analyse

La BCE devrait passer au calibre supérieur

Les économistes s'attendent à voir la présidente de la BCE Christine Lagarde annoncer que l'institution monétaire va augmenter ses achats d'actifs. ©REUTERS

Les investisseurs s'attendent à voir la BCE, dont le conseil des gouverneurs se réunit ce jeudi, augmenter la force de frappe de son bazooka monétaire et abaisser drastiquement ses prévisions économiques.

Pas de voyage à Amsterdam pour la Banque centrale européenne. Le conseil des gouverneurs de la BCE, qui tient normalement chaque année une réunion hors de son siège de Francfort, ne se rendra pas à la Banque des Pays-Bas ce jeudi, comme initialement prévu.

Pandémie oblige, les banquiers centraux discuteront de politique monétaire par vidéoconférence.

Voici les principaux points à surveiller dans le communiqué que la BCE doit publier à 13h45 et lors de la conférence de presse virtuelle que Christine Lagarde, la présidente de l'institut monétaire, tiendra à partir de 14h30.

1. Augmenter ou attendre?

En mars, la BCE avait lancé son programme d'achats d'urgence face à la pandémie (Pepp), doté de 750 milliards d'euros. Cette enveloppe devrait être épuisée en octobre, ce qui "pourrait rapidement conduire à une spéculation injustifiée sur les marchés", estime Carsten Brzeski, chef économiste d'ING en Allemagne. Il pense que la BCE voudra éviter cette spéculation en augmentant ses achats dès à présent.

"Les marchés seraient très déçus si l’augmentation de la taille du programme était inférieure à 500 miliards d'euros."
Eric Dor
directeur des études économiques à l'Ieseg School of management (Lille)

Mais selon Market News International, "plusieurs membres" du conseil des gouverneurs s'y opposeraient. Cette augmentation reste toutefois le scénario privilégié.

2. Et pour 500 milliards de plus

Quel montant sera ajouté aux 750 milliards d'euros du Pepp? Selon un sondage réalisé par Bloomberg, les investisseurs tablent, en moyenne, sur une augmentation de 500 milliards d'euros.

8 à 12%
Contraction attendue de l'économie de la zone euro
La BCE doit annoncer des perspectives économiques actualisées. Alors qu'en mars, elle tablait encore sur une croissance de 0,8% en 2020, elle devrait annoncer une récession comprise entre 8 et 12% selon les deux principaux scénarios envisagés.

"Les marchés seraient très déçus si l’augmentation de la taille du programme était inférieure à 500 milliards", estime Éric Dor (Ieseg School of Management).

3. Baisse historique des prévisions en vue

La BCE va publier de nouvelles prévisions économiques. Les précédentes remontent au 12 mars, juste avant le confinement généralisé. On peut s'attendre à la révision à la baisse la plus spectaculaire de l'histoire de la BCE.

"L'épuisement de l'enveloppe de 750 milliards d'euros d'achats en octobre pourrait rapidement conduire à une spéculation injustifiée sur les marchés."
Carsten Brzeski
chef économiste d'ING en Allemagne

En mars, celle-ci tablait encore sur une croissance de 0,8% et une inflation de 1,1%. Cette fois, la BCE risque d'annoncer une contraction de l'économie comprise entre 8 et 12%. Pour l'inflation, c'est la grande inconnue car la chute de la demande pourrait peser sur les prix alors que les disruptions pourraient les soutenir.

4. La décision constitutionnelle allemande

Le mois dernier, le tribunal constitutionnel de Karlsruhe a mis en doute la proportionnalité des achats de la BCE, ce qui a provoqué des spéculations sur la véritable marge de manœuvre de l'institution européenne. Christine Lagarde pourra difficilement éviter des questions à ce sujet.

Rendez-vous dès 13h45 sur lecho.be pour le verdict de la BCE.

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