La BCE joue la carte de la patience en attendant l'été

Christine Lagarde, la présidente de la BCE, juge "prématuré" le débat sur un éventuel ralentissement des rachats d'actifs via son programme d'urgence face à la pandémie (PEPP) . ©REUTERS

La Banque centrale européenne entend maintenir sa politique monétaire très accommodante dans les prochains mois. Elle se dit confiante pour le reste de l'année.

Rendez-vous en juin. Comme le pressentaient bon nombre d'observateurs, la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) de ce jeudi n'a rien apporté de nouveau. Sa présidente Christine Lagarde s'est contentée de réitérer la position de l'institution monétaire pendant sa conférence de presse et de botter en touche les sujets trop sensibles.

"Les perspectives économiques à court terme restent assombries par l'incertitude quant à la résurgence de la pandémie."

"Alors que la reprise de la demande mondiale et l'importante relance budgétaire soutiennent l'activité mondiale et dans la zone euro, les perspectives économiques à court terme restent assombries par l'incertitude quant à la résurgence de la pandémie et au déploiement des campagnes de vaccination", a-t-elle expliqué en préambule de son intervention. Et d'indiquer que l'activité économique s'est probablement contractée une nouvelle fois au cours du premier trimestre 2021.

Selon elle, le maintien de conditions de financement favorables reste donc "essentiel pour réduire l'incertitude et renforcer la confiance, soutenant ainsi l'activité économique et préservant la stabilité des prix à moyen terme". C'est pourquoi le conseil des gouverneurs a confirmé - une fois encore - sa politique monétaire très accommodante.

Un message qui a laissé de marbre les marchés financiers. L'euro flirte avec son point d'équilibre, autour de 1,20 dollar. Même tendance sur le marché obligataire, où le taux allemand à 10 ans évolue à -0,27%. L'Euro Stoxx 50 - qui regroupe les plus importantes sociétés cotées en zone euro - a de son côté rebondi de près de 1% au lendemain d'une vague de prises de bénéfices.

Pas d'agenda de resserrement

La banque centrale va continuer à utiliser son outil de prédilection, le programme d'achats d'urgence face à la pandémie (PEPP), au moins jusqu'en mars 2022 et "dans tous les cas jusqu'à ce qu'elle juge que la crise du coronavirus est terminée". Comme décidé en mars, le rythme des rachats d'actifs sera "plus élevé" durant le deuxième trimestre que pendant les trois premiers mois de l'année.

"Attendez-vous à ce que la réunion de juin soit très excitante."
Carsten Brzeski
économiste chez ING

Christine Lagarde a d'ailleurs balayé les questions au sujet d'un potentiel ralentissement à partir de cet été, estimant qu'un tel débat était prématuré. "Nous n'en avons pas discuté (pendant le conseil des gouverneurs). Cela dépendra de l'évolution des données économiques, et non d'un quelconque agenda."

Un rebond économique en vue?

La BCE se veut toutefois rassurante: "Il y a des signes d'amélioration", a souligné sa présidente. "À moyen terme, la reprise de l'économie de la zone euro devrait être tirée par une reprise de la demande intérieure et mondiale, soutenue par des conditions de financement favorables et des mesures de relance budgétaire."

Reste à savoir si cela va être confirmé dans les nouvelles projections que présentera l'institution monétaire à l'issue de sa réunion de juin. "Attendez-vous à ce que la réunion de juin soit très excitante", prévient Carsten Brzeski, économiste chez ING. D'après lui, si la campagne de vaccination se déroule comme prévu, la BCE pourrait alors revoir à la hausse ses prévisions de croissance et tabler sur une reprise économique au second semestre.

"Combinée à une nouvelle accélération de l'inflation (...), il y aura suffisamment d'ingrédients lors de la réunion de juin pour qu'il y ait une discussion sérieuse" sur un futur resserrement ("tapering") de la politique monétaire de la BCE.

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