L'or brille un peu moins, les marchés résistent

Le S&P 500 a frôlé son record atteint le 19 février. ©AFP

L'or a reculé après son record atteint la semaine précédente. Les marchés d'actions ont hésité face au blocage sur le nouveau plan d'aide aux Américains.

Les marchés d'actions ont connu une semaine marquée par des incertitudes, alors que les Etats-Unis ont tenu en haleine les investisseurs sur un possible accord entre les parlementaires pour un nouveau plan de relance. Les négociations entre la Maison-Blanche et les parlementaires démocrates sont restées au point mort, chaque camp accusant l'autre de bloquer la situation. L'accélération de l'épidémie de Covid -19, notamment en Australie et en Allemagne, n'a par contre pas inquiété les investisseurs. Les Bourses ont toutefois réussi à enregistrer une belle hausse sur la semaine écoulée. Le S&P 500 a frôlé son record absolu à 3.393,52 points, qui date du 19 février, soit avant la crise sanitaire. Le Stoxx 600 a gagné 2,47% et le Bel 20 3,2%. "Il semble que les marchés aient été en mode verre à moitié plein au cours des dernières sessions", a déclaré Jane Foley, responsable de la stratégie chez Rabobank à Londres.

Aux Etats-Unis, Tesla a marqué la séance mercredi en annonçant la division par cinq du prix de l'action pour la rendre plus accessible à ses employés et aux investisseurs particuliers. Le changement s'effectuera après la clôture le 28 août. Le titre, devenu l'un des plus chers de Wall Street, a bondi de plus de 200% depuis le début d'année.

"Il semble que les marchés aient été en mode verre à moitié plein au cours des dernières sessions."
Jane Foley
Responsable de la stratégie chez Rabobank

Du côté de l'or, après le record de 2.075,47 dollars touché la semaine précédente, l'enthousiasme pour le métal jaune s'est tassé. La hausse des rendements obligataires américains a contribué à déclencher une vente massive de l'or mardi et mercredi, avant un rebond jeudi. "Les montagnes russes de l'or sont loin d'être terminées, car les rendements obligataires resteront probablement volatils pendant le reste de l'été", a déclaré Edward Moya, analyste chez Oanda Corp. "La baisse de l'or en dessous de 1.900 dollars a provoqué un accès de faiblesse sur le métal", a observé Michael McCarthy, responsable de la stratégie chez CMC Markets. "Les perspectives pour le cours de l'or restent positives dans un environnement de taux d'intérêt plus bas, en particulier avec l'affaiblissement du dollar", ajoute-t-il.

Un dollar encore faible

Le blocage sur le nouveau plan d'aide aux Américains a provoqué une nouvelle baisse du dollar face aux autres devises. "Le coronavirus continue de jeter une ombre sur les perspectives de reprise de l'économie américaine, et l'esprit partisan empêchant un accord entre démocrates et républicains n'aide pas", a souligné Ricardo Evangelista, analyste chez ActivTrades. "Sans un plan de relance, il est peu probable que l'économie américaine se remette rapidement sur pied, et c'est la principale raison de la récente faiblesse du dollar", a-t-il expliqué.

"Les perspectives pour le cours de l'or restent positives dans un environnement de taux d'intérêt plus bas, en particulier avec l'affaiblissement du dollar."
Michael McCarthy
Responsable de la stratégie chez CMC Markets

De plus, le dollar avait également vu sa baisse s'accentuer mercredi "après que les données sur l'inflation américaine ont montré que les prix ont augmenté beaucoup plus que prévu en juillet", a souligné Thu Lan Nguyen, analyste pour Commerzbank.
Les prix à la consommation aux États-Unis ont augmenté de 0,6% en juillet, comme en juin, tandis que les analystes tablaient sur +0,3%.
En théorie, une inflation plus élevée que prévu bénéficie à la devise concernée car elle accroît les chances de hausse des taux d'intérêt directeur.
Mais comme le souligne Thu Lan Nguyen, dans le contexte actuel, avec la pandémie, la politique monétaire n'est plus vraiment corrélée à l'inflation et ne devrait pas se normaliser avant un moment. "Cependant, si l'inflation progresse, cela veut dire que les rendements réels (c'est-à-dire en enlevant la hausse des prix, NDLR) des obligations américaines vont baisser, ce qui est tout sauf positif pour le dollar", a-t-elle expliqué. L'euro a pris 0,25% à 1,182 USD cette semaine.

Un pétrole revigoré

Du côté des prix du pétrole, la semaine a été marquée par une remontée des cours. Le baril de brut et celui de Brent sont revenus à leur plus haut de mars suite à un rapport montrant une forte baisse des réserves de brut aux États-Unis.

Selon le rapport hebdomadaire de l'Agence américaine d'Information sur l'Énergie (EIA), les réserves de pétrole brut aux États-Unis ont reculé plus fortement que prévu la semaine dernière, de 4,5 millions de barils, après avoir déjà chuté de 18 millions les deux semaines précédentes.
"Les chiffres confirment que la demande de carburant revient malgré la pandémie en cours", a indiqué Fiona Cincotta, analyste de City Index. Le baril de Brent a pris 1,71% sur la semaine , à 45,16 USD. "La baisse surprise des stocks de pétrole aux États-Unis la semaine dernière est encourageante, mais insuffisante pour aiguiser l'appétit des investisseurs au-delà de ce niveau de prix", a tempéré Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote Bank.

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