La BCE demande aux épargnants allemands de rester patients

La BCE a annoncé des taux inchangés, comme attendu. L'inflation, en forte hausse en Allemagne (où les épargnants s'impatientent), mais nulle en Italie, n'est due qu'aux produits pétroliers. Draghi ne voit pas de hausse convaincante de l'inflation de fond. Et n'envisage donc pas de hausse de taux.
  • Et pour conclure, le petit rappel toujours bien utile du mandat de la BCE...

  • Une déflation? Quelle déflation?

  • Les principaux extraits de la conférence de presse

    Inflation

    "L'inflation publiée a récemment augmenté en grande partie en raison d'effets de base dans les prix de l'énergie. Mais les pressions inflationnistes sous-jacentes demeurent limitées. Le Conseil des gouverneurs continuera de regarder au-delà des changements de l'infation harmonisée s'ils sont jugés transitoires et sans implication sur les perspectives à moyen terme pour la stabilité des prix.

    "Un degré très important d'accommodation monétaire est nécessaire pour que les pressions inflationnistes au sein de la zone euro augmentent et soutiennent l'inflation publiée sur le moyen terme."
    Mario Draghi

    Croissance et réformes

    "La mise en oeuvre des réformes structurelles doit être considérablement accélérée (...) les politiques budgétaires doivent aussi soutenir la reprise économique tout en restant compatibles avec les règles de la Commission européenne."

    "La croissance économique au sein de la zone euro devrait être freinée par la lenteur du rythme des réformes structurelles."
    Mario Draghi



    Achat d'actifs


    "Si cela est nécessaire pour atteindre ses objectifs, le Conseil des gouverneurs agira en utilisant tous les instruments disponibles dans le cadre de son mandat. En particulier, si les perspectives deviennent moins favorables, ou si les conditions financières deviennent incompatibles avec de nouveaux progrès vers un ajustement durable de la trajectoire d'inflation, nous nous tenons prêts à augmenter notre programme d'achat d'actifs dans son montant et/ou sa durée."

  • "Il faut des taux bas maintenant pour des hausses de taux dans le futur"

    Mario Draghi demande aux épargnants allemands de patienter.

    Si ceux-ci craignent de voir leur épargne fondre davantage puisqu'elle est quasi non rémunérée alors que l'inflation reprend fortement en Allemagne (1,7%), les Allemands ont largement bénéficié des actions de soutien à l'économie de la zone euro, a fait valoir le président de la BCE.

     

    "Il faut des taux bas maintenant pour des hausses de taux dans le futur"
    Mario Draghi
    Président de la BCE

  • L'inflation (hors pétrole) devrait se renforcer graduellement

  • Que dit Draghi?

    ♦ LES CONDITIONS D'EMPRUNT BÉNÉFICIENT DES MESURES DE LA BCE

    ♦ LA BCE CONSERVERA UNE POLITIQUE ACCOMMODANTE À UN DEGRÉ TRÈS SUBSTANTIEL

    ♦ LA BCE EMPLOIERA TOUS LES INSTRUMENTS DANS LE CADRE DE SON MANDAT SI NÉCESSAIRE

    ♦ LES DONNÉES RENVOIENT À UNE CROISSANCE UN PEU PLUS SOUTENUE AU T4 ET LA CROISSANCE DEVRAIT S'ACCENTUER

    ♦ AUCUN SIGNE D'UNE TRAJECTOIRE HAUSSIÈRE CONVAINCANTE POUR L'INFLATION DE FOND

    L'INFLATION SOUS-JACENTE AUGMENTERA SANS DOUTE PLUS PROGRESSIVEMENT À MOYEN TERME

    LES TAUX DE CHANGE NE SONT PAS UN OBJECTIF; CONSENSUS FORT AU SEIN DU G20 POUR S'ABSTENIR DE TOUTE DÉVALUATION COMPÉTITIVE

    ♦ LA BCE PRÊTE À REVOIR SA STRATÉGIE APP SI NÉCESSAIRE

    ♦ PAS DE DISCUSSION SUR LES MODALITÉS D'UNE RÉDUCTION DES APP À PARTIR D'AVRIL

    ♦ UN "TAPERING" N'A PAS ÉTÉ ÉVOQUÉ

    ♦ LES PERSPECTIVES D'INFLATION SUR LES 3 À 6 MOIS À VENIR VONT AU-DELÀ DES ATTENTES; LA QUESTION CLÉ PORTE SUR LES EFFETS DE SECOND TOUR QUI SERONT SURVEILLÉS TRÈS ATTENTIVEMENT

     

    ©Bloomberg

  • Suivez Mario Draghi en direct

    La conférence de presse

  • Mario Draghi prend la parole

  • Le communiqué officiel de la BCE

  • En attendant Mario...

    L'attention est désormais focalisée sur le président de l'institution, Mario Draghi, qui s'exprimera à partir de 14h30 dans le cadre de sa conférence de presse régulière.

