La BCE baisse ses prévisions de croissance

©Bloomberg

La BCE n'a pas touché à son principal taux directeur aujourd’hui mais pourrait bien avoir posé les bases d’un assouplissement de la politique monétaire dans les prochains mois.

Le principal taux directeur de la Banque centrale européenne est resté inchangé à son niveau historiquement bas de 0,75%. Mais les indicateurs économiques plaident en faveur d’un nouvel assouplissement de la politique monétaire de la BCE. La Banque centrale a également revu à la baisse ses prévisions de croissance en zone euro pour 2013 et 2014 et abaissé sa prévision d'inflation pour 2014. L'institution monétaire s'attend désormais à une contraction du produit intérieur brut (PIB) plus importante cette année, de 0,5% contre un recul de 0,3% prévu jusqu'ici, et table sur une croissance plus limitée en 2014, de 1% contre 1,2%.

Voici les grandes lignes de la conférence de presse:

  • Inflation inchangée 

Les anticipations d'inflation de la zone euro restent fermement ancrées, ce qui est conforme à l'objectif de maintenir un taux d'inflation en deçà mais proche de 2% sur le moyen terme.

La prévision d'inflation en zone euro est inchangée à 1,6% pour 2013. Pour 2014, la prévision porte sur 1,3%, en baisse de 0,1 point de pourcentage.

Globalement, cela permettra à notre politique monétaire de rester accommodante. Les risques pour les perspectives d'évolution des prix restent perçus comme étant globalement équilibrés à moyen terme. 

Les pressions sous-jacentes sur les prix devraient rester maîtrisées, compte tenu d'un environnement d'activité économique faible dans la zone euro.

 

  • Prévisions économiques abaissées

Le conseil des gouverneurs continue de percevoir des risques orientés à la baisse entourant les perspectives économiques de la zone euro.

Le PIB de la zone euro devrait varier de -0,9% à -0,1% en 2013, contre des prévisions qui tablaient en décembre sur une fourchette de -0,9% à +0,3%.
Pour 2014, la marge du PIB portera de 0 à 2%, contre +0,2% à 2,2%.

Une reprise progressive devrait débuter au second semestre. Les ajustements de bilan nécessaires des secteurs public et privé continueront de peser sur l'activité économique.

Dans le courant de 2013, l'activité économique devrait se redresser progressivement, soutenue par un renforcement de la demande mondiale et par notre politique monétaire accommodante. 

 

  • Toujours accommodante

La politique monétaire restera accommodante avec un mode d'allocation des liquidités sans limitation. La BCE surveille très attentivement les conditions du marché monétaire et leur impact potentiel sur la politique monétaire et le fonctionnement de la transmission de notre politique monétaire à l'économie.  

 

  • LTRO et la confiance des marchés

Près de 200 milliards d’euros ont été remboursés. Ces remboursements témoignent d'une confiance qui s'améliore sur les marchés financiers ces derniers mois et d'un fragmentation du marché financier qui va en s'atténuant.  

 

Questions-réponses

Entamant la séance de questions-réponses, Mario Draghi a déclaré au sujet des élections italiennes que les marchés savent très bien qu'on vit en démocratie. Passée une première excitation, dans l'immédiat après-élections, les marchés sont revenus plus ou moins au niveau auquel ils étaient auparavant.  L'ajustement budgétaire italien va se poursuivre en mode de pilotage automatique. De nombreux signes montrent un retour de la confiance envers les marchés financiers de la zone euro.

 

Quant à la baisse des taux, Draghi reconnaît que les gouverneurs ont discuté d'une nouvelle baisse des taux mais que le consensus a penché pour le maintien. Et pour cause, la voie de la reprise n'a grosso modo pas varié et la projection d'inflation est conforme aux objectifs sur le moyen terme.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés