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La BCE ancre sa politique monétaire dans le 21e siècle

Cette nouvelle stratégie "reconnaît que la politique monétaire ne peut ni ne doit tenter d'ajuster avec précision les évolutions à court terme de l'inflation", a expliqué la présidente de la BCE Christine Lagarde. ©REUTERS

Plus d'un an après avoir lancé sa revue stratégique, la BCE a décidé de se fixer un nouvel objectif d'inflation. Elle entend aussi agir dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Une page se tourne dans l'histoire de la politique monétaire. Après la Réserve fédérale américaine (Fed) en août 2020, c'est au tour de la Banque centrale européenne (BCE) de reformuler son objectif en termes de stabilité des prix. Elle vise désormais une inflation de 2% à moyen terme.

"Cet objectif quantitatif spécifique est clair, facile à communiquer et constitue un point d'ancrage solide pour les anticipations d'inflation. Ce qui est essentiel pour maintenir la stabilité des prix."
Christine Largarde
Présidente de la BCE

"Cet objectif quantitatif spécifique est clair, facile à communiquer et constitue un point d'ancrage solide pour les anticipations d'inflation. Ce qui est essentiel pour maintenir la stabilité des prix", s'est réjouit la présidente de la BCE, Christine Lagarde, lors d'une conférence de presse. "Il remplace la formulation précédente 'inférieure à, mais proche de 2 %', qui était largement considérée comme trop élaborée et suscitant parfois des perceptions erronées sur les aspirations du Conseil des gouverneurs. La nouvelle formulation lève toute ambiguïté possible et exprime résolument que 2 % n'est pas un plafond."

Dans son communiqué, l'institution monétaire précise que cet objectif d'inflation est symétrique. Ce qui signifie que tout écart négatif ou positif sera considéré comme indésirable. Ainsi, si les taux d'intérêt nominaux restent à un niveau plancher tout au long d'un cycle économique, comme c'est le cas actuellement, la BCE se dit prête à mettre en place une politique monétaire "vigoureuse et ancrée dans la durée" pour soutenir la hausse des prix. "Cela peut aussi se traduire par une période intermédiaire d’inflation légèrement au-dessus de l’objectif."

Des outils devenus conventionnels

Cette nouvelle stratégie "reconnaît que la politique monétaire ne peut ni ne doit tenter d'ajuster avec précision les évolutions à court terme de l'inflation", souligne Christine Lagarde. La "boîte à outils" de la BCE a été actualisée pour l'occasion. Certes, ses taux directeurs restent son principal instrument. Mais elle inclut désormais d'autres outils, jugés non conventionnels auparavant, comme son programme d'assouplissement quantitatif (QE) ou les prêts ciblés à long terme pour les banques (TLTRO).

Au final, la banque centrale entend toujours suivre l'évolution de la stabilité des prix via l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH). Il était question, lors de débats internes, d'y inclure les coûts des logements occupés par leur propriétaire. Mais la BCE reconnaît que cela prendra "plusieurs années" à l'Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne, pour revoir ses calculs.

Revoir la conférence de presse de Christine Lagarde (BCE)

Un plan d'action contre le changement climatique

Autre grand changement annoncé ce jeudi: la problématique du changement climatique va être davantage pris en compte dans la politique monétaire de la BCE. Un plan d'action sera mis en place dès cette année.

"Le changement climatique et la transition vers une économie plus durable affectent les perspectives de stabilité des prix par leur impact sur les indicateurs macroéconomiques tels que l'inflation, la production, l'emploi, les taux d'intérêt, l'investissement et la productivité, la stabilité financière et la transmission de la politique monétaire."
Banque centrale européenne (BCE)

"Le changement climatique et la transition vers une économie plus durable affectent les perspectives de stabilité des prix par leur impact sur les indicateurs macroéconomiques tels que l'inflation, la production, l'emploi, les taux d'intérêt, l'investissement et la productivité, la stabilité financière et la transmission de la politique monétaire", lit-on dans un second communiqué.

Concrètement, la BCE va développer de nouveaux indicateurs pour surveiller les implications du changement climatique pour l'économie et le système financier en zone euro. Des tests de résistance ("stress tests") sont prévus pour 2022.

Cela va également impacter ses programmes d'achats d'actifs. Pour mémoire, la banque centrale se préoccupait peu de quelle société était derrière les obligations achetées. Mais elle privilégiera désormais les émetteurs qui respectent l'accord de Paris sur le climat.

Le résumé

  • Suite à sa revue stratégique lancée début 2020, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de reformuler son objectif en termes de stabilité des prix. Elle vise désormais une inflation de 2% à moyen terme.
  • Cet objectif d'inflation est symétrique. Ce qui signifie que tout écart négatif ou positif sera considéré comme indésirable.
  • La "boîte à outils" de la BCE inclut désormais d'autres instruments, jugés non conventionnels auparavant, comme son programme d'assouplissement quantitatif (QE) ou les prêts ciblés à long terme pour les banques (TLTRO).
  • Autre grand changement annoncé ce jeudi: la problématique du changement climatique va être davantage pris en compte dans la politique monétaire de la BCE.

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