    Début décembre, la BCE, qui a pour mandat d'assurer la stabilité des prix en zone euro, s'était inquiétée d'une inflation encore faible, ainsi que des risques politiques liés au Brexit britannique et à l'élection du nouveau président américain Donald Trump.

    M. Draghi sera toutefois très attendu sur les intentions futures de son institution au moment où les prix en zone euro montrent des signes d'accélération et que de plus en plus de voix - notamment en Allemagne - appellent la banque centrale à réduire ses aides à l'économie, s'inquiétant des possibles effets négatifs à long terme d'une politique monétaire très interventionniste.

  • La BCE laisse ses taux directeurs inchangés

    La Banque centrale européenne a laissé inchangés ses taux directeurs, à leur plus bas niveau historique depuis mars 2016, ainsi que son vaste programme de rachats de dettes.

    Comme prévu par les analystes, l'institution monétaire de Francfort a

    ♦ maintenu à zéro son principal taux directeur, qui fait référence pour le crédit en zone euro.

    ♦ Le taux de prêt marginal a quant à lui été laissé à 0,25% et

    le taux de dépôt au jour le jour à -0,4%.

    La BCE, qui avait élargi le mois dernier le "QE", son vaste programme de rachats de dettes lancé en 2015, n'a par ailleurs annoncé aucune nouvelle modification de ce dispositif.

  • Une inflation attendue en forte hausse

    En décembre, les prix à la consommation en zone euro ont bondi de 1,1% sur un an, après un gain de 0,6% en novembre, et ils devraient grimper encore plus fortement ces prochains mois, prévoient les analystes, ce qui est une bonne nouvelle pour la BCE.

    Mais cette progression est surtout due à la seule remontée des cours du pétrole et masque de profondes disparités: si l'inflation a progressé à 1,7% en décembre en Allemagne, elle n'a en revanche montré aucune vigueur en Grèce ou en Italie.

    Une situation qui menace de virer au casse-tête pour la banque centrale, tiraillée entre des appels à en faire davantage et à en faire moins.

  • Incertitudes politiques

    Début décembre, les banquiers centraux s'étaient inquiétés d'une inflation toujours faible, ainsi que des conséquences encore incalculables du Brexit britannique et de l'élection du nouveau président américain Donald Trump, chantre du protectionnisme.

    Dans ce contexte et malgré des perspectives économiques légèrement meilleures, la BCE avait décidé d'étendre son vaste programme de rachat de dettes publiques et privées lancé début 2015, qui prévoyait jusqu'alors d'acquérir pour 80 milliards d'euros de titres tous les mois jusque fin mars.

    Passée cette date, l'institution poursuivra ses rachats jusque fin décembre, au rythme toutefois de 60 milliards d'euros par mois. Un dispositif qui s'ajoute à des taux directeurs à un plus bas historique et à des prêts géants gratuits en faveur des banques.

  • Les épargnants allemands en colère

    En Allemagne notamment, les très faibles taux d'intérêts provoquent la colère des épargnants qui s'affolent de voir leurs placements rapporter de moins en moins. Et le récent bond des prix fait craindre une évaporation pure et simple d'une partie de leurs économies.

    "Les taux bas sont une catastrophe pour les épargnants allemands"
    Markus Söder
    Un ténor de la CSU, l'allié bavarois du parti CDU de la chancelière allemande Angela Merkel

    ©REUTERS

    Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a appelé la BCE à amender sa politique dès cette année.

    De son côté, la banque centrale veut éviter qu'une réduction prématurée de ses aides ne vienne gripper la reprise en zone euro, au moment où plusieurs échéances électorales clés sont attendues en France, aux Pays-Bas, en Allemagne et probablement en Italie.

    Mario Draghi va probablement répondre "que les derniers développements justifient la décision du mois dernier et calmer", au moins temporairement, les critiques, pointe Marco Valli, chez UniCredit.

  • Que va faire la BCE de la forte inflation qui s'annonce?

    La Banque centrale européenne (BCE) devrait marquer une pause aujourd'hui, un mois après avoir encore renforcé son soutien à la zone euro, mais sera priée de préciser ses intentions futures au moment où l'économie semble gagner en tonus.

    Le conseil des gouverneurs, auquel siègent 6 directeurs et les 19 gouverneurs des banques centrales nationales de la zone euro, publiera ses dernières décisions à 13h45, avant une conférence de presse du président Mario Draghi à partir de 14h30.

    "La BCE va s'en tenir au statu quo (...) mais la conférence de presse sera particulièrement exigeante pour Draghi, les derniers développements suggérant un retour de l'inflation au sein du bloc monétaire"
    Jesus Castillo
    Economiste chez Natixis

    L'Italien devra expliquer de manière aussi pédagogique que possible pourquoi le conseil ne va plus bouger à court terme, souligne un analyste, alors que les critiques contre la politique ultra-accommodante de la BCE se multiplient, en particulier en Allemagne.

    ©REUTERS

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