La baril d'or noir en route vers les 100 dollars

Les prix du pétrole sont montés à leurs plus hauts niveaux depuis plus de deux ans. Ils ont franchi le seuil des 90 dollars à New York pour la première fois depuis octobre 2008.

Le cours du pétrole brut connaît une envolée attribuée à un regain d’optimisme sur la situation de l’économie mondiale. Dans un marché stimulé par un nouvel accès de faiblesse du dollar et soutenu par la bonne tenue des places boursières, le cours du pétrole a franchi ce mardi à New York le seuil de 90 dollars, son plus haut niveau depuis deux ans.

Les prix se sont ensuite un peu repliés, mettant fin à une série de quatre séances de progression consécutives. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en janvier a terminé à 88,69 dollars, en recul de 69 cents par rapport à la veille.

"L’époque du pétrole bon marché est derrière nous" a commenté Fatih Birol, économiste en chef de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). En cause, le fossé qui se creuse entre l’offre et la demande mondiale. "La demande de pétrole est en plein essor partout dans le monde au fur et à mesure qu’augmente l’activité économique" explique Conley Turner, senior analyst chez Wall Street Strategies.

Hausse des prix en 2011

Selon le rapport mensuel de l'AIE publié le 12 novembre, la consommation quotidienne moyenne de pétrole en 2010 devrait augmenter de 2,34 millions de barils en 2010, et de 1,19 millions de barils en 2011. De son côté, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), qui contrôle plus de 35% de la production mondiale, a décidé lors de sa réunion d'octobre de maintenir son objectif de production pour l'année 2010.

Du coup, négociants et investisseurs tablent sur une poursuite de la montée du pétrole en 2011. La banque J.P. Morgan prévoit ainsi que le baril dépassera 100 dollars au premier semestre 2011, puis 120 dollars avant la fin 2012. Deutsche Bank a également relevé sa perspective, invoquant une reprise de la demande mondiale et une chute des réserves dans les pays développés. La banque allemande anticipe désormais 87,50 dollars par baril pour 2011, contre 80 dollars auparavant, et maintient son objectif à 100 dollars pour 2015.

Dans l’immédiat, la vague de froid qui traverse une bonne partie de l'Europe et des Etats-Unis continue d'avoir un impact favorable sur le marché, avec une hausse anticipée des besoins de chauffage. Selon les autorités météorologiques américaines, la demande de mazout de chauffage devrait ressortir de 16% supérieure à la normale pour la semaine se terminant le 11 décembre.

A plus long terme, cette hausse du coût du pétrole risque de peser sur l’inflation. Selon les prévisions publiées hier en belgique par le Bureau fédéral du Plan, l'inflation devrait atteindre 2,3% l'année prochaine, après avoir atteint 2,2% cette année.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés