –, a coïncidé avec le niveau le plus bas de l’indice Stoxx 600 des valeurs bancaires. Ce dernier accusait à ce moment-là une chute de 30% depuis janvier! Lorsqu’il s’est mis à se redresser dans la seconde partie de l’année, les prix de l’or se sont mis alors à refluer.

La perspective d’une hausse des taux directeurs de la Fed en décembre et le fort engouement manifesté par les investisseurs pour les actions après l’élection de Donald Trump ont aussi eu raison de l’intérêt des investisseurs pour le métal jaune.

L’once d’or pourrait cependant n’avoir pas dit son dernier mot et "remonter jusqu’à 1.300 dollars d’ici la fin 2017 et à 1.400 dollars en 2018", estiment les analystes de Commerzbank. "Les nombreux facteurs d’incertitude qui persistent devraient alimenter un regain d’aversion au risque à tout moment", prévoient-ils.

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