La BCE joue la carte de la stabilité dans un contexte encore fragile

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a plusieurs fois relu le communiqué officiel de la banque centrale lors de sa conférence de presse, n'hésitant pas à se répéter. ©Bloomberg

La Banque centrale européenne a choisi le statu quo, pointant une nouvelle fois la crise sanitaire comme principal risque. Elle pourrait agir ainsi jusqu'au moins cet été.

Après l’action, place à l’analyse des conséquences. La Banque centrale européenne (BCE) a décidé ce jeudi de ne pas toucher à sa politique monétaire très accommodante, un mois après avoir annoncé un gonflement jusqu’à 1.850 milliards d’euros de l’enveloppe totale de son programme d’achats d’urgence face à la pandémie ("pandemic emergency purchase programme", ou PEPP).

"La communication [de la BCE] est presque une copie" de ce qu'elle a annoncé en décembre.
Carsten Brzeski
Global Head of Macro chez ING Research

Ses principaux taux d'intérêt demeurent ainsi inchangés, à respectivement 0%, 0,25% et -0,5%. La BCE rappelle qu'ils resteront à de tels niveaux, voire plus bas, jusqu'à ce que les perspectives d'inflation aient convergé "durablement" vers son objectif de prix, à savoir "proche de, mais inférieur à 2".

Ses deux principaux programmes de soutien à l'économie européenne - le PEPP et l'APP (programme d'achats d'actifs ou "asset purchase programme" en anglais) – devraient par ailleurs se poursuivre au rythme actuel et ce, "jusqu'à ce que la BCE juge que la crise du coronavirus est terminée", explique la banque centrale dans son communiqué.

"La communication [de la BCE] est presque une copie" de ce qu'elle a annoncé en décembre, note Carsten Brzeski, Global Head of Macro chez ING Research. "Pour les vrais aficionados, la BCE a ajouté un nouveau paragraphe. Il met l'accent sur la flexibilité du PEPP en précisant que ce n'est pas le montant total du programme qui doit être utilisé. Mais en même temps, le montant pourrait être augmenté le cas échéant". L'économiste reconnaît que ce n'est pas un fait nouveau mais l'intégrer ainsi dans le communiqué "lui donne un peu plus d'importance".

Des nuages moins sombres à l'horizon

Comme à son habitude, la Banque centrale européenne a affirmé se tenir "prête à ajuster l'ensemble de ses instruments" si besoin. Elle s'attend à ce que le resserrement des mesures de confinement – qui ont déjà provoqué une baisse de l'activité au quatrième trimestre 2020 – pèse également sur l'économie européenne durant les premiers mois de 2021.

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Christine Lagarde a confirmé une nouvelle fois que la BCE surveillait "très attentivement" l'évolution du taux de change. Cela n'a pas empêché la monnaie unique d'amplifier légèrement ses gains face au billet vert.

Sa présidente, Christine Lagarde, a toutefois déclaré au début de sa conférence de presse que les risques entourant les perspectives de la zone euro restent orientés à la baisse, mais de manière moins prononcée. "Les nouvelles concernant les perspectives pour l'économie mondiale, l'accord sur les futures relations UE-Royaume-Uni et le début des campagnes de vaccination sont encourageantes. Mais la pandémie est toujours en cours et ses implications pour les conditions économiques et financières continuent d'être des sources de risque baissier."

Ces déclarations ont provoqué un léger soubresaut sur le marché obligataire. Le taux allemand à dix ans, considéré comme la référence en zone euro, est ainsi passé de -0,53% à -0,49%.

Le taux de change euro-dollar – qui reste "très surveillé" par la BCE – a également réagi: la monnaie unique a amplifié ses gains pour atteindre 1,215 dollar (+0,31%). Ce qui a provoqué un léger retour en arrière sur le marché actions. L'indice Euro Stoxx 50 a clôturé sur une hausse de 0,03%.

Un statu quo jusqu'à l'été?

La BCE "a gardé toutes ses options ouvertes. Aussi ennuyeux que cela puisse paraître, c'était probablement la meilleure chose à faire."
Carsten Brzeski
Global Head of Macro chez ING Research

Au final, que doit-on retenir de cette réunion de la Banque centrale? "Pas grand chose", répond Carsten Brzeski. La BCE "a gardé toutes ses options ouvertes. Aussi ennuyeux que cela puisse paraître, c'était probablement la meilleure chose à faire."

L'économiste estime qu'en l'absence d'un accident de parcours, l'institution monétaire devrait maintenir son statu quo "au moins jusqu'à la fin de l'été". "Ce n'est pas vraiment excitant, mais tant que tout le monde est confiné, il y a des choses pires à faire que de regarder une conférence de presse de la BCE..."

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