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La baisse de l'inflation ne rendra pas la BCE plus souple

Christine Lagarde a déclaré ce jeudi que les taux d'intérêt directeurs de la BCE approchaient de leur "altitude de croisière". ©REUTERS

La hausse des prix a décéléré davantage qu'anticipé en mai en zone euro. La BCE juge toutefois que l'inflation est encore trop élevée. Elle restera donc ferme.

Nouveau ralentissement de la hausse des prix. En mai, l'inflation de base est tombée à 6,1% en zone euro, contre 7% en avril, a annoncé, ce jeudi, Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne. C'est inférieur aux prévisions des économistes sondés par l'agence Bloomberg, qui tablaient, en moyenne, sur 6,3%. Il s'agit du septième mois de baisse d'affilée de l'inflation en zone euro.

"Nous approchons de notre altitude de croisière. Ça signifie que nous devons monter de manière plus graduelle."

Christine Lagarde
Présidente de la BCE
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Il n'en va pas de même pour l'inflation sous-jacente, qui fait abstraction des prix de l'énergie, des aliments, de l'alcool et du tabac. Celle-ci n'a commencé à baisser qu'en avril. Et en mai, elle a de nouveau reculé: elle s'est établie à 5,3%, selon les données d'eurostat, contre 5,6% le mois précédent. C'est, ici aussi, plus bas que la prévision moyenne des économistes, à savoir 5,5%.

Ces données sont cruciales pour l'évolution à venir de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE). Début mai, l'institut monétaire avait procédé à la septième hausse de son cycle de resserrement monétaire, portant le taux de sa facilité de dépôt à 3,25%, son niveau le plus élevé depuis l'automne 2008, à l'époque de la crise financière.

"Territoire restrictif"

Ce jeudi, Olli Rehn, gouverneur de la Banque de Finlande, a indiqué que la BCE devrait maintenir une politique monétaire ferme à l'avenir. "Nous avons récemment atteint un niveau auquel les taux sont en territoire restrictif", a-t-il déclaré dans un discours prononcé à Tokyo. "À mon avis, il est essentiel que nous voyions une diminution continue et durable de l'inflation sous-jacente avant que nous ne commencions à envisager d'assouplir à nouveau la politique monétaire."

"Nous devons continuer notre resserrement jusqu'à être assurés que l'inflation est sur la voie d'un retour à notre objectif."

Christine Lagarde
Présidente de la BCE

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, s'est également exprimée ce jeudi en prononçant un discours à Hanovre. "Songez à un avion qui grimpe à son altitude de croisière: nous approchons à présent de notre altitude de croisière", a-t-elle indiqué en référence au niveau des taux directeurs de la zone euro. "Cela signifie que nous devons monter de manière plus graduelle, en utilisant la vitesse que nous avons déjà accumulée auparavant."

Début mai, la BCE avait relevé ses taux de 25 points de base (0,25 point de pourcentage), contre des hausses de 50 points de base lors des trois réunions de politique monétaire précédentes. Ces propos de Christine Lagarde semblent exclure un retour à un rythme plus soutenu. Mais la présidente de la BCE indique aussi clairement qu'une pause n'est pas à l'ordre du jour: "Nous devons continuer notre cycle de resserrement jusqu'à ce que nous soyons suffisamment assurés que l'inflation est sur la voie d'un retour à notre objectif en temps voulu. Nous continuerons à aller de l'avant, avec détermination et persévérance, jusqu'à ce que nous voyions l'inflation revenir à notre objectif à moyen terme de 2%."

Luis de Guindos, le vice-président de la BCE, a confirmé, dans une interview à une radio espagnole, que le resserrement monétaire n'était pas terminé. "Une grande partie du parcours est faite mais il reste encore la dernière ligne droite", a-t-il dit.

Compte rendu de la réunion de la BCE

Concernant l'évolution future des taux directeurs, Klaas Knot, le président de la Banque néerlandaise, a assuré, lors d'une allocution à Bruxelles jeudi, qu'une baisse de taux n'interviendrait pas aussi vite qu'espéré par les investisseurs. "Les marchés financiers intègrent déjà une baisse des taux d'intérêt pour l'année prochaine; s'ils doivent revenir sur cette anticipation, ce qui n'est pas improbable, cela pourrait conduire à de nouvelles corrections." Selon le banquier central néerlandais, les taux directeurs devraient rester élevés pour une durée "significative".

"Concernant l'inflation sous-jacente, les derniers développements ont été globalement considérés comme préoccupants."

Compte rendu de la réunion de la BCE

Ces déclarations de membres de la BCE confirment les propos qui ont été tenus lors de la dernière décision de politique monétaire de l'institution, le 4 mai, montre le compte rendu de cette réunion, publié jeudi. "Des membres (du conseil des gouverneurs, organe décisionnel de la BCE, NDLR) ont souligné que, bien que l'inflation ait diminué de manière substantielle depuis son sommet, les perspectives d'inflation restaient toujours trop élevées, pour trop longtemps", révèle le compte rendu.

C'est principalement l'inflation sous-jacente qui inquiète les banquiers centraux européens. "Concernant la situation de l'inflation sous-jacente, les derniers développements ont été globalement considérés comme préoccupants", indique le compte rendu. Tout semble donc indiquer que la BCE procédera à une nouvelle hausse de 25 points de base de ses taux à l'issue de sa prochaine réunion, le 15 juin.

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