La BCE devrait se montrer plus soucieuse

Christine Lagarde, la présidente de la BCE, ouvrira-t-elle la porte à des mesures supplémentaires? Les économistes le pensent. ©Bloomberg

La plupart des économistes espèrent que la réunion de la BCE de ce jeudi ouvrira la voie à l'annonce d'une intervention en décembre. Le ton devrait changer.

En un mois et demi, tant de choses ont changé... Si, lors de sa réunion du 10 septembre, la Banque centrale européenne (BCE) s'était montrée plus optimiste qu'auparavant pour l'économie, le ton risque bien d'être très différent ce jeudi, jour où le conseil des gouverneurs, organe décisionnel de l'institution européenne, se réunit pour fixer la politique monétaire de la zone euro.

"Récemment, l'inflation a surpris négativement, soulignant l'impact déflationniste de la pandémie."
Morgan Stanley

La plupart des économistes ne s'attendent pas à voir la BCE annoncer de nouvelles mesures à l'issue de cette réunion-ci, mais ils espèrent que la présidente de l'institut monétaire, Christine Lagarde, laissera entrevoir une augmentation de son programme d'achat d'actifs dès décembre. D'après un sondage réalisé par l'agence Bloomberg, les économistes s'attendent, en moyenne, à voir la BCE augmenter ce programme de 500 milliards d'euros lors de sa réunion du 10 décembre, ce qui le porterait à 1.850 milliards de dollars.

Les arguments en faveur de la préparation d'une telle intervention sont évidents. "Récemment, l'inflation a surpris négativement, soulignant l'impact déflationniste de la pandémie", rappelle Morgan Stanley. "Avec une deuxième vague de Covid pire qu'anticipée qui laisse entrevoir un faible quatrième trimestre, nos économistes s'attendent à plus d'assouplissement de la BCE."

"S'attaquer à l'euro fort"

Carsten Brzeski, chef économiste d'ING en Allemagne, nuance: "Même si le risque d'un deuxième plongeon de l'économie a clairement augmenté, il est, à notre avis, encore trop tôt pour parler d'une contraction significative de l'économie de la zone euro au quatrième trimestre." Mais il ajoute: "En tout cas, deuxième plongeon ou pas, la projection de septembre de la BCE d'une croissance de 3,1% au quatrième trimestre par rapport au trimestre précédent semble beaucoup trop optimiste."

"La projection de septembre de la BCE d'une croissance de 3,1% au quatrième trimestre semble beaucoup trop optimiste."
Carsten Brzeski
Chef économiste d'ING en Allemagne

La vigueur de l'euro devrait aussi convaincre les banquiers centraux européens d'agir. "La BCE a publié un intéressant document de travail suggérant que l'assouplissement quantitatif (les achats d'actifs, NDLR) pourrait être la première ligne de défense s'il fallait s'attaquer à l'euro fort", glisse Carsten Brzeski.

Une baisse de taux n'est pas envisagée par les économistes. Certains voient par contre la BCE utiliser à nouveau ses prêts ciblés à long terme (TLTRO: targeted longer-term refinancing operations) à destination des banques. Enfin, la banque centrale devrait réitérer son vœu de voir les pouvoirs publics continuer à soutenir la reprise de l'économie, un sujet qui semble faire consensus au sein du conseil des gouverneurs en ce moment.

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