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L'or et le haut rendement en guise de pare-chocs

Les taux planchers qu’ont atteints les obligations d’État envoient un message clair. Selon Arthur Van Slooten, stratège Global Asset Allocation, les craintes d’un retour en récession expliquent ce mouvement sur les marchés. Il exclut toutefois de voir se concrétiser pareil scénario. Mais les valorisations des obligations d’État devenues chères le pousse à recommander une prise de risque supplémentaire, du côté du haut rendement. Pour autant, il conseille de conserver de l’or dans son portefeuille.

Que signifie la faiblesse des rendements des emprunts d’État?

Les taux bas indiquent une crainte d’un retour en récession de l’économie. On sent qu’il est difficile d’être massivement surpondéré dans un portefeuille actions. Bon nombre d’investisseurs se font désormais concurrence sur les obligations. Derrière ce message se cachent plusieurs éléments. Nous avons construit un indicateur cet été à partir des différents articles de presse, pour tenter de déterminer le contexte, d’apprécier le sentiment général des investisseurs.

Et nous constations que depuis janvier 2009, jusqu’à ce mois de septembre, la thématique d’un "double dip" de l’économie (ndlr: rechute en récession) a beaucoup été jouée sur les marchés. Quand les gens ont peur d’un tel scénario, ils se retrouvent dans les obligations. Ce n’est donc pas étonnant que les taux d’intérêt ont encore chuté davantage. Mais le problème avec les emprunts d’État réside désormais dans leur valorisation excessive. Nous excluons toutefois un scénario de krach obligataire. Pour cela, il faudrait un "mispricing" et une grève des investisseurs. Or, les grands portefeuilles dépendent des obligations pour couvrir leurs risques à long terme.

Dans ce contexte où règne la crainte sur les marchés, vous recommandez toutefois de rechercher le haut rendement. Pourquoi?

Du côté du crédit à haut rendement, ceci s’avère pertinent car beaucoup d’investisseurs institutionnels, c’est-à-dire les fonds de pension et les assureurs, ont un besoin très pressant de trouver un rendement plus important sur les obligations. Et ceci est possible sur d’autres classes d’actifs.

Le crédit, mais aussi les actions à haut rendement, sont intéressants. Ce sous-segment a offert une bonne performance depuis le début de l’année.

Par contre, vous avez sous-pondéré les actifs libellés en dollars. Comment expliquez-vous cette prudence?

Un élément frappant sur les marchés: les nouvelles mesures de soutien que pourrait prendre la Réserve fédérale américaine (Fed). Les marchés ont réagi à cette annonce et parient sur une probabilité plus rapprochée de telles mesures.

La Fed joue sa crédibilité avec ce "quantitative easing" (ndlr: assouplissement, quantitatif), surtout si le montant est trop élevé. De telles mesures sont presque logiques, mais les marchés l’ont mal pris, contrairement au premier "qantitative easing" de la Fed. Ici le contexte est différent.

On peut craindre qu’il y ait une officialisation des craintes que la croissance ne sera pas suffisante pour sortir du creux de la conjoncture. Le premier mouvement de la Fed avait combiné une politique budgétaire et monétaire. Ici, cette possibilité est réduite. Tout ceci a un impact sur le dollar.

Quelles conséquences auront ces nouvelles mesures?

Il faut voir l’efficacité de la politique monétaire de la Fed dans le contexte actuel.

Lorsqu’il n’y a pas de demande pour absorber cette liquidité, l’efficacité de cette politique est réduite. Mais lorsque trop de liquidité est absorbée, cela crée de l’inflation. Si je me fie à l’indicateur que nous avons créé sur base des articles de presse, on voit que le scénario de déflation prévaut toujours. Certes, on s’éloigne du pic atteint en 2009 mais les derniers mouvements n’affichent pas une baisse de ce scénario.

Le dollar a donc perdu de son statut de valeur refuge?

Le dollar a toujours eu cet aspect de monnaie refuge. Lorsque les choses vont mal, il s’apprécie. Mais cette fois -ci, la réaction des marchés a été différente. On s’aperçoit que l’annonce d’une possibilité d’un deuxième "quantitative easing" peut nuire à la crédibilité de la Fed. Si ces mesures ne sont pas efficaces, cela peut peser sur le dollar.

Dans ce contexte, l’or reste à privilégier?

Typiquement, les matières premières sont très liées à la conjoncture. Mais l’or dispose d’un statut spécifique au sein de cette classe d’actifs. Le métal jaune se traite actuellement bien au-dessus de son prix d’équilibre sur le long terme. Tant que la tendance des investisseurs à ne pas prendre de risque persiste, l’or garde sa valeur sur le long terme. Si les mesures de masse monétaires, pour une raison non identifiée, conduisent à une inflation, l’or conserve une valeur protectrice. Et le marché reste dans ce contexte-là. Il faut en rester conscient.

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