L'or privilégié aux actions

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L’or, et dans la foulée, les actions des mines d’or ont une nouvelle fois été les grands gagnants en février sur les marchés financiers. Les actions reculent de leur côté pour le 3e mois d’affilée.

L’or dans tout son éclat. Après une hausse de 5,4% en janvier, l’once d’or (environ 33 grammes) a encore gagné 10,2% au cours des 4 dernières semaines pour atteindre 1.232,8 dollars. L’once avait atteint le 11 février un plus haut point depuis un an, en étant montée jusqu’à 1.246,7 dollars. En raison de la petite progression de l’euro face au dollar (+0,33% à 1,087 dollar), le gain réalisé par le métal jaune converti en euros revient à 9,86% pour un investisseur européen (à 1.134,4 euros).

Parmi les principaux bénéficiaires de l’ascension de l’or, les actions des producteurs d’or ont poursuivi leur fulgurante ascension. Sur le seul mois de février, l’indice JSE Gold de la Bourse de Johannesbourg a bondi de 46%! Il porte à 176% son rebond depuis l’été 2015.

L’or va-t-il poursuivre sur cette voie haussière? Ils sont de plus en plus nombreux, les prévisionnistes, à le penser. Parmi eux, les analystes techniques Michael Riesner et Marc Müller, de la banque suisse UBS, indiquaient il y a une dizaine de jours à Bloomberg estimer que le métal précieux ne se trouve qu’au début d’un marché haussier. "Celui-ci devrait durer plusieurs années", disaient-ils, ajoutant qu’"un franchissement du seuil des 1.250 dollars implique un nouvel objectif de 1.350 dollars, qui pourrait être atteint au cours de l’été".

Rebond du yen

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Tout aussi inattendu dans la mesure où la Banque du Japon entend amplifier sa politique monétaire ultra-accommodante, c’est la devise japonaise qu’il eût fallu "jouer" sur les autres marchés. Celle-ci a grimpé face à l’euro (+ 6,7%) et au dollar (+ 7,2%). Conséquence: les investisseurs se sont retirés en masse des actions japonaises.

L’indice Nikkei 225 signe de ce fait une des plus piteuses performances mensuelles mondiales. Il a plongé de 8,51% à 16.026,076 points. Par ailleurs, le rendement de la dette publique nippone à 10 ans est pour la première fois tombé en territoire négatif (-0,07%).

L’Ifo déprime le Stoxx 600

En Europe, la volatilité a encore dominé les séances. Toutefois, après être tombés à un creux le 11 février, au plus fort des doutes sur la question de la solidité financière de Deutsche Bank , les indices ont amorcé une remontée. Le Stoxx 600, qui avait glissé jusqu’à 302,59 points, a réussi à finir le mois à 333,94 points. Soit en baisse de 2,44%. L’indice enregistre ainsi son 3e mois de repli de suite, à l’issue desquels il perd un peu plus de 14%.

En pleine saison des annonces de résultats pour 2015, la Bourse de Bruxelles n’a pour autant pas échappé aux coups de blues des investisseurs. Une belle poignée de valeurs ont néanmoins réussi à y échapper. Parmi elles, Tessenderlo s’est envolée de 27,6%, suivie d’Umicore (+23,4%) et d’IBA (+20,3%), ces deux dernières ayant publié des chiffres qui ont plu. D’autres actions se sont mises en exergue. En particulier D’Ieteren , Solvay, Bekaert et Celyad qui ont pris plus de 10%. À l’inverse, MDXHealth (-21,2%) Fagron (-19,1%), Galapagos (-16%), Euronav (-14%), UCB (-12,9) et AB InBev (-10,6%) comptent parmi les plus décevantes performances. Ontex, qui devrait récupérer la place de D’Ieteren dans le Bel 20 en mars, a cédé 4,87%.M.C.

Il est bien sûr beaucoup trop tôt pour prévoir que le bilan du Stoxx 600 sera décevant au terme de 2016. Reste que les espoirs de le voir autrement se réduisent, alors que les analystes suivis par Bloomberg ne tablent plus que sur une croissance de 2,87% en moyenne des bénéfices des sociétés du Stoxx 600 pour cette année. Un pourcentage insuffisant pour rendre les marchés d’actions plus séduisants.

Autre élément défavorable: la composante de l’indice Ifo, qui mesure les attentes des patrons pour les 6 prochains mois en Allemagne, vient de tomber à son point le plus bas depuis décembre 2012. Les patrons de la première économie en Europe n’ont pas vraiment le moral pour les prochains. On voit mal comment les investisseurs pourraient, eux, l’avoir.

Banques délaissées

Dans ce contexte, les principaux indices nationaux ont quasi tous perdu du terrain. Et les pertes sont d’autant plus importantes pour certains que leur sensibilité aux secteurs bancaire et des utilities est élevée. Ainsi, le MIB 30 italien a lâché 5,58%, l’IBEX 35 espagnol 4,02% et le DAX 30 de Francfort 3,09%. À Bruxelles, le Bel 20 a reculé de 3,28% à 3.371,82 points.

Parmi les 19 sous-groupes sectoriels du Stoxx 600, ceux des ressources de base (+ 16,7%), des compagnies aériennes (+ 2,2%) et des sociétés pétrolières (+1%)ont été les seuls à gagner du terrain. À l’inverse, ceux des assureurs (-6,4%), des utilities (-5,2%) et des banques (-5,1%) ont signé les plus médiocres prestations.

Le risque d’un "Brexit" n’a pas tourmenté plus que cela la Bourse de Londres. Le FT 100 a gagné 0,22%. Ces craintes sont apparues par contre plus clairement sur les marchés des changes, où la livre sterling a perdu 3,2% contre l’euro et 2,7% contre le dollar.

Rassurée par la remontée, ces derniers jours, des prix du pétrole après 3 mois de repli (-35%), ainsi que la stabilité de la devise chinoise (+ 0,3%) face au dollar, Wall Street enregistre un bilan positif. Son indice S&P 500 a récupéré 0,8%. Avant une amélioration attendue au 2e semestre, la croissance des bénéfices des entreprises du S&P 500 devrait encore être négative dans les prochains mois.

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