Les tensions dans la zone euro tiennent les investisseurs en haleine

Une réponse commune des Etats européens à la crise est "hautement souhaitable", a déclaré Christine Lagarde vendredi. ©REUTERS

Les investisseurs craignent que l'Italie tombe en catégorie spéculative, ce qui risquerait de faire monter ses taux d'intérêt. Par ailleurs, la décision de Karlsruhe reste au cœur de l'attention.

Un petit parfum de crise de la zone euro flotte dans l'air. Après la décision du tribunal constitutionnel de Karlsruhe mardi, qui laissait planer une menace sur les achats d'actifs de la Banque centrale européenne (BCE), les regards des investisseurs se tournaient, vendredi, vers l'Italie, dans l'attente d'une décision des agences de notation Moody's Investors Service et DBRS Morningstar au sujet de la note du pays.

11/20
La cote de l'Italie chez Moody's
Chez Moody's, la note italienne est évaluée à "Baa3", l'équivalent d'une cote de 11 sur 20. Si elle tombait à 10/20 (Ba1 chez Moody's), elle se retrouverait en catégorie spéculative.

Les investisseurs craignent que l'agence Moody's rétrograde la dette italienne dans la catégorie spéculative. Compte tenu de la santé financière fragile de l'Italie, confrontée à une dette élevée et une économie qui souffre de la crise économique, les agences d'évaluation financière attribuent une note plutôt sévère à Rome.

Chez Standard & Poor's Global Ratings, l'Italie est créditée d'une note "BBB", l'équivalent d'une cote de 12/20. Le 28 avril, Fitch Ratings a abaissé sa note à "BBB-" (11/20). Chez Moody's, la note italienne est déjà à "Baa3" (11/20) et est en cours de révision. Une décision était attendue vendredi soir.

Risque de spirale

Si la note de l'Italie tombe à 10/20 (Ba1 chez Moody's), elle ne sera plus considérée comme un investissement de qualité mais bien un actif "spéculatif". Cela a des implications pour une série d'acteurs qui détiennent des titres de dette italiens. Certains fonds de gestion s'imposent des règles strictes, comme ne pas détenir de titres spéculatifs.

"Seule la Cour de justice, créée à cette fin par les États membres, est compétente pour constater qu’un acte d’une institution de l’Union est contraire au droit de l’Union."
La Cour de justice de l'Union européenne

Les investisseurs craignent donc qu'en cas de dégradation de l'Italie par Moody's, ces fonds vendent leurs obligations italiennes, ce qui ferait grimper davantage les taux du pays. Le risque est donc que cela enclenche une spirale de vente des titres italiens, ce qui provoquerait une forte tension sur les taux du pays, l'obligeant à payer plus cher pour refinancer sa dette.

Par ailleurs, la décision de Karlsruhe continue à alimenter les commentaires des analystes. Vendredi, dans un communiqué, la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a rappelé le tribunal constitutionnel allemand à l'ordre. Dans cette annonce tout à fait inhabituelle, la haute juridiction souligne que c'est elle seule qui "est compétente pour constater qu’un acte d’une institution de l’Union est contraire au droit de l’Union".

Christine Lagarde, la présidente de la BCE, s'est quant à elle gardée de commenter la décision allemande et a exhorté les dirigeants européens à proposer une réponse commune à la crise. C'est "hautement souhaitable", a-t-elle insisté vendredi. Sur les marchés, ce feuilleton de la zone euro captive l'attention.

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