La BCE est plus optimiste mais laisse ses mesures inchangées

©REUTERS

L'incertitude liée à l'évolution de la pandémie conduit la Banque centrale européenne à maintenir son soutien à l'économie malgré l'amélioration observée.

La Banque centrale européenne (BCE) a maintenu sa politique monétaire inchangée malgré le constat d'une amélioration de la situation économique. Les taux d'intérêt directeurs de la zone euro restent inchangés et les achats d'actifs continuent au rythme actuel, a décidé l'institut monétaire lors de sa réunion de jeudi. Pourtant, les prévisions économiques pour cette année et l'an prochain ont été revues à la hausse.

"Nous sommes loin de l'objectif d'inflation ultime."
Christine Lagarde
Présidente de la BCE

La BCE table désormais sur une croissance du PIB (produit intérieur brut) de la zone euro de 4,6% cette année, contre 4% selon ses projections précédentes, en mars, et en 2022, la croissance devrait atteindre 4,7% au lieu des 4,1% attendus il y a trois mois. De plus, les risques relatifs à l'évolution future de la croissance sont désormais équilibrés, une première depuis 2018, alors qu'ils pointaient auparavant vers une possible baisse.

Incertitudes

L'inflation devrait, elle aussi, être plus soutenue qu'estimé auparavant: elle serait de 1,9% en 2021, au lieu du taux de 1,5% annoncé au printemps, et de 1,5% en 2022, contre 1,1% selon les anciennes prévisions. Mais "nous sommes loin de l'objectif ultime", a indiqué Christine Lagarde, la présidente de la BCE, lors de sa traditionnelle conférence de presse.

1,4%
Inflation prévue en 2023
L'inflation sous-jacente de la zone euro devrait passer de 1,1% cette année à 1,3% en 2022 et 1,4% en 2023, selon la BCE.

La banque centrale se concentre en effet sur l'inflation sous-jacente, qui fait abstraction des prix de l'énergie et des aliments, potentiellement volatils. Or, celle-ci ne semble pas près de s'approcher du niveau légèrement inférieur à 2% visé par la BCE, laquelle s'attend à la voir augmenter très graduellement, de 1,1% cette année à 1,3% l'an prochain et 1,4% en 2023. "Avec ces prévisions d'inflation, la BCE maintient sa vision selon laquelle l'inflation actuelle est principalement transitoire", analyse Carsten Brzeski, chef économiste d'ING en Allemagne. "Une prévision d'inflation sous-jacente de 1,4% en 2023 fera de tout ralentissement (des achats d'actifs, NDLR) un ralentissement très graduel."

Ce constat justifie le statu quo de la politique monétaire. Une autre explication provient des incertitudes qui pèsent encore sur l'économie européenne. Parmi celles-ci, Christine Lagarde a évoqué l'évolution de la pandémie et la vitesse à laquelle les mesures de confinement seront levées, en particulier dans les pays dépendants du tourisme. Cette attention pour les États du sud de l'Europe semble avoir eu un léger effet sur le marché obligataire, où les taux d'intérêt des obligations de l'Italie ont très légèrement reculé après cette déclaration.

Marchés inchangés

Enfin, si la BCE maintient le cap, c'est aussi parce que ses prévisions à plus long terme ne bougent pas. En 2023, elle s'attend toujours à une croissance économique de 2,1% et à une inflation de 1,4%, comme en mars.

"En septembre, la BCE devra préparer le marché à la fin du programme d’achats d’actifs. Le plus dur est donc à venir."
Nicolas Forest
Responsable de la gestion obligataire chez Candriam

Dans ce contexte, les banquiers centraux européens ont choisi de garder la "main ferme", a déclaré Mme Lagarde, en évoquant un rythme d'achats d'actifs toujours significativement plus élevé que début 2021. La patronne de la BCE a toutefois précisé qu'au troisième trimestre, la mise en œuvre du programme d'achats tiendrait compte des effets saisonniers.

Les investisseurs sont restés de marbre. Peu après la conférence de presse, l'euro était inchangé face au dollar et les indices des marchés d'actions fluctuaient peu.

"Le prochain rendez-vous important pour l’institution monétaire européenne sera en septembre", estime Nicolas Forest, responsable de la gestion obligataire chez Candriam. "La BCE devra à ce moment-là préparer le marché à la fin du programme d’achats d’actifs. Le plus dur est donc à venir. "

Le résumé

  • La BCE n'a pas modifié sa politique monétaire et maintient le rythme de ses achats d'actifs.
  • Les prévisions sont revues à la hausse, tant pour la croissance que pour l'inflation, sauf pour 2023.
  • La BCE maintient que l'accélération de la hausse des prix sera transitoire.
  • Les marchés n'ont quasiment pas réagi aux annonces de la banque centrale.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés