La BCE était divisée sur le big bazooka

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Les principales mesures annoncées par la BCE en septembre dernier - à savoir la reprise des achats d'obligations et la modulation du taux de dépôt - n'ont pas reçu le soutien de l'ensemble des gouverneurs. Des divergences internes plutôt rare dans ce genre d'institution.

Sortir le bazooka monétaire en septembre était-il prématuré? C'est en tout cas l'avis de certains gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), selon le compte rendu de la dernière réunion de l'institution publié ce jeudi. On y apprend que plus d'un tiers des membres du Conseil, dont les représentants de la France et de l'Allemagne, se sont opposés au lancement d'un nouveau programme de rachat d'actifs

"Cela épuiserait l'univers achetable et remettrait en question les limites du programme, considérées comme importantes pour assurer que la frontière entre politique monétaire et politique budgétaire n'est pas gommée, est-il relaté dans le document. Un certain nombre de membres ont estimé que les arguments en faveur d'une reprise des achats nets d'actifs n'étaient pas suffisamment forts, soit parce qu'ils les considéraient comme un instrument moins efficace (...) soit parce qu'ils les considéraient comme un instrument de dernier recours."

L'avis du comité ignoré

Selon le Financial Times, le président de la BCE Mario Draghi aurait, par ailleurs, ignoré les recommandations du comité de politique monétaire, un organe consultatif de la banque centrale. Celui-ci aurait adressé une lettre aux membres du Conseil des gouverneurs quelques jours avant la réunion des 11 et 12 septembre, dans laquelle il leur recommande de ne pas reprendre les achats d'obligations.

Notons enfin que certains gouverneurs se sont également montrés perplexes quant à la modulation du taux de dépôt, qui, pour mémoire, a été adoptée à une "majorité" des membres du Conseil.

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