Publicité

La BCE acte l'accélération de l'inflation mais garde le cap

Pour Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, "aucun signe de stagflation à l'horizon". ©EPA

La Banque centrale européenne entrevoit toujours un ralentissement de l'inflation en 2022 même si elle reconnaît que ça prendra un peu plus de temps que prévu.

L'inflation ralentira l'année prochaine mais moins vite qu'attendu. C'est, en substance, le message que la Banque centrale européenne (BCE) a délivré jeudi au terme de la réunion du conseil des gouverneurs, organe décisionnel de l'institution. Sa présidente, Christine Lagarde, a donné peu de détails sur l'évolution à venir de la politique monétaire. Les décisions à ce sujet seront prises en décembre.

"Notre analyse de la temporalité de l'inflation est correcte et conduira à une baisse dans le courant de 2022. Certes, cela va prendre un peu plus de temps que ce que nous avions prévu."
Christine Lagarde
Présidente de la BCE

En attendant, "nous avons parlé inflation, inflation et encore inflation", a confié Christine Lagarde lors de sa traditionnelle conférence de presse. La hausse des prix constitue la principale source de préoccupation des investisseurs actuellement. Elle a atteint 3,4% en zone euro le mois dernier et devrait monter à 3,7%, selon l'estimation moyenne des économistes. Le chiffre officiel sera dévoilé vendredi.

La BCE a acté cette accélération. "L'inflation augmente, principalement à cause de la hausse des prix de l'énergie mais aussi parce que la reprise de la demande dépasse une offre sous pression", constatent les banquiers centraux de la zone euro dans leur communiqué officiel. "Nous prévoyons que l'inflation continuera à grimper à court terme mais diminuera ensuite dans le courant de l'année prochaine."

Les trois causes de l'inflation

Christine Lagarde s'est montrée plus précise à ce sujet: "Nous sommes confiants: cette analyse de la temporalité (de l'inflation, ndlr) est correcte et conduira à une baisse dans le courant de 2022. Certes, cela va prendre un peu plus de temps que ce que nous avions prévu." La présidente de la BCE a développé les raisons qui poussent l'institut monétaire à maintenir son scénario d'une inflation transitoire.

2%
Objectif pas atteint
La BCE persiste à penser que l'inflation sera inférieure à l'objectif de 2% à son horizon de projection.

Pour rappel, ce scénario comporte trois chapitres: premièrement, la hausse des prix va continuer à accélérer jusqu'à la fin de cette année; ensuite, elle va ralentir progressivement l'an prochain; enfin, elle est attendue inférieure à l'objectif de 2% à l'horizon de projection de la BCE, ce qui justifie le maintien des mesures exceptionnelles de soutien à l'économie.

Christine Lagarde a souligné que la hausse de l'inflation était due à trois principaux facteurs: premièrement, la reprise après la crise sanitaire qui provoque des problèmes d'approvisionnement; deuxièmement, la montée des prix de l'énergie, elle-même due à plusieurs éléments, tels qu'une baisse des stocks, une demande soutenue en Chine ou encore une offre sous pression en Russie; troisièmement, des effets de base, qu'il s'agisse de la comparaison avec les prix énergétiques déprimés de 2020 ou encore de la conséquence de la modification de la TVA (taxe sur la valeur ajoutée) en Allemagne.

Fin des achats de crise en mars

Selon Madame Lagarde, tous ces facteurs "vont diminuer graduellement dans le courant de 2022". Autrement dit, l'offre et la demande devraient finir par se réajuster, les prix de l'énergie devraient se stabiliser voire diminuer et les effets de base devraient disparaître puisque, par définition, la période de comparaison avec les prix de l'année précédente aura changé. C'est pourquoi la BCE table toujours sur un recul ultérieur de l'inflation, même s'il prend plus longtemps qu'anticipé.

"On ne voit aucun signe de stagflation à l'horizon."
Christine Lagarde
Présidente de la BCE

L'institution européenne a donc logiquement maintenu sa politique monétaire, comme attendu par tous les économistes. Concernant l'avenir des achats d'actifs destinés à contrer la crise économique due à la pandémie, Christine Lagarde a indiqué qu'elle avait "toutes les raisons de penser que le programme d'achats d'urgence pandémique prendrait fin en mars 2022". Elle a souligné que la BCE pouvait faire preuve de "la flexibilité nécessaire" à cet égard.

Interrogée sur le risque d'une stagflation, c'est-à-dire une stagnation économique combinée à une inflation élevée, la présidente de la BCE a botté en touche: "On ne voit aucun signe de stagnation (de l'économie, ndlr) à l'horizon." Au sujet des anticipations des marchés qui tablent sur une hausse du taux de la facilité de dépôt dès 2022, Madame Lagarde a indiqué que l'analyse de la BCE n'accréditait pas le scénario d'un tel resserrement monétaire.

Le résumé

  • La Banque centrale européenne (BCE) reconnaît que l'inflation accélère.
  • Mais elle maintient son scénario d'un ralentissement en 2022, même si celui-ci prendra plus de temps que prévu.
  • Les trois facteurs qui soutiennent l'inflation devraient tous disparaître l'année prochaine, selon la BCE.
  • La politique monétaire reste inchangée mais les achats en temps de crise devraient prendre fin en mars.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